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Les vraies manœuvres... commencent : mais rien n'est certain !
Publié dans Le Temps le 01 - 10 - 2013

M. Ajmi El Ourimi, nouveau porte-parole de la Nahdha, nous a bien dorloté, hier matin, sur les ondes de « Shem's FM » et de quelle manière, à telle enseigne qu'il nous a fait presque oublier le talent inimitable en la matière de M. Samir Dilou, à notre avis, le meilleur communicateur de la centrale islamiste depuis la Révolution.
Mais, à vouloir trop en faire, les auditeurs avertis, n'ont pas tous été convaincus d'abandonner leur méfiance du fait des accumulations précédentes, frisant la désinformation la plus élémentaire sur des vérités prouvées et difficilement négociables.
Mais, les choses étant ce qu'elles sont et la politique ainsi faite, il est légitime à chaque parti de présenter sa vision des choses et sa lecture des textes.
Dans cet exercice périlleux, M. Ourimi a fait une analyse du contenu de la feuille de route du quartet, qui écarte le principe de la démission du gouvernement actuel comme préalable à l'ouverture du dialogue national. Il s'est tout simplement attaché au texte qui ne parle pas de « démission » mais de recherche de consensus pour un gouvernement de « compétences nationales » (Kafaat wataniya).
Bien joué ! Admirable Nahdha qui joue sur tous les tableaux gagnants : elle accepte l'initiative du quartet, puis confirme son acceptation à nouveau (dans la lettre de la Nahdha à Houssine Abassi on utilise le terme arabe « moujaddadan » et enfin, elle s'en tient à la lettre de la feuille de route qui ne parle pas de « démission » du gouvernement ! D'où les réactions toutes aussi « légitimes » de M. Harouni, ministre des Transports, puis de M. B'hiri, ministre conseiller, pour enfoncer le clou et déclarer que le gouvernement ne démissionnera pas avant la fin du processus institutionnel, l'adoption de la Constitution et l'aboutissement du processus électoral !
Première conséquence de tout cela, c'est que tout est matière à interprétation et le dialogue national, s'il a lieu, sera très rude et risque à tout moment de chavirer d'un côté ou de l'autre, à savoir passer ou casser ! On sait qu'il commence mais allez savoir quand ça finit !
Dans cette démarche, il faut le dire aussi, la Nahdha n'est pas la seule à manœuvrer.
En bons tunisiens, tout le monde a son « satan dans sa poche » comme le suggère l'adage ancien « Kol wahed chitanou fi jibou » ! l'éthique politique n'interdit pas les compromis, et souvent c'est bien le compromis qui sauve les pays de la déconfiture et des guerres civiles. L'idéologie finit toujours, sauf entêtement des illuminés, par céder à la pesanteur de la réalité. C'est ce qu'on désigne couramment, par « pragmatisme ». Or, la réalité, seul le cheikh Rached Ghannouchi a pu la cerner jusqu'à présent, de manière lucide et efficace.
A notre humble avis, il est le seul à la Nahdha d'avoir compris ce qui s'est passé, et se passe en Egypte, où les Frères musulmans ont tout perdu parce qu'ils ont voulu tout gagner. Ils voulaient la prééminence du parti sur l'Etat et la société égyptiennes et ils ont fini par perdre et l'Etat et la société, avec en prime la déconfiture du parti ! Le Cheikh qui a rappelé aux jeunes étudiants de son mouvement que par une certaine « volonté divine », la Nahdha, a troqué sa « boutique » pour s'approprier l'ensemble du « Souk » (le marché) n'a pas tort de penser au fond de lui-même, et en se rappelant peut-être la parole divine « Man kana fi naâmatan wa lam yachkhor, kharaja minha wa lam yachoôr » (celui qui ne remercie pas Dieu pour ses bontés, risque de les perdre), que vouloir défier le peuple tunisien et ses élites à vouloir leur imposer un « modèle » dont ils ne veulent pas, pourrait anéantir tous les acquis post-révolutionnaires de la centrale islamiste. Ce serait là, un cheminement à l'égyptienne, mais sans coup d'Etat ni général Fatah Sissi !
Autre conclusion tirée par le cheikh, contrairement au président Marzouki, c'est que le vent a tourné depuis l'Egypte et surtout depuis l'assassinat de l'ambassadeur américain à Benghazi et l'attaque de l'Ambassade américaine à Tunis. L'appui inconditionnel de l'Amérique et de ses alliées en Europe à « l'Islam politique modéré », dont la Nahdha, a bien vécu ! D'ailleurs, l'islamophobie dans le monde augmente à vue d'œil et fait tâche d'huile, et on revient au vieux bon reflexe anti-musulmans et au rejet de l'Islam dans son ensemble parce que « porteur » du terrorisme et dangereux pour la paix internationale.
Rached Ghannouchi connaît bien les Américains et eux le connaissent bien ! Dire que les Américains n'ont de « vrais amis » que leurs intérêts, c'est enfoncer des portes ouvertes, or, la Tunisie « islamiste » n'a pas été capable, à ce jour, d'endiguer le terrorisme jihadiste ennemi déclaré de l'Amérique et on soupçonne même le parti islamiste d'avoir « laisser faire », peut-être, de bonne foi, en voulant donner une chance aux salafistes extrémistes d'intégrer la communauté nationale.
Entre la pression intérieure et la pression internationale, il faut beaucoup plus de talent aux communicateurs de la Nahdha pour convaincre bien du monde de la chose et de son contraire. Entre la fable de la Fontaine du « Berger et du loup » et le conseil de Mouaâwiya l'Empereur omeyade à son fils El Yezid : « Ya ibni al hilatou fi tark al hiyal », moi je conseillerai à Cheikh Rached la deuxième maxime ! Et à lui de voir !
Quant à Si Ajmi El Ourimi, sa bonté naturelle, nous vaudra, quand même, quelques bons somnifères pour bien dormir le jour et faire comme si on n'avait rien vu ! C'est de bonne guerre bravo… Si Ajmi !


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