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L'hôpital qui se fout de la charité
28 novembre - «La Journée mondiale sans achats»
Publié dans Le Temps le 28 - 11 - 2010

• Rationaliser la consommation oui…Ne pas acheter, c'est casser l'appareil productif, provoquer la déflation et ruiner la croissance - • Selon l'agence SIGMA, le taux de consommation des biens courants est passé de 15 % à près de 20 % en 2008 - • Tendance à la surconsommation qu'expliquent l'amélioration du niveau de vie des Tunisiens, recul du taux de chômage, augmentation des salaires et crédits bancaires - Nombreux sont les Tunisiens qui ignorent que chaque année, le 28 novembre, on célèbre dans plusieurs pays du monde la « journée mondiale sans achats ». Cette initiative, lancée depuis plusieurs années par Media Fondation à Vancouver,
a été d'abord destinée aux consommateurs dans les pays occidentaux, connus pour être de grandes sociétés de (sur) consommation ; mais il n'en demeure pas moins évident qu'une telle journée pourrait être observée dans les pays en voie de développement, tel le nôtre, où souvent une bonne part du budget des ménages est dépensée abusivement dans la consommation des biens d'alimentation, d'habillement, de transport, de téléphonie mobile…). Mais il semble que cette « journée sans achats » passe inaperçue et n'ait pas encore de chance d'être massivement suivie par nos ménagères en particulier et par les consommateurs en général. D'ailleurs, il en est de même pour « la journée mondiale sans tabac » ou « la journée mondiale sans portable » ou d'autres journées décrétées par l'ONU ou par ses différentes agences (UNESCO, UNICEF…). Pourtant, cette journée sans achats est le meilleur moyen de s'interroger sur ses actes de consommation et peut-être l'occasion de décider de changer son comportement d'achats.
Les raisons d'une consommation effrénée
Chez nous, la consommation a toujours montré une tendance à la hausse confirmée d'ailleurs par les statistiques fournies officiellement ou par des bureaux d'études spécialisés. Ainsi, selon SIGMA, le taux de consommation des biens courants est passé de 15 % en 2005 à près de 20 % en 2008. Il va sans dire que le Tunisien ne lésine pas sur les dépenses quotidiennes ou occasionnelles, parfois en dépassant ses moyens et ses revenus, au point de s'endetter auprès des siens ou auprès des banques. Le taux d'endettement des Tunisiens n'est pas à démontrer ! Cette tendance à la consommation s'explique par l'amélioration du niveau de vie des Tunisiens qui aspirent toujours à une vie plus décente et plus aisée et surtout par une nette réduction du taux de pauvreté (3,8 % en 2005 contre 4,2 en 2000) parmi la population. Ils sont encouragés en cela par une conjoncture économique stable et plus ou moins favorable malgré la crise survenue récemment dans le monde. Mais, il existe d'autres facteurs qui ont incité les Tunisiens à la consommation : l'augmentation des salaires aussi bien dans le secteur public que privé suite aux accords conclus entre le gouvernement et les partenaires sociaux, ce qui a, par conséquent, amélioré les revenus (actuellement 5.400 dinars par an et par habitant), l'octroi de crédits bancaires auxquels a droit tout citoyen ayant un salaire fixe et la possession d'une carte de crédit ou de retrait sont autant de stimulants à la consommation. L'organisation à longueur d'année des foires et des salons spécialisés où l'on peut bénéficier des différentes promotions et facilités de payements accordées par les commerçants. Ajoutons à cela, le grand nombre des grandes surfaces et des hypermarchés qui se sont installés partout dans le pays et qui proposent aux clients des produits très variés à des prix souvent alléchants.
Et les soldes?
L'organisation périodique des soldes dans les différents commerces est aussi l'occasion de dépenses chez le Tunisien qui attend ces occasions pour s'offrir des produits à prix réduits. Sans oublier le rôle de la publicité qui ne cesse d'exposer les nouveautés surtout dans les biens d'alimentation, d'habillement et de téléphonie mobile, ce qui incite davantage les gens à consommer plus. Mêmes nos fêtes familiales et religieuses sont des occasions de consommation onéreuse ! Tous ces facteurs et d'autres encore ont changé les habitudes et les modes de consommation chez le Tunisien, ayant créé chez lui de nouveaux besoins, de nouveaux caprices susceptibles de nuire souvent à son budget.
Rationaliser la consommation
Ainsi, le Tunisien, devenu par la force des choses, un grand consommateur, dépense parfois sans compter dans des biens de consommation essentiels comme dans d'autres moins urgents et parfois superflus. Cette tendance à consommer sans mesure est confirmée par les statistiques. Pour ne citer que celles fournies en 2005 par l'INS sur les dépenses des ménages (faute de mieux, car un nouveau recensement sur le budget et la consommation des ménages en 2010 est en cours de réalisation par l'INS et ne donnera ses résultats qu'en 2011), les dépenses annuelles moyennes par ménage sont passées de 6.450 dinars en 2000 à 8.211 dinars en 2005. Une évolution spectaculaire est donc à remarquer dans le comportement du Tunisien avec son budget et dans sa consommation souvent incontrôlable et irrationnelle. D'autres chiffres significatifs relevés en 2005 montrent que la moyenne des dépenses individuelles annuelles du Tunisien est passée de 1.329 dinars en 2002 à 1.820 dinars en 2005. Tout cela nous mène à dire que nous vivons, malgré nous, dans une société de consommation par excellence comparable à celles des sociétés occidentales et que, par conséquent, nous avons besoin, en ce jour de 28 novembre, d'observer une journée sans achats, ne serait-ce que pour nous sentir capables de maîtriser nos caprices et de tenir les cordons de la bourse pour au moins une journée ! De même, c'est l'occasion pour les structures et les associations concernées par le budget des consommateurs, notamment l'ODC (Organisation de Défense du Consommateur) et l'INC (Institut National de la Consommation) de profiter de cette « journée mondiale sans achats » pour mener une campagne visant à mieux orienter le consommateur et à agir sur son comportement d'achat pour son intérêt et l'intérêt de l'économie du pays.
En conclusion, tout cela est bien beau. Mais le slogan mondial « Journée Mondiale sans achats » est pour le moins suranné. Il est dépassé même. Car aujourd'hui, la consommation –même frénétique- fait fonctionner l'appareil productif, provoque les proportions « vitales » de l'inflation- c'est-à-dire qu'elle éloigne le risque de déflation- et stimule de ce fait la croissance. Rationaliser la consommation, oui. Ne pas acheter c'est aussi nuisible que si l'on conseillait à nos concitoyens de célébrer « une Journée Mondiale pour le Tabac ».


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