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Le modèle social et culturel : enjeu de toutes les manœuvres !
Publié dans Le Temps le 29 - 08 - 2012

M.Rafik Abdessalem, en sa qualité de cadre dirigeant d'Ennahdha vient d'embaumer de bonheur et de joie le ciel et la terre tunisienne en annonçant que son parti la Nahdha est bien là pour longtemps et qu'elle restera au pouvoir encore pour de longues années !
Voilà qui va réjouir les millions de Tunisiennes et de Tunisiens qui n'ont pas voté Ennahdha et qui voient que le pays avec la Nahdha n'avance pas aussi rapidement que prévu... que nos villes sont devenues des « édens » (sic) de propreté et de beauté... que la démocratie islamique tunisienne n'est pas un modèle pour le monde arabe et musulman - vues les « purges » que M. le ministre annonce, contre les médias « récalcitrants résidus de l'ancien régime », en plus de celles opérées dans les corps de la sécurité publique, des gouverneurs des chefs d'entreprises et qui sait peut être demain, chez les ambassadeurs !

Néanmoins, cet immense bonheur ne se trouve pas partagé par cette « poussière » de minorité qui compte parmi elle, tous les partis de gauche anciens et nouveaux, les adhérents et sympathisants de « Nida Tounès », les femmes démocrates, les syndicalistes dans leur grande majorité, les intellectuels, les journalistes de la presse indépendante et libérale, les hommes d'affaires qui voient encore leurs collègues sujets à des tracasseries ... etc... et la liste est longue.

C'est vrai, qu'en vraie Démocratie tout ce monde compte mais pour notre ministre des Affaires étrangères qui sillonne le monde et qui traverse les pays traditionnellement démocratiques, sans essayer apparemment de comprendre, par exemple, pourquoi l'Occident dirige le monde, pourquoi un pays colonisateur et d'occupation comme Israël a tant de sympathie dans ce même monde malgré toute la répression qu'il exerce à l'encontre du peuple palestinien. Par conséquent, tout ce beau monde ne pèse rien et ne pourra rien !

Que Monsieur le ministre nous pardonne de mettre un peu, en doute, ses prophéties si attachantes et ferventes à moins que la Nahdha change totalement de cap et rectifie toute sa stratégie pour nous rassurer sur notre avenir.

D'abord, qu'elle arrête toutes ces « purges » parce qu'elles sont illégitimes et à quelques mois des élections et dans une période transitoire de surcroît. Depuis le 14 janvier de la Révolution et après que Ben Ali et sa mafia s'est approprié l'Etat ses institutions, sa finance et son économie pendant 23 ans, les Tunisiennes et les Tunisiens ont rêvé de se réapproprier l'Etat Tunisien, leur Etat, et de ne jamais permettre à une nouvelle dictature totalitaire de briser ce rêve.

C'est le propre de la démocratie depuis les Grecs que les citoyens sont les propriétaires de l'Etat et de leur pays et non les gouvernants quels qu'ils soient.

D'ailleurs, ce concept ne peut que servir la Nahdha elle-même, pour assurer la stabilité et la prospérité du pays et continuer à le diriger si les suffrages lui sont favorables. Quant aux postes « fonctionnels », les charges ministérielles et autres, M. le ministre sait bien que toute nouvelle formation au pouvoir après la Nahdha peut en se basant sur le discours et la méthode de M.Rafik Abdessalem, faire exactement la même chose et opérer les « purges » nécessaires à sa domination au nom de la légitimité électorale et le droit de gouverner.

Entre temps, l'intérêt général et la solidarité nationale continueront à subir les fissures et les dégradations de la lutte pour le pouvoir et les avantages éphémères qu'il procure.

En deuxième lieu, la Nahdha devrait laisser vivre les Tunisiens « leur vie » en toute liberté sans les contraindre à changer de mode de vie, social, culturel ou religieux. C'est là qu'elle peut réussir à rassurer les Tunisiens. M. Rached Ghannouchi, de loin, le plus sage mais aussi le plus grand stratège de la Nahdha, l'a compris, lui, qui a vécu durant près de vingt ans en exilé dans la plus belle démocratie au monde, la « mère des démocraties », la Grande-Bretagne.

Il ne cesse de répéter et je ne vois pas pourquoi je ne devrai pas le croire, que l'Islam et le système politique ne doivent pas être une épée de Damoclès, dont la vocation est d'asservir les gens et de leur imposer et dicter leur mode de vie.

Le modèle tunisien a allié, à travers les siècles... tous les siècles, depuis l'Antiquité, la modernité à l'identité et c'est ainsi que depuis Carthage, ce « rocher » qui a donné son nom à l'Afrique, a réussi à digérer toutes les cultures y compris celles conquérantes et dominatrices. Finalement, la colonisation, toutes les colonisations, se ressemblent y compris, celle des Arabes en Espagne.

C'est la domination opérée par une civilisation avancée et ascendante sur les plans économiques et militaires sur une civilisation déclassée et incapable de résister... mais au bout du compte et avec cette faculté, humaine extraordinaire, d'adaptation, la civilisation dominée finit par absorber l'agressivité de l'occupant et intégrer certaines de ses valeurs dans ce qui sera une nouvelle « manière d'être ».

Ce processus continue, aujourd'hui même, à se produire avec le salafisme, le djihadisme, le chîisme... qui nous viennent d'Orient et qui aspirent au commandement politique. A la Nahdha et M. Rafik Abdessalem de nous dire clairement à quelle sauce nous allons être servis.

Ceci doit être le véritable enjeu électoral, réel. Veut-on préserver une Tunisie proche de l'Occident avec la conservation de son identité arabo-musulmane modérée et tolérante, ou veut-on encourager les assauts de l'Islamisme politique agressif et intolérant à remodeler la vie des Tunisiens vers un style proche de l'Iran ?

C'est une exigence de fond, et il faut demander aux politiques de se positionner clairement sur la question.

Les Tunisiens choisiront en toute connaissance de cause et les urnes diront ce que la majorité veut réellement, et dans ce cas, ils auront le gouvernement qu'ils auront mérité !


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