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La cité des steppes
Promenade dominicale
Publié dans Le Temps le 03 - 03 - 2013

Cillium / Kasserine, offre à tous les visiteurs qui empruntent sa rue principale, un premier, magnifique puis un deuxième mausolée d'époque romaine. Ils ont engendré son nom : « Ksar tnine » : les deux châteaux.
Préambule
Avant d'aller nous y promener, commençons par constater que depuis l'Antiquité, la Tunisie a toujours progressé sur deux « jambes ». Le long de la côte Est, existe un pays principalement commerçant. A l'Ouest, Bulla regia, Chemtou, El Kef, Makthar, Sbeïtla, Kasserine, Gafsa, etc. ..., jalonnent des régions agricoles et minières. Quand l'une des deux jambes a mal, tout le pays « boite ».
Le gouvernorat de Kasserine s'étend sur près de 8500 kmÇ et compte plus de 400.000 habitants, dans le Centre Ouest tunisien, le long de ce que nous appelons « La route de l'Ouest » qui va de Tabarka à Tozeur.
En matière de tourisme culturel et « vert », « La Route de l'Ouest » est mieux pourvue que le littoral Est. Les paysages sont plus variés. La faune, la flore et la Société « autochtone » ont été préservées. Les sites historiques, grands et petits, et les Parcs naturels y sont plus nombreux.
La région
C'est d'abord une vieille région, émergée depuis l'ère secondaire. Elle est montagneuse : comprise entre les 1230 mètres du Jebel Bou Lahnèche au Nord et les 1000 mètres du Jebel Sidi Aïch au Sud. Le Jebel Chaambi est le point culminant du pays. Les sommets de plus de 1000 mètres sont nombreux. La plupart de ces montagnes sont boisées. Le gouvernorat compte près de 160.000 hectares de maquis et de forêts : le record de Tunisie ! Les résineux dont le pin d'Alep, sont prépondérants. C'est aussi une région de hautes steppes où l'alfa règne en maître. Région d'altitude et continentale, il y fait souvent froid l'hiver et parfois très chaud l'été. La pluviométrie, très irrégulière, y est assez faible.
Elle a été peuplée depuis, au moins, le paléolithique moyen, par l'homme de Neandertal à Aïn Metherchem. Les nombreuses escargotières de la région prouvent que les Capsiens (VIIIème – Vème millénaire) y étaient bien implantés. Les monuments mégalithiques de Thala est de Khanguet Sloughi attestent la présence de l'Homme « protohistorique ».
Avant d'être colonisée par les Romains puis les Vandales et les Byzantins, cette région a été habitée par les Berbères autochtones. La tribu des Frachich, qui fournit le patronyme Ferchichi, a certainement pour ancêtres les Frexes dont parlent les textes latins.
Les Arabes y rencontrent les Byzantins commandés par le Patrice Grégoire en 647. Si, par la suite, ils laissent dépérir la plupart des cités d'époque romaine, ils érigent à Sbiba une mosquée datant du début de la conquête et font de Gafsa une grande ville commerçante fortifiée.
La résistance au pouvoir central semble être une tradition dans la région. Les habitants ont lutté contre le pouvoir colonial non seulement en Tunisie mais en aidant activement les combattants algériens.
Cillium / Kasserine
Peut-être d'abord un « Castellum » : fortin. La cité appelée Cillium / Kasserine a été fondée au Ier siècle, sans doute, à la même époque que ses voisines Thelepte et Sbeïtla / Sufetula. La région a été pacifiée après la révolte des Berbères Musulames commandés par Tacfarinas allié des Maures, ses voisins, au début du Ier siècle. Une grande voie allant d'Ammaedara / Haïdra jusqu'à Tacape / Gabès et une immense cadastration ont été construites à partir de cette époque dans toute cette région.
Kasserine devient Municipe sous le règne de Trajan (97 – 117) puis Colonie à l'époque des Sévères. Dès le IIIème siècle, elle est un évêché catholique mais donatiste aussi. Pour se protéger contre les révoltes berbères, les Byzantins y construisent des fortins et de grandes citadelles comme à Thelepte et à Haïdra.
Le Patrice Salomon trouve la mort en combattant les Berbères près de Cillium. A cette époque, la cité est très prospère. On y voit encore les vestiges d'un arc de triomphe élevé au IIIème siècle et restauré entre 312 et 317 sous Constantin, d'un théâtre, d'un capitole et de plusieurs demeures. Le monument le plus remarquable est un superbe mausolée, consacré à la famille des Flavii et gravé d'une épitaphe formée d'une centaine de vers. La culture de l'olivier était florissante étant donné le nombre de pressoirs découverts dans toute la région.
Kasserine s'est dotée actuellement d'un hôtel-restaurant modeste mais tout à fait convenable. Il n'efface pourtant pas, le souvenir du superbe « trois étoiles » : Le « Cillium », que nous avons connu rempli de chasseurs et de touristes durant plusieurs mois de l'année.
Les environs ont largement de quoi retenir les visiteurs plusieurs jours. La chasse aux grives, aux perdrix et aux lièvres ainsi qu'aux sangliers, avons-nous écrit, mais aussi le magnifique Parc National du Jebel Chaambi et les nombreux sites historiques des alentours peuvent intéresser de nombreux visiteurs. Commençons par Thala, Sbeïtla, Haïdra et Thelepte très connues, mais citons aussi Aïn Boudériès et son site préhistorique, Khanguet Sloughi, au pied du Jebel Bou Ghanem El Kdim où les monuments mégalithiques voisinent avec les vestiges romains de Menegessem, le site de Oum Ali, El Gousset et son église d'époque vandale, sans compter des sites modestes mais intéressants tel que Henchir El Khmira, près de Thelepte, les mausolées de Bir El Hafay et ceux de Sidi Aïch et d'autres encore.
Pourquoi ne pas faire construire un bel hôtel qui recevrait les visiteurs attirés par les multiples curiosités de la région et les chasseurs naguère très nombreux ? Pourquoi, à partir de l'usine de cellulose, traitant l'alfa, n'a-t-on pas développé une industrie chimique de transformation : la cellulose sert à tout, des textiles aux explosifs ? A-t-on vraiment cherché à faire pousser davantage d'alfa et de figuiers de Barbarie dont on pourrait extraire ... des fruits, de la nourriture pour le bétail et de la vitamine C comme au Maroc ?
Les promenades
Bien sûr, il y a Sbeïtla, tout près mais il y a bien d'autres choses encore que nous venons d'évoquer très rapidement. Le fascicule intitulé : « La Tunisie du Centre Ouest – Les Hautes Steppes » rédigé par le Professeur d'Université et archéologue : Monsieur F. Béjaoui est un guide excellent pour visiter la région.
Mais il resterait, par exemple, une superbe promenade qui partirait de Thelepte, remonterait, en suivant une grande piste recouvrant une voie romaine, vers El Gousset puis vers Aïn Bou Dries ensuite vers Menegere / Henchir Boutaba enfin Menegessem au pied du Jebel Bou Ghanem El Kdim. Quelques kilomètres plus loin, en suivant la piste qui va à Haïdra, on découvre les pavés de la voie romaine et sa borne milliaire VIII ! Un peu avant Haïdra, on verra les bornes II et III au bord de la piste !
Pour les amateurs de sites naturels, les environs du bourg de Dernaïa, les pentes boisées du Jebel Tam Smida et celles du Khchem El Kelb, protégées depuis bien longtemps, dépaysent les visiteurs les plus blasés.
A l'opposé, vers le Nord-Est, les promenades dans les Jebel Samama et Tiouicha, la dégustation des « Hendi » violets de la région, les parties de chasse, la découverte des légendes : par exemple celle d'Aïn Selsla : la chaîne de la jeune fille noyée de chagrin dans la source, proche – par hasard ? – d'un tout petit temple romain bien conservé, séduisent bien des curieux.
Allez-y, vous verrez, il y a beaucoup de choses à découvrir dans la région de Kasserine.


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