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Qu'est-ce qu'on peut faire ? Plutôt qu'est-ce qu'on ne fait pas !
Développement régional : Regards sur les oubliés du Nord Ouest
Publié dans Le Temps le 26 - 06 - 2013

Depuis la Révolution, tout le monde parle, expose, débat de tout, sauf d'un point assez peu examiné : un développement économique, durable, global des régions « défavorisées » de l'Ouest du pays.
La question à poser ne nous semble pas être : « Qu'est-ce qu'on peut (pourrait) faire ? » mais plutôt : « Qu'est-ce qu'on ne fait pas ? ».
Dans le domaine social
La Déclaration Universelle des droits de l'Homme stipule, en « gros », que l'Etat doit assurer la protection sanitaire, l'Education des citoyens et leur assurer un emploi dont la rémunération permettra de subvenir à leurs besoins.
Qu'en est-il au niveau de la protection sanitaire ? Un hôpital régional par Gouvernorat, trois ou quatre hôpitaux de circonscription, quelques rares maternités et un « Centre de Santé de Base » (C.S.B.) pour plus de 6.000 habitants en moyenne, dans le Gouvernorat de Jendouba, pour une population 450.000 habitants environ. Est-ce suffisant, surtout quand on compare ces chiffres à ceux d'un des gouvernorats du littoral ?
Nous voyons que le Gouvernorat de Nabeul compte trois hôpitaux régionaux, 7 hôpitaux de circonscription, 84 « Centres de Santé de Base » (C.S.B.), 22 laboratoires d'analyse, 6 cliniques privées etc. … pour 650.000 habitants.
Dans le premier gouvernorat il y aurait près de 100 médecins alors que dans le second ils seraient près de 300 !
Quand la Chine a formé les innombrables « médecins aux pieds nus » capables d'assurer les soins urgents : arrêter une hémorragie, immobiliser un membre cassé, injecter un anti-venin, nettoyer et panser sommairement une grave blessure, avait-elle tort ? Quand on sait que plus de 44 % de la population du Nord-Ouest est à plus de 4 kilomètres, d'un C.S.B., à 20 ≈ 25 kilomètres d'un hôpital de circonscription, n'y a-t-il pas une « mine d'emplois » à creuser ainsi qu'un parc de « C.S.B. » à construire et à équiper ?
La formation et la rétribution de ces « infirmiers » ne relèvent-elles pas de l'Etat ? La construction, l'équipement des « C.S.B. », l'aménagement d'un logement décent pour l'infirmier et sa famille avec un petit morceau de terrain en guise de jardin ne sont-elles pas des tâches gouvernementales pour garantir la santé des citoyens ? Il faudra les recycler régulièrement. Est-ce que ce sera inutile puisque ni les hôpitaux ni les habitations ne se déplaceront ?
Voyons ce qu'il est de l'Instruction. Ne parlons pas d'éducation, ni d'animation culturelle ou sportive !
Dans le gouvernorat de Nabeul, 7% seulement des élèves de l'Enseignement primaire sont à plus de 4 kilomètres de leur école, en milieu « rural », alors que dans le gouvernorat de Jendouba, dans une région très souvent montagneuse et boisée, entre 22 % et 30 % des élèves parcourent plus de 4 kilomètres qu'il pleuve, neige ou vente pour aller à l'école ! N'y aurait-il pas une autre « mine d'emploi » à exploiter. Dans le Gouvernorat de Nabeul, les écoles primaires offrent un service de restauration scolaire à plus de 9.000 enfants. Dans certaines délégations telles que celles de Fernana, entre 40 % et 50 % des écoles ne disposent pas d'eau potable !
N'y a-t-il pas là de quoi occuper, beaucoup de gens, tant dans le domaine de la construction des équipements absolument nécessaires : pistes adduction d'eau, que dans celui du ramassage scolaire et des cantines scolaires ? Quand on voit les limousines somptueuses accompagner les enfants jusque devant la porte de leur école, on se dit qu'il y a des élèves qui sont un peu moins favorisés que d'autres.
Dans le domaine industriel
Si la Tunisie produit annuellement entre 180 et 115.000 tonnes d'huile d'olives, où en sont les exportations vers la Chine, en particulier, qui en importerait 45.000 tonnes par an environ, alors que beaucoup de négociants se plaignent d'une tricherie généralisée qui mêlerait aux huiles d'olives des huiles de graines diverses. N'est-on pas capable de garantir la pureté des huiles tunisiennes pour les promouvoir sur le marché international ?
Quand on voit comment sont vêtus et chaussés les paysans de, l'Ouest, on est en droit de se demander si une usine de bons vêtements et sous-vêtements, de type « militaire », en 2 ou 3 coloris, en 3 tailles : petite, moyenne, grande, avec une usine de bonnes chaussures, – une marque que nous avons appréciée se vantait être des « chaussures de paysans » ! – n'auraient pas leur place et de très nombreux clients dans l'Ouest ? Les textiles et les chaussures tunisiennes ont très bonne réputation ! Il faudrait prendre en compte que l'Est algérien, au moins, peut devenir un client sérieux des produits tunisiens.
Dans le domaine du traitement des produits naturels, est-il normal que les chênes de Khroumirie ne soient pas utilisés en menuiserie ? Qu'attend-on pour mettre en place une industrie du liège qui produise, au moins, des isolants puisqu'on sait que l'énergie va coûter de plus en plus cher ? Quand l'électrification des zones rurales de l'Ouest coûte très cher, la fabrication de panneaux solaires, de chauffe-eau solaire ne se justifie-t-elle pas ? Qu'attend-on pour remettre en fonctionnement la très bonne faïencerie de Tabarka ?
Il faudrait, parait-il, construire très vite des dizaines de milliers de logements pour répondre aux besoins urgents de la population. Parallèlement à la construction « tunisienne », n'y a-t-il pas de place pour une usine qui produirait des maisons préfabriquées de 2 ou 3 types : à toits en pente ou à terrasse, de 4 à 6 pièces par exemple ? Nous en connaissons une, en France, en Savoie, qui n'a pas pris une ride, malgré le climat, en 60 ans : le temps d'y élever même les petits enfants !
Ces maisons « individuelles » auraient certainement un grand succès dans l'Ouest où l'habitat est traditionnellement dispersé et, sans doute, dans l'Est algérien.
Dans le domaine agricole
La Khroumirie reçoit davantage de pluie que la région parisienne mais dispose d'un ensoleillement bien plus important. Pourquoi n'est-elle pas une région d'élevage où les plantes fourragères pousseraient, au moins, aussi bien que les broussailles des sous-bois ?
Pourquoi importe-t-on la totalité des noisettes et la majeure partie des noix alors que les noisetiers y poussent à l'état sauvage et que les noyers croissent si bien en Khroumirie qu'en on fait des plantations produisant du « suek » ?
Pourquoi ne cueille-t-on pas davantage les plantes aromatiques et culinaires : thym, romarin, myrte etc. …, qui tapissent les maquis, pour les vendre ou les distiller. On pourrait utiliser les distillats en cosmétique ou en savonnerie. Les feuillages des dizaines de millions d'eucalyptus de la région pourraient eux aussi être cueillis et distillés : l'eucalyptol se vend bien et s'utilise en pharmacie. Pourquoi vend-on les zgougou au lieu de fabriquer de l'huile et de la vendre aux Espagnols qui la recherchent ?
Combien d'usines tunisiennes produisaient-elles des jus à partir des fruits locaux, au lieu de fabriquer des boissons « étrangères », contenant surtout des produits chimiques et trop sucrés.
Qu'est-ce qui empêche la création d'une industrie agroalimentaire dont les produits de base proviendraient des gouvernorats de Béja, Jendouba, El Kef, Siliana, voire Kasserine ?
A quand une relance de la politique de reboisement utilisant une nombreuse main d'œuvre pas très qualifiée, disponible actuellement ? Protéger les sols de l'érosion, favoriser les chutes de pluie et produire, au moins, du bois à brûler permettant de se chauffer en économisant les produits pétroliers chers, est-ce une mauvaise politique ?
Pourquoi ne pas reboiser en essences fournissant du bois d'ameublement : frêne, acacia ou thuya de Berbèrie utilisé durant des siècles, est-ce inutile ?
Dans les gouvernorats de Bizerte, Jendouba, El Kef, Siliana, la luzerne arborescente, qu'on nous avait montrée et dont on nous avait vanté l'intérêt, à l'I.N.R.A.T., mais qui semble avoir disparu, pourrait refaire une apparition qui permettrait de relancer l'élevage.
Le cactus inerme protégeant le sol et produisant des fruits pour les humains ainsi qu'un fourrage d'appoint pour le bétail, mériterait une promotion et un intérêt plus importants, surtout dans le Centre Ouest du pays. Il y a des décennies que nous souhaitons voir prospérer les cultures du cerisier (16 ≈ 17 Dt / kg), des framboisiers, des fraises : type fraises des bois, des mures de ronce (14 ≈ 15 Dt / le pot de confiture d'une livre). Personne ne s'y intéresse !
L'usine produisant des moteurs agricoles, construite sur la route joignant El Kef à Sakiet Sidi Youssef, fruit d'une coopération algéro-tunisienne, devrait tourner à plein régime au sein de régions éminemment agricoles. Pourquoi est-elle « en veilleuse » ?
Quels handicaps insurmontables auraient à affronter les productions industrielles ou agricoles issues de l'Ouest du pays ? Pour les produits lourds, l'éloignement des ports d'embarquement ou des zones de grande consommation les pénaliserait d'un surcoût. Une détaxe décidée par le gouvernement, associée à une modernisation du réseau ferré résoudrait le problème.
Pour les produits légers et fragiles, la détaxe des transports routiers pour les produits consommés dans le pays et la présence d'aéroports situés à moins de 2 heures de route, pour les produits exportés, pourraient être des solutions. Il faut constamment rappeler aux clients que la Tunisie est le pays du Maghreb, le plus proche de l'Europe en cette période de carburants chers.
Il semble bien, en finale, que la résorption du chômage et le développement, aussi bien économique que social dans l'Ouest, soient subordonnés à une politique volontariste qui a fait défaut depuis l'Indépendance. C'est ce qui explique, en grande partie, l'énorme mécontentement des populations locales.


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