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Fascinante exploration
Redécouvertes - Tourisme culturel
Publié dans Le Temps le 24 - 06 - 2007

Au moment où le tourisme culturel est de plus en plus à la mode, bien que chacun en ait une conception personnelle, nous avons rencontré et suivi un groupe de personnes qui ont mis en œuvre, pour des adultes et des enfants, une certaine façon de découvrir la Tunisie.
Certaines dames du groupe, un peu plus libres que les autres, étaient allées reconnaître l'itinéraire choisi et s'étaient renseignées à propos de l'histoire de la Tunisie et des lieux à visiter. Elles ont ensuite rédigé un document pour chaque équipage de voiture concernant chacune des étapes du « rallye ». Le questionnaire devrait être remis à l'arrivée de chaque étape à un « jury » qui le « notait ».
Trois documents, plus généraux, portant sur l'eau, le malouf et la vigne en Tunisie, devraient être complétés et remis au « jury » à la fin du « Rallye ». Une remise de prix était prévue.

Première étape : Tunis - Medjez El Bab. Dès le début de la promenade, conducteur et passagers de chaque véhicule : chaque équipage, est sollicité : « La plaine à la sortie de Tunis que vous traversez pour aller vers Medjez El Bab a été le lieu d'une victoire sans appel des Byzantins. Quel peuple fut écrasé ? Quel Général commandait l'armée byzantine ? En quelle année ? ».
Chemin faisant, d'autres questions sont formulées : « Medjez El Bab possède un monument très intéressant : Lequel ? Sur quel rivière ? En quel siècle a-t-il été construit ?
« Medjez El Bab est au carrefour de deux directions. Délaissez pour aujourd'hui toute envie de pêche, de corail et de langouste. Prenez la direction du Rocher. Quelle est cette ville méconnue des touristes ? Elle a été la Capitale de la Numidie. Ont prétend aussi qu'elle a accueilli des révoltés contre Carthage. Qui se révolta ? Pour quelle raison ? Quel roman est inspiré de cette révolte ? Quelle divinité célébrait-on dans cette ville à l'époque romaine ? ».
Toutes les réponses à ces questions se trouvent dans n'importe quel guide de la Tunisie. Il suffit d'en lire un. Et pendant que le papa conduit, la mère et les enfants, au lieu d'avoir les yeux fixés sur un jeu électronique et les oreilles obstruées par les écouteurs d'un « walkman », se renseignent et « apprennent » la Tunisie. De ce fait, ils oublient de demander tous les vingt kilomètres à boire, à manger ou l'heure d'arrivée. Sans compter qu'ainsi ils savent, en consultant une carte, où ils vont et quelles agglomérations ils traversent. Quand on croise sur les routes de pleins cars de touristes qui somnolent, tous rideaux tirés, dans la fraîcheur d'un habitacle doté d'air conditionné et d'un bon lecteur de disques, on est en droit de se demander ce qu'ils ont vu et appris de la Tunisie. On peut aussi s'interroger sur la valeur du message, dit « culturel », qui leur est fourni par le tour-opérateur.
Le lieu de rendez-vous des voitures étant le cimetière militaire, à la sortie de Medjez El Bab, le « questionnaire » comportait toute une série de questions sur la Campagne de Tunisie de 1942-43, sur le régime politique de la Tunisie à cette époque-là et sur le Chef de l'Etat tunisien. Pour finir, les enfants étaient invités à indiquer la nationalité des soldats inhumés là et l'épitaphe du lieu : « Their name liveth for evermore ». A constater le nombre de personnes qui passent devant ce cimetière sans savoir que ces « gamins » d'une vingtaine d'années sont venus de la lointaine Angleterre mourir pour notre liberté, on doute que leur nom puisse vivre à jamais !
La deuxième étape conduisait les équipages devant une E.S.I.E.R. et devant une S.M.V.D.A. Les enfants devaient découvrir ce que signifiaient ces sigles et les spécialités enseignées dans cette Ecole Supérieure d'Ingénieurs de l'Equipement Rural. De quelle façon ? Tout simplement, en faisant arrêter le véhicule et en demandant poliment. Il leur a toujours été répondu aimablement.
Ils ont ensuite traversé le bourg de Sloughia, l'Oued Melah à l'entrée puis l'Oued Medjerda. Et ils sont arrivés dans une ville « à l'architecture et la culture particulières, liées à ses origines ». « Qui a fondé Testour ? En quel siècle ? Quel évènement est à l'origine de l'exode de cette population ? Pour quel évènement culturel, cette ville est-elle renommée ? ».
Au bord de la Medjerda, petits et grands ont découvert un artisan et son épouse qui fabriquent selon des techniques traditionnelles des matériaux typiques et ont appris que son four creusé dans la berge de la Medjerda pouvait cuire en 36 heures de chauffe environ à 1000° C près de 2000 briques « andalouses » ou des tuiles « rondes » commandées, en particulier, par la ville de Zaghouan qui a été « vivifiée » elle aussi, à la même époque que Testour, par des Andalous. Ils ont aussi appris qui était Habiba M'sika et qui était Taieb M'hiri dont le nom apparaissait sur les plaques de la rue. Puis ils ont visité la Zaouïa - au fait, qu'est-ce qu'une zaouïa ? - de sidi Naceur El Garouachi.
Puis ils ont pique-niqué à Aïn Tounga / Thignicca antique. Ils se sont évidemment intéressés à la belle citadelle byzantine mais aussi au visage de femme sculptée dans le bloc de clé de voûte de la porte de la grande tour d'angle. Serait-ce celui de la jeune Tounga, noyée dans la source, comme le dit la légende ? Mais ils ont appris que la cité avait fait partie de la Numidie du roi massyle Massinissa et que ses successeurs : Jugurtha puis Juba avaient été battus par les Romains commandés par César. Ils ont su que les Byzantins après avoir vaincu les Vandales avaient dû se protéger des Berbères révoltés et avaient été chassés d'Afrique du nord par les Arabes.
Ils ont pris peine d'aller voir dans un vallon, situé à plus d'un kilomètre du site, le magnifique nymphée récemment dégagé par M. Ben Hassen, historien et archéologue tunisien qui s'occupe depuis longtemps avec beaucoup de compétence du site de Thignica, en particulier. Ils ont mesuré la longueur de la scène du théâtre, constaté que la palestre des thermes avait été transformée tardivement, en huilerie et que les petites cavités parallélépipédiques creusées dans les blocs de pierre avaient contenu de petites barres métalliques, aujourd'hui disparues, qui avaient servi à solidariser les blocs.
On constate qu'en une matinée, ces voyageurs ont parcouru moins de 100 kilomètres, qu'ils se sont arrêtés à trois reprises et qu'ils ont été sollicités tout le long du trajet. Nous sommes persuadés, qu'ayant été « actifs », ils se souviendront en grande partie de ce qu'ils ont vu, touché, mesuré et découvert après l'avoir cherché. Nous nous demandons ce que des touristes, passifs, ne marquant que des « pauses café », ont appris - et retiendront - de la Tunisie après l'avoir parcourue en « Pullman » de Hammamet ou Tunis à Dougga.
Nos voyageurs sont allés aussi à Dougga mais en faisant un détour par Thibar, pour entendre parler de la vigne, des brebis à la toison noire et des Pères Blancs. Au milieu de la place du village, un monument commémore le « 7 novembre ». « Qu'est-ce que le 7 novembre ? ». « Et qu'est-ce que l'O.T.D ? Quels sont les principaux exportateurs d'huile ? Quel rang occupe la Tunisie ? Où les cigognes passant-elles l'hiver ? Quelle est leur espérance de vie ? Pourquoi sont-elles protégées ? Combien de temps les petits cigogneaux restent-ils au nid avant d'effectuer leur premier vol ? Qui prépare le nid au retour de la migration : le mâle ou la femelle ? Et cette plante appelée agave, combien de fois fleurit-elle durant son existence ? Le figuier de Barabrie est-il originaire d'Afrique du Nord ? Qu'est-ce qu'une « merdja » ?
Ils sont aussi montés sur le Jebel Goraa « comment appelle-t-on ces sépultures mégalithiques qu'on trouve sur ce « plateau » ? Quel peuple les a construites ? Comment s'appellent ces tombeaux rupestres creusés dans la falaise ? Que signifie « Hanout » en arabe ? Comment appelle-t-on un tombeau formé d'un monticule de terre et de pierres ?
Ils sont, enfin, direz-vous, arrivés à Dougga. Et le document demande : « Quel était le nom antique de la ville ? ». Problèmes : les vestiges de rempart et de nécropole mégalithique prouvent qu'elle a été berbère avant d'être colonie romaine. Le mausolée a-t-il été fait par ou pour Ateban ? « Quelles divinités étaient vénérées au Capitole ? Sur la « Rose des vents », comment s'appelle le vent du nord ? Ce mot est-il resté dans le français actuel ? Dans quel mot ? Sous le règne de quel empereur romain, Thugga a-t-elle été une cité prospère ? ».
La soirée arrivée, chaque équipage a dû remplir trois autres questionnaires « généraux ». L'une concernait l'eau en Tunisie, plus précisément la Medjerda, sa longueur, le lieu de sa source, le barrage de Sidi Salem dont des pancartes avaient révélé l'existence durant le trajet.
L'autre interrogeait les participants du « Rallye » sur la vigne et le vin découvert à Thibar. Il leur demandait qui avait introduit sa culture en Tunisie et vers quelle époque, le nom d'un très célèbre agronome carthaginois, les trois principales productions agricoles tunisiennes, le rang de la production viticole, la quantité de vin exportée annuellement et le nom de quelques A.O.C réputées en Tunisie. Qu'est-ce qu'une A.O.C ?
Le troisième document était consacré au Malouf, musique traditionnelle, héritière d'influences arabes et andalouses. Il fallait citer, le nom en arabe, et en français, d'au moins quatre instruments de musique traditionnelle, celui d'un baron célèbre pour avoir initié la collecte et la retranscription de la musique orientale, celui d'une association créée en 1930 qui est le conservatoire de la musique traditionnelle. La « Rachidia » nommée ainsi en l'honneur de Rachid Bey, mélomane averti, a donné bien du souci aux adultes.
Au moins autant que le nom de la personne qui assure actuellement la direction de la Rachidia et celui d'un célèbre musicien tunisien, présent au dernier Festival de Carthage et qui allie dans ses solos de luth (Oud) la musique traditionnelle tunisienne et des apports variés, indiens et africains.
Puis les résultats ont été proclamés et les lauréats félicités et récompensés dans une chaude ambiance amicale.
Conclusion : Nous avons raconté cette « aventure » avec beaucoup de détails d'abord pour prouver qu'il n'est pas nécessaire d'être docteur d'Etat pour trouver des questions simples mais intéressantes à poser à des étrangers visitant la Tunisie pour éveiller leur curiosité au lieu de les « saouler » de morceaux de musique qu'ils entendent chez eux. Il nous semble tout à fait possible de créer, dans une ambiance ludique, tout le long du trajet de « l'excursion », un « jeu-concours ». Il opposerait des groupes de 4 à 5 personnes à qui l'animateur fournirait, au départ, des « questionnaires » et une information simple à lire au fur et à mesure du voyage.
A l'arrivée, après une bonne douche, en attendant l'heure du dîner, l'animateur pourrait proclamer les résultats du « jeu-concours », récompenser les gagnants en leur offrant ... un « souvenir », un porte-clef, « un petit rien » tunisien et plaisant.
Il pourrait aussi, au lieu de les « abandonner » devant un écran de télévision, répondre à leurs questions, préciser des informations fournies, très vite et en quantité importante, durant le « voyage ». Il pourrait aussi fournir lui-même, s'il en est capable, ou faire apporter par un intervenant compétent, résidant à l'étape, une information sur ... le soufisme, les confréries musulmanes, la musique arabe traditionnelle, etc ..., les sujets ne manquent pas. Etant bien entendu que personne ne serait obligé de participer et qu'on pourrait dormir au lieu de jouer.
Il nous semble que découvertes, dans le cadre d'un « jeu-concours », par les participants - au lieu d'être fournies « pré-digérées » ! - l'histoire, la géographie, l'économie, la culture du pays seraient mieux reçues, assimilées agréablement et retenues précisément.


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