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Gouvernement, BCT : Qui croire ?
Dossier : La guerre des indicateurs économiques
Publié dans Le Temps le 01 - 05 - 2012

Que se passe-t-il entre le gouvernement et la Banque Centrale de Tunisie (BCT) ?
Depuis la publication d'un communiqué qui revendique son indépendance, la BCT semble être en désaccord avec le gouvernement. Dans ce communiqué, le Conseil d'Administration de la BCT interpelle, dans une première du genre depuis des années, qu'il n'est pas au gouvernement de conduire la politique monétaire du pays, comme déjà prévu dans le programme économique du gouvernement de Jebali.
Dans ce communiqué on peut lire ainsi « une mesure portant sur l'adoption d'une politique monétaire expansionniste et de taux d'intérêt bas dans le programme du gouvernement est en contradiction avec la loi qui confère à la Banque Centrale la mission de la conduite de la politique monétaire en rapport avec l'évolution de la situation économique et financière, objet d'un suivi continu et rigoureux et ce, dans le cadre de l'indépendance de la Banque Centrale consacrée par la loi portant organisation provisoire des pouvoirs publics ». On monte aussi au créneau en affirmant aussi qu' « il était important, que le marché sache que les dispositions de l'article 26 de la loi sur la répartition des pouvoirs, restent toujours valables et qu'il n'est pas du ressort du gouvernement de déterminer de façon autonome la conduite de la politique monétaire. L'inscription donc de cette mesure au sein du programme du gouvernement était incompatible avec les lois et les institutions ». Telle déclaration a été mal saisie par le gouvernement, bien qu'on affirme que l'indépendance de la BCT est indiscutable. Mais, de l'autre coté on ne cesse de provoquer de la polémique autour de cette question assez sensible. On mobilise ainsi le syndicat de la BCT pour limoger le gouverneur de la BCT. L'actuel gouverneur a été nommé par le gouvernement de Béji Caïed Essebssi, pour un mandat de six ans. L'actuel gouvernement en place ne cache pas ainsi sa volonté de le remplacer par un autre, que l'opposition affirme qu'il est proche du milieu nahdaoui. La discorde continue avec la publication d'un dernier communiqué relatif à la conjoncture économique actuelle. Un communiqué qui affirme que la situation économique du pays est de plus en plus critique contrairement à ce qui a été annoncé officiellement par le gouvernement qui a contesté ces chiffres tout en affirmant que le pays ne va pas mal. L'économie tunisienne reredémarre. Là nous sommes trouvés face à un dilemme. A quels chiffres croire ? Quelle partie à mettre en doute ?
Guerre des communiqués ?
Le gouvernement a récemment publié des chiffres relatifs à la reprise de l'économie tunisienne. L'optimisme est de mise chez les nouveaux gouvernants. On parle d'un taux de croissance de l'ordre de 2% au cours du premier trimestre de l'année en cours. On avance aussi que les investissements étrangers et les exportations ont augmenté de 9%. On parle certes d'une reprise du tourisme et on s'attend miraculeusement à 6 millions de touristes cette année. Parallèlement, les derniers chiffres publiés par la Banque Centrale de Tunisie viennent infirmer l'hypothèse d'une reprise économique. Les chiffres publiés par la BCT, laissent dégager un ralentissement de l'activité économique « dont en particulier, la baisse du rythme de la consommation de l'électricité haute et moyenne tensions, qui reflète le niveau de l'activité industrielle…la décélération du rythme de croissance des exportations au cours du premier trimestre de l'année en cours" (augmentation de 9,1% en comparaison avec 10,3% pour le premier trimestre 2011), indique-t-on dans ce communiqué. Plus encore, selon les chiffres de la BCT, la balance générale des paiements connaît un déficit de 377 millions de dinars tunisiens, au cours du premier trimestre de l'année en cours, enregistrant ainsi une baisse assez remarquable de 57% par rapport à la même période une année auparavant. Même constat pour le déficit des paiements courants qui atteint 1 624 millions de dinars, soit 2,3% du PIB contre un pourcentage de 1,5% en 2011. Face à ces chiffres, le gouvernement multiplie ses déclarations aux médias (qu'il conteste en même temps) en affirmant que la situation économique est en train de s'améliorer. On n'avance aucun commentaire sur la note de conjoncture de la BCT. Mais, officieusement parlant, on s'attendait à une réaction gouvernementale à la BCT pour revendiquer la transparence, ou peut être qu'on pense au scénario de l'Institut National des Statistiques. De toute façon, bien malin qui le connaîtra !
Ce que pensent les économistes !
Face à cette situation, les avis divergent. Bon nombre d'économistes pensent sérieusement que le gouvernement fournit des chiffres et des indicateurs économiques erronés. D'autres font le lien entre ces chiffres et le limogeage de l'ancien directeur de l'Institut National des Statistiques, pour comprendre ce changement dans les explications des chiffres. D'autre, dont l'enseignant universitaire Mehdi Laarif, pense qu'indépendamment des différences constatées aux niveaux des chiffres publiés par le gouvernement et par la BCT, la situation du pays n'est pas alarmante. « Elle est quand même critique. La reprise économique demeure tributaire de deux facteurs principaux. Le premier concerne le climat social du pays, alors que le deuxième facteur dépond de la reprise du secteur touristique générateur des devises », explique-t-il. Il pense aussi, que « les chiffres de la BCT sont plus objectif, mais je tiens à préciser qu'on ne dispose pas encore des données fiables quant à l'avenir économique du pays ». Lassad Dhaouadi, en qualité d'expert en fiscalité, estime pour sa part, que la situation actuelle n'est pas étonnante. « La différence observée au niveau des indicateurs économiques publiés récemment par la BCT et aussi par le gouvernement, est due à l'absence totale de l'Etat et des ses institutions ». C'est-à-dire ? « Je trouve que c'est normal de tomber sur des chiffres contradictoires. En l'absence des institutions de l'Etat et du pouvoir de contrôle je ne m'étonne pas de trouver des chiffres contradictoires ou même erronés. Ce sont les mêmes pratiques utilisées qu'auparavant à savoir le manque des informations transparentes, la publication des informations fausses. Cela s'amplifie surtout avec l'interdiction de l'accès à l'information malgré la promulgation d'un décret-loi relatif à cet aspect », estime-t-il tout en précisant que « Ceux qui parlent aujourd'hui du développement, de l'investissement et surtout du plein emploi, sont des menteurs. Car, avec l'ampleur qu'a connu le phénomène de la corruption après le 14 janvier, la Tunisie risque de devenir une plateforme pour crimes de blanchiment d'argent et de l'industrie de la corruption ». Pour Lassad Dhaouadi, ainsi que pour d'autres économistes, l'Etat, devra réagir pour bien renforcer les dispositifs à même de granatir à la transparence pour ne pas avoir des chiffres contradictoires et que pour les investisseurs aient une vision plus claire à propos la situation économique du pays. Histoire de dire, ne jamais répéter les mêmes erreurs commises qu'auparavant.
Zied DABBAR

Un milliard de dinars en provenance des Qataries !
La visite du Président de la République au Qatar a mêlée de controverses. Mais, elle a quand même apporté du nouveau pour la Tunisie. Le Qatar a annoncé mercredi l'octroi d'un prêt d'un milliard de dollars (759 millions d'euros) à la Tunisie tout étant disposée à accueillir 20.000 travailleurs tunisiens parmi les diplômés chômeurs de ce pays, selon le porte-parole de la présidence tunisienne. La Banque centrale qatarie participe à ce prêt à hauteur de 50%. A rappeler que la Turquie a déjà annoncé depuis janvier 2012, janvier l'ouverture d'une ligne de crédit de 500 millions de dollars pour la relance de l'économie tunisienne en récession. La maison blanche américaine a également décidé le versement de 100 millions de dollars à la Tunisie pour que soient facilités les paiements dus à la Banque mondiale et à la Banque africaine de développement qui ont respectivement versé à la Tunisie deux prêts de 500 millions de dinars chacun.

Un conseil des sages
Hormis les décisions économiques annoncées par le Premier ministre, les députés de la nation ont entendu le Premier ministre en appelant à la création d'un Conseil des sages. Un conseil qui regroupe des figures chevronnés de la Tunisie « Rjelha Lekbar », et qui devrait être sollicité en période de crise et de tension. Une initiative qui pourrait trouver une solution à cette énigme de guerre des communiqués entre une instance financière « indépendante » et un gouvernement lui aussi présumé « indépendant ».


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