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Matin et crépuscules de Dame Démocratie
La chronique de Youssef SEDDIK
Publié dans Le Temps le 06 - 03 - 2013


I - Les débuts et les balbutiements
La Grèce, comme chacun sait, est le pays qui nous a donné à tous pratiquement ce mot à la fois magique, équivoque et souvent galvaudé de Démocratie, de démos (peuple ou plus exactement territoire délimité et peuplé) et kratos (pouvoir organisé).
Ce que tout un chacun ne sait pas, c'est l'aspect rudimentaire et si injuste pour nous aujourd'hui de ce système à sa naissance dans la haute antiquité. Ni les femmes, ni les métèques (les étrangers), ni les esclaves, bien sûr, ni les mercenaires, ne pouvaient profiter des faveurs de ce système...
Rappelons quelques faits que les spécialistes et les historiens peuvent trouver “élémentaire», pour parler comme l'inspecteur Holmes, mais que beaucoup de nos apprentis-citoyens ignorent. Au VIIe siècle avant l'ère chrétienne un certain Clisthène, réformateur athénien, a eu l'idée de découper le territoire de l'Attique (région où se trouve la capitale toujours actuelle du pays) en dèmes (dèmoï), unité qui ignore les limès ou frontières entre tribus différenciées par l'appartenance ethnique ne reconnaissant que la configuration topologique et géographique (nature du relief, facilité des communications, productions agricoles ou minières, etc. Du coup , l'aménagement humain de l'espace passe de la tribu au peuple, véritable mutation politique aux conséquences décisives. La tribu étant un corps ramassé et compact à la volonté et aux agissements régis selon la seule logique de l'esprit du corps (al-açabyya), tel que magistralement analysé par notre illustre compatriote Abderrahmân Ibn Khaldûn. avec le “ peuple “, après la réforme de Clisthène, entre le territoire et ceux qui l'occupent et y vivent s'établit un contrat de “ dette “ (deyn) dont s'acquitte perpétuellement chacun des contractant à l'égard de l'autre. Le territoire, de son côté, fournit à l'habitant les moyens d'une vie stable du berceau à la tombe, l'habitant, en contrepartie se doit de maintenir ces moyens, d'en assurer la garde, de les consolider et de les enrichir dans la perspective de la croissance naturelle du peuplement dans les limites d'un site identifié, nommé, appelé à rester la demeure définitive du groupement humain.
Un siècle après la réforme de Clisthène, le grand Solon compté parmi les sept sages de la Grèce antique est venu règlementer les unités territoriales, villes ou bourgs, par une série de lois qui engagent chaque habitant censé participer à ce système démocratique alors naissant, sans référence aucune à son rang, à sa classe sociale ou à ses mérites et compétences : la Cité est née et la notion de « patrie » connait alors une totale transfiguration. Les composants du groupe ne sont plus attachés à la figure de l'ancêtre ou à la généalogie, mais à une toute autre émotion patriotique, celle que leur procure la prospérité, la sécurité et la solidarité pour maintenir ce « vivre-ensemble ». Cette Cité-Patrie qui préfigure ce qui sera plus tard la Nation transforme les occupants du territoire en citoyens impliqués dans un jeu de concession mutuelle délivrant chacun de ses pulsions naturelles et de son égoïsme. La pièce maîtresse de ce mécanisme qui assure ce jeu de concession réciproque est dans ce signe ou geste de consentement ou de refus, main levée ou bulletin de vote, qui délègue et mandate pour un temps peu d'élus représentant l'ensemble.
Cette démocratie athénienne qui a connu son apogée au 5e siècle Av. J.-C. avec Périclès, a très vite décliné toutefois en pouvoir oligarchique, celui des Tyrans (ceux par exemple qui ont condamné à mort le bon vieux Socrate !), pour dépérir totalement avec le pouvoir absolu d'un Alexandre-Le-Grand. Car, le ver était dans le fruit. Confier à des élus la mission et le soin de représenter la multitude ne garantit en aucun cas que ces mêmes élus ne s'associent tout comme s'associent des malfaiteurs pour trahir leurs mandants et abandonnent leur mission d'en assurer la représentativité, en devenant oligarques.
C'est ce que Platon a bien vu en critiquant sévèrement, dans La République, cette même notion de démocratie, lui préférant celle du système aristocratique qui maintient chez le gouvernant, toujours et quoi qu'il arrive l'indispensable valeur de vertu, à la fois force et élévation.
Ainsi donc, nous voyons que, déjà dans ses balbutiements, l'idée de démocratie, ses périls et sa fragilité, demeurent d'une criante actualité ! (à suivre)


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