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Cinéma
Publié dans Le Temps le 24 - 02 - 2013

Le ciné-club de l'Association des Anciennes du Lycée de la Rue du Pacha (AALP) baptisé El Bachia a organisé vendredi dernier une séance de projection de l'excellent film iranien "Une séparation" de Asghar Farhadi Le film raconte l'histoire de Simin qui veut quitter l'Iran et emmener sa fille, Termeh, pour qui elle rêve d'un meilleur avenir.
Nader, son mari, refuse d'abandonner son vieux père, que la maladie d'Alzheimer a complètement paralysé. Sans l'avoir vraiment choisi, ils sont au bord du divorce et entament la procédure. Pendant que Simin quitte le domicile conjugal pour s'installer chez sa mère, Nader embauche une aide-soignante, Razieh, qu'il charge de veiller sur son père. Razieh commence son service, flanquée de sa petite fille, Somayeh. Dès le premier jour, elle se heurte à une difficulté qui ébranle ses scrupules religieux. Le vieil homme s'est oublié. Peut-elle le laver ? Le changer contre ses convictions religieuses qu'un tel acte est considéré comme un péché.
Entre modernité et tradition
Ce cinquième film de l'Iranien Asghar Farhadi est un conflit entre deux couples de niveau social différent complexifié par les tensions internes à chacun des couples. Le premier aisé et moderne est en instance de divorce ; le second, d'un milieu plus modeste, obéit rigoureusement aux lois religieuses. Le regard que le cinéaste porte sur la société iranienne ne passe pas par l'allégorie. Il s'intéresse à la classe moyenne, dont les problèmes sont comme partout ailleurs dans le monde. Semant l'incertitude et s'empêchant de prendre parti, il laisse la liberté d'interprétation au public.
Asghar Farhadi, qui vient du théâtre, a bâti un scénario d'une grande précision, une mécanique qui empoigne le spectateur, témoin des contradictions des uns, des possibles mensonges des autres, et le maintient de la sorte sans cesse en haleine. Tous les personnages semblent prisonniers d'un système de pensée qui les pousse front contre front : à l'image d'un pays qui ne saurait pas réconcilier tradition et modernité ? Le plus émouvant dans cette histoire reste sans doute le regard des plus jeunes spectateurs incrédules des conflits de leurs parents respectifs. Quel monde leur lègue-t-on ? Tourné dans des décors réels, la mise en scène est parfaitement maitrisée ainsi que l'interprétation des acteurs.
Du théâtre au cinéma
Diplômé des Universités de Téhéran et de Tarbiat Modarres, le jeune iranien s'intéresse à l'écriture théâtrale avant de se tourner ensuite vers le cinéma. En 1986, il fait partie du département de la Société du Cinéma de Jeunesse d'Ispahan où il tourne plusieurs courts métrages. Il s'essaye à la réalisation de séries télévisées puis fait connaître son nom dans le monde du cinéma en 2002, grâce à sa collaboration avec le cinéaste Ebrahim Hatamikia en tant que co-scénariste, pour le film Low Heights.
En 2003, il réalise son premier long métrage : Dancing in the dust, qu'il coécrit avec Alireza Bazrafshan et Mohammad Reza Fazeli. Un an plus tard, Farhadi se lance dans la réalisation de son deuxième film qu'il intitule Les Enfants de Belle Ville. Sorti en France en 2012, ce drame s'intéresse au sujet de la peine de mort qui est encore très appliquée en Iran. En 2006, le talent du réalisateur est salué au Festival international du film de Chicago grâce à La Fête du feu, son troisième long métrage qui reçoit l'Hugo d' Or.
Multipliant les collaborations avec plusieurs réalisateurs, Farhadi connaît une année 2008 extrêmement productive en scénarios. Il écrit en effet un film pour Parisa Bakhtavar (Tambourine), puis travaille respectivement avec Kambuzia Partovi et Mani Haghighi sur les scénarios de Shab et de Canaan. Pareillement, en 2009, le cinéaste participe avec ses idées scénaristiques à la création du film de Masud Kimiai : Mohakeme dar khiaban. Il réalise la même année A propos d'Elly pour lequel il reçoit l'Ours d'argent du Meilleur réalisateur à Berlin. Pour ce film, Farhadi révèle un nouveau talent qui vient s'ajouter à l'écriture et à la réalisation, celui du chef décorateur.
Réunissant ces trois atouts, le cinéaste iranien est également chef costumier sur son film qui lui offre la consécration internationale : Une Séparation, et qui s'inscrit dans son univers iranien penché sur la société et la complexité de l'être humain. Réalisé en 2011, ce film est couronné de prix dans plusieurs festivals. Il reçoit notamment l'Ours d'Or du Meilleur film, le César du Meilleur film étranger, ainsi que l'Oscar du Meilleur film étranger.


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