La Côte d'Ivoire élimine le Burkina Faso de la CAN... le programme complet des quarts de finale    Conseil ministériel consacré au projet de plan de développement 2026-2030    CAN 2025 : 12 buts, le Nigéria égale son record de l'édition 2000    Moez Hassen signe au Red Star pour la Ligue 2    Transavia : Vol Paris-Sfax détourné à Lyon pour fumée    Vignette automobile : découvrez les tarifs 2026 selon votre puissance fiscale    Algérie – RDC : diffusion et chaînes pour suivre le match en direct    La CTN reprogramme ses traversées en raison des conditions météorologiques    Commémoration ce vendredi au CNOM du 40ème jour du décès de Dr Mounira Masmoudi Nabli    De 'Sahar El Layali' à l'Académie d'Art de Carthage : Tamer Habib transmet l'art du scénario à la nouvelle génération tunisienne    Tunisie : une dépression venue d'Algérie va-t-elle plonger le pays dans le froid et la pluie ?    LEGO Smart Play : La brique intelligente ou Smart Brick qui révolutionne le jeu au CES 2026    Algérie : nouvelles taxes à la frontière, ce que doivent savoir les voyageurs tunisiens    Mathilde Panot (LFI) : « La France doit impérativement refuser d'être le vassal des Etats-Unis »    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    Météo en Tunisie : Pluies éparses sur les régions du nord    L'ATCT organise des ateliers de formation pour les personnes voulant trouver un emploi à l'étranger    Logement étudiant à tunis : focus sur les projets du quartier universitaire ras tabia    Investir en Tunisie: une nouvelle donne    Kaïs Saïed réaffirme le rôle clé des médias publics et la liberté de la presse en Tunisie    Le ministère de l'Environnement accélère la numérisation des services de délivrance des autorisations    Béja : secousse tellurique de 4,3 ressentie    L'Université de Sousse et le Centre Universitaire de Maghnia (Algérie) scellent un partenariat stratégique    Film Belles de Nuit de Khedija Lemkecher : le chant des sirènes qui relate le mirage de la migration    SOS Villages d'Enfants Tunisie : plus de 8700 personnes ont bénéficié des services de l'association en 2025    Combien coûte le jogging de Maduro ? Le prix qui surprend    L'Ecole de Tunis (1949): modernité picturale, pluralisme culturel et décolonisation du regard    Examen civique en Europe : ce que les Tunisiens doivent savoir sur les nouvelles règles    La Fédération tunisienne de football se sépare à l'amiable de l'ensemble du staff technique de la sélection nationale de football    Fêtes et congés à ne pas manquer cette année en Tunisie    Météo en Tunisie : temps généralement nuageux, pluies attendues la nuit    CAN 2025 : Egypte-Bénin, horaire et diffusion TV du huitième de finale ce lundi    Chaos dans le ciel grec : tous les vols suspendus    Tunisie–Mali (1-1, tab. 2-3): Une élimination frustrante    Match Tunisie vs Mali : où regarder le match des huitièmes de finale de la CAN Maroc 2025 le 03 janvier?    Prix littéraires: une moisson à améliorer (Album photos)    FILT 2026 : candidatures ouvertes aux Prix de la Créativité littéraire et aux Prix de l'Edition jusqu'à fin janvier    ''Bourguiba, l'orphelin de Fattouma'', ce dimanche matin à Al Kitab Mutuelleville    Zahran Mamdani prête serment sur le Coran et entre dans l'histoire de New York    Conseil de sécurité: Vives contestations de la reconnaissance du Somaliland par Israël    Signature de cinq accords tuniso-saoudiens à Riyad    Fusillade de Bondi : 1,1 million de dollars récoltés pour le héros blessé !    Forum de l'Alliance des civilisations : Nafti plaide pour un ordre mondial plus juste et équilibré    Accès gratuit aux musées et sites archéologiques ce dimanche 7 décembre    Ouverture de la 26e édition des Journées théâtrales de Carthage    Daily brief régional: Messages pour Gaza: Des bouteilles parties d'Algérie finissent sur le sable de Béja    Le Dollar clôture le mois de mai sous les 3 Dinars sur le marché interbancaire    CHAN 2024 : avec 3 tunisiens, la liste des arbitres retenus dévoilée    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



« La Révolution c'est le mérite exclusif des jeunes cyberdissidents » !
En marge de la Journée Mondiale de la liberté de la presse - Larbi Chouikha, enseignant à l'IPSI et membre de l'Instance nationale pour le secteur de l'information et de la communic
Publié dans Le Temps le 04 - 05 - 2011

A l'occasion de la célébration, hier, de la Journée mondiale de la presse, nous avons invité M. Larbi Chouikha, professeur à l'Institut de presse et des sciences de l'information et membre de l'Instance nationale pour le secteur de l'information et de la communication. Il nous parle de cette première célébration après la Révolution, du rôle des jeunes et des nouvelles technologies dans la chute du régime de Ben Ali. Interview.
* Le Temps : C'est la première célébration de cette Journée après la Révolution. Qu'elles sont vos impressions ?
M.Larbi Chouikha : C'est avec émotion que je participe ici à cette célébration. Avant on fêtait cet événement avec les militants de la Ligue tunisienne de Défense des droits de l'Homme et les militants de l'Association Tunisienne des Femmes démocrates et avec quelques personnalités indépendantes dans la discrétion et sous haute surveillance policière si on n'est pas carrément interdits de se réunir. J'espère que ce souffle de la liberté s'élargira.
* Cette Révolution spontanée a surpris même les observateurs les plus avertis et elle a précipité en 28 jours la chute du régime de Ben Ali. Comment vous l'expliquez ?
- Il ressort qu'en Tunisie, depuis trois ans, le développement du réseau social numérique Facebook est l'un des faits les plus notables de l'évolution de l'usage d'internet dans notre pays. Cette nouvelle « arène médiatique » a contribué à la mobilisation de l'action. Donc, avec le développement des réseaux sociaux et l'accroissement des internautes, le web est devenu un espace autonome d'expression et de socialisation politique d'une partie de la jeunesse tunisienne. Les technologies de communication comme Internet et le portable, ont contribué à précipiter la chute du régime de Ben Ali. Mais les prémices de cette « Révolution numérique » ne remontent pas au 17 décembre 2010 mais aux années 2000 avec l'apparition des premiers sites cyberdissidents.
* Les principaux acteurs de cette Révolution sont donc les jeunes ?
- Oui, le grand mérite revient à ces jeunes qui ont su utiliser les technologies de la communication abondamment en déployant des méthodes d'action et un discours radicalement opposés à ceux de leurs aînés. Chercheurs et acteurs politiques ont longtemps sous-estimé les nouvelles formes de politisation qui gagnaient la jeunesse tunisienne et notamment les diplômés de l'université. Le constat qui s'est imposé ces dernières années en Tunisie se fonde sur le fait que dans une situation de verrouillage persistant des espaces d'expression et de paralysie de la vie politique, l'usage d'internet devient plus intense et se généralise à toutes les couches sociales. Il supplante même les médias traditionnels et se mue en instrument de contestation contre le régime.
* Les réseaux sociaux et les sites de cyberdissidents tunisiens ont donc ouvert la voie à un nouveau processus collectif d'énonciation des enjeux du mouvement protestataire ?
- Oui, par le truchement du réseau social le plus prisé, Facebook et le recours aux TICS ces jeunes développement des formes d'actions et de mobilisation qui seront relayées dans la vie quotidienne et réelle par les manifestations de rue, des mouvements de grève, des attroupements devant les bâtiments publics, le scandement des slogans etc… tout passait par eux. Du virtuel on passe au réel. Et ces nouvelles formes de contestation abondamment utilisées par les jeunes, auguraient l'amorce d'une révolution générationnelle qui s'esquissait déjà à travers les formes d'actions et les discours qu'ils déployaient. Ceux-ci s'opposaient nettement à ceux de leurs aînés par la radicalisation des termes, la dénonciation systématique du régime et surtout, par l'appel à la rupture totale et irréversible avec lui : Ben Ali, dégage.
* Quel rôle jouent ces réseaux sociaux, aujourd'hui ?
-Aujourd'hui, en cette période de transition ils investissement l'espace public et s'érigent en véritable acteur de la vie publique. Animateurs et utilisateurs s'en servent abondamment pour critiquer, dénoncer, révéler, tourner en dérision des mesures gouvernementale et persifler des personnages en vue.
* Faut-il avoir peur de ces réseaux ?
-Tout d'abord, un réseau social numérique se définit par trois caractéristiques. 1/ C'est un processus de subjectivation qui réagit comme interaction entre des individualités. 2/ C'est une puissance d'accélération et d'intensification très forte pour des événements qui émergent en situation de crise aiguë qui affecte la société ou un groupe d'individus. 3/ Sa singularité est qu'il est contre toute forme de monopole.
Il convient donc de signaler, d'une part, qu'il ne s'agit que d'une technologie et comme toute technologie, elle ne peut, à elle seule, provoquer des changements sociaux notoires, mais dispose cependant de sources suffisantes pour les accompagner, les cristalliser quand les relais traditionnels de mobilisation font défaut.
D'autre part, toute tentation à vouloir les régenter est, non seulement, inadmissible, mais produira de surcroît des effets inverses à l'image de ce que nous avons pu observer ces derniers temps dans plusieurs pays arabes. Le succès des réseaux sociaux numériques est une réaction à l'indigence des médias traditionnels et au rétrécissement des espaces d'expression.
Interview réalisée par Néjib SASSI


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.