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Des choix erronés !
La Nahdha perd du terrain :
Publié dans Le Temps le 04 - 04 - 2013

Que le CPR, en totale perte de vitesse, s'agite pour « immuniser » la Révolution et se remettre dans l'équation politique en espérant au moins sauver les meubles, les « acquis » et les dividendes de son alliance avec la centrale islamiste de la veille du scrutin du 23 octobre 2011, voilà qui pourrait être compréhensible !
Une formation « surdimensionnée » qui a perdu une bonne partie de troupes de ses états-majors et de sa base politique et qui lutte pour la survie, ne peut que s'enfoncer dans le jusqu'auboutisme le plus radical en espérant garder au moins la « présidence » aux prochaines élections. C'est que, faute de poids réel au niveau de la représentativité, on va se rabattre sur la « légitimité » d'abord « historique » en rappelant les actes de résistance du temps de Ben Ali et puis de « protecteur » de la Révolution contre les résidus de l'ancien régime, le dernier fantôme, encore disponible, à faire peur aux démocrates totalement vaccinés contre les virus de la désinformation.
Mais, ce qui est incompréhensible c'est de voir un parti solide comme la Nahdha avec tous ses atouts au niveau de l'organisation et de la structuration, sa crédibilité, tout de même, préservée bien qu'érodée par l'exercice du pouvoir et confirmée par les sondages qui la place avec Nida Tounès, aux premiers rangs des prétendants dans le futur proche, s'engager dans cette voie sans issue où elle a tout à perdre et rien à gagner ! C'est un peu chercher à se faire du mal gratuitement.
Je m'explique. La Nahdha a gagné les élections du 23 octobre, à la loyale. Elle n'avait besoin ni d'exclure ses adversaires par des lois scélérates, ni d'engager des milices pour faire peur aux votants. Elle a gagné parce qu'elle était différente, parce qu'elle représentait un espoir de rompre avec les méthodes du totalitarisme et de la corruption. Les gens, certains diront bien naïfs, mais je dirai bons par nature et heureux de construire le système démocratique et social rêvé depuis Kheïreddine Bacha, au 19ème siècle, ont voté Nahdha parce que ses leaders ont connu les souffrances des prisons et de l'exil en un mot l'exclusion et de ce fait, ils ne pourraient jamais enfourcher à nouveau le cheval de la dictature et de l'injustice. Par ailleurs, et en bons musulmans éduqués dans la tradition tunisienne, ces électeurs ont voulu donner une chance à ceux qui se réclament de l'Islam politique et de l'idéal de société, qui combine la liberté avec la justice et la tolérance.
Mais, alors, pourquoi la Nahdha et son président Rached Ghannouchi et son aile dure cautionnent-ils, aujourd'hui, ce dérapage idéologique et institutionnel qui risque de leur coûter très cher aux prochaines élections. La sagesse aurait été d'éviter la ruse qui ne trompe plus personne et de jouer franc jeu en rassurant l'opinion nationale et internationale sur des questions essentielles telles la civilité de l'Etat et la construction démocratique véritable.
Or, la loi sur l'exclusion qu'on s'acharne à défendre contre vents et marées et le soutien déclaré aux ligues de protection de la révolution ne peuvent que confirmer aux yeux des Tunisiennes et des Tunisiens et du monde entier qui nous observe très rigoureusement, que les choix erronés de la Nahdha sont contraires à la démocratie plurielle, à la paix sociale et à l'alternance pacifique au pouvoir.
A notre humble avis, la Nahdha qui dispose au moins du tiers des intentions de vote des Tunisiens, n'a pas besoin de ces stratagèmes d'une autre époque et d'un autre âge pour avoir la place qui lui revient dans l'espace politique tunisien.
Bien au contraire, une attitude plus loyale et plus sereine aurait pu assurer à la Nahdha, le soutien d'une partie des « hésitants » au lieu de s'accrocher à redonner vie à des partis totalement déclassés par l'allégeance à la centrale islamiste qu'ils ont pratiquée tout au long de cette transition interminable. Les leaders de la Nahdha devraient comprendre que rien ne sert de louvoyer ou de faire peur aux Tunisiens. Deux millions de nos compatriotes ont un diplôme universitaire ou assimilé. Ils ont eu de très grands pédagogues à l'image de feu Mahmoud Messaâdi, Mohamed Mzali, Ahmed Noureddine et des milliers d'autres professeurs émérites formés dans les plus grandes universités du monde.
Certes, la Nahdha peut toujours compter sur les votes « traditionnels » acquis.
Mais, elle perd de plus en plus de terrain au sein de l'intelligentsia et des classes moyennes « modernisées » et avides de rejoindre le monde qui compte.
Le projet de société d'une Nahdha qui prône l'exclusion déloyale des adversaires politiques crédibles, et la terreur de bras armés inacceptables dans un Etat de droit, n'est pas viable et ne peut pas avoir d'avenir.
La Nahdha doit redresser sa trajectoire pour se positionner dans l'évolution du monde et des temps présents.
L'avenir est à la lumière et à la démocratie aux normes universelles.
Lech Walesa, héros de la Révolution polonaise et de Solidarnosc, une fois président, n'a pas cherché à garder le pouvoir par tous les moyens en soumettant la Pologne et les Polonais à une nouvelle dictature.
Résultat, la Pologne, aujourd'hui, est heureuse et épanouie et son peuple est prospère, fier et uni. Walesa n'est plus président mais son peuple l'adore et le chérit parce qu'il a su partir à temps et passer le témoin.
La Tunisie a tous les atouts pour accéder à ce stade du développement politique mais il faut le vouloir et accepter les règles du jeu.
La concurrence politique est légitime certes, l'ambition aussi, mais la politique et le pouvoir ne doivent pas être perçus comme un champ à conquérir par tous les moyens y compris la violence et la peur.
La perte du pouvoir ne doit pas être perçue comme une malédiction. Elle peut conduire à une remise à niveau et à de nouvelles victoires !
Georges Bush et Tony Blair sont-ils si malheureux !
En tout cas, Bill Clinton est en pleine forme ! C'est cela la démocratie !


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