Entrée sud de la capitale: ouverture du tunnel qui relie les routes régionales 22 et 24    Six hôpitaux tunisiens obtiennent le statut de CHU pour certains de leurs départements médicaux    L'INM prévoit un automne plus chaud et plus sec que la normale    Taxis : trois jours de grève prévus à la rentrée scolaire    Mandat de dépôt en prison à l'encontre de la femme accusée d'avoir brûlé des chats vivants    Vernis semi-permanent : alerte sur un risque cancérigène    Washington refuse des visas à des responsables palestiniens avant l'Assemblée générale de l'ONU    L'IA face au mystère du soin : quand la technologie rencontre l'éthique    Ordre du mérite vs société communautaire de "Fasoukh" : la vérité derrière la photo virale    Football-ligue 2: lundi prochain, tirage au sort du calendrier de la nouvelle saison sportive    Bilan énergétique à fin juin 2025 : une production en baisse, mais une demande en hausse    Sejnane : le blocage foncier du projet de village artisanal bientôt levé    Le ministre de la Défense reçoit une délégation du congrès américain : le développement de la coopération militaire au coeur de la rencontre    Le typhon Kajiki tue cinq personnes en Thaïlande    Mohamed Abbou : il faut arrêter les contre-vérités sur le recrutement des diplômés chômeurs    Enseignement supérieur Le système LMD au cœur de nouvelles réformes    Kais Saied : La nationalité et le dévouement, critères essentiels pour les recrutements    ATL Leasing : bénéfice net en hausse de plus de 10% au premier semestre 2025    Tunisie : l'appel d'offres pour la plateforme e-Visa déclaré infructueux    Du 31 août au 6 septembre : Kairouan vibrera au rythme du Festival du Mouled Al-Nabawi el Cherif    À partir d'aujourd'hui , la viande d'agneau importée et réfrigérée commercialisée à 38 dinars le kg    Soldes d'été : légère baisse de la fréquentation    Journée du Savoir : le Président honore l'excellence et la mémoire des élèves disparus    Finie la séance unique, retour à l'horaire d'hiver dès le 1er septembre    Les larmes de Kaïs Saïed    EST-ASS (2-0) : La note aurait pu être plus salée !    Athlétisme : La Tunisienne Marwa Bouzayani décroche la troisième place à la Ligue de diamant de Zurich    Fin de l'exemption fiscale aux Etats-Unis : les colis en ligne plus chers ?    Le président de la République préside la cérémonie de la Journée du savoir    Kamel Néji quittera la présidence du conseil d'administration de l'UIB à la fin de l'année    Le SNJT condamne l'interview de Rim Bougamra avec un ministre israélien    SOS Villages d'Enfants Tunisie accompagne plus de 5 268 jeunes pour la rentrée scolaire 2025-2026    Trump réduit le séjour des étudiants et journalistes étrangers aux Etats-Unis    L'Ambassade de Tunisie à Bagdad dément l'annulation du visa ordinaire pour les Irakiens    Changement à la tête du gouvernement en Algérie    Le lion de Chemtou retrouvé au Vatican ? Que sait-on de ce trésor tunisien ?    Météo en Tunisie : cellules orageuses accompagnées de chutes de pluies    Match CAB CA  : la FTF annonce une tolérance zéro face aux agressions    Japon : Eruption volcanique sur le mont Shinmoe à Kyushu    Oscars 2026 : Kaouther Ben Hania représentera la Tunisie avec « La Voix de Hind Rajab »    Jet de projectile contre un arbitre : le match CA-CAB suspendu    Brad Pitt et Joaquin Phoenix soutiennent le film de Kaouther Ben Hnia sur Hind Rajab        Djerba abrite le Festival des Littératures du Sud "Kotouf Sud Festival" en octobre    JCC 2025 : ouverture des inscriptions pour la section Carthage Pro et les ateliers Chabaka et Takmil    Tabarka : le Festival Musique du Monde signe son grand retour après 21 ans    Zaineb Naoui offre 3 médailles d'or et 3 médailles d'argent à la Tunisie aux Championnats d'Afrique d'haltérophilie 2025    Eya Hosni et Yasmine Radhouani offrent une pluie de médailles d'or à la Tunisie aux Championnats d'Afrique d'Haltérophilie    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



La route du marbre
Promenade dominicale
Publié dans Le Temps le 27 - 10 - 2013

Au moment où on parle de plus en plus souvent de développer de nouvelles « formes » de tourisme, en particulier l'écotourisme et le tourisme culturel, principalement dans l'Ouest tunisien et de « toucher » un public nouveau, il nous semble étonnant que personne n'ait encore imaginé de reprendre une idée qui « fonctionne » ailleurs, spécialement dans l'Atlas marocain, depuis des décennies : le treck en montagne, à pied, à cheval, … pourquoi pas en V.T.T demain et même en auto.
Le cadre
Le treck, très original, que nous proposons aujourd'hui, a pour thème : la voie antique par laquelle le marbre renommé extrait à Simithus / Chemtou était transporté jusqu'à Thabraca / Tabarka.
Les carrières de Simithus ont dû être ouvertes dès la fin du IIIème siècle avant J.C., à l'époque où le roi Numide Massinissa fixait sa capitale à Cirta – Sicca / El Kef et y faisait construire de superbes monuments. La grande nécropole berbère et sa « bazina » : tombeau en forme de tumulus et son « temple » magnifique reflèteraient cette civilisation. L'époque romaine est attestée par un énorme « pont-barrage », un immense camp de travail : le plus grand de l'Afrique Romaine, où des ouvriers taillaient des objets en marbre ainsi que par les vestiges d'un théâtre et d'un aqueduc. Un beau musée, très pédagogique, accueille les visiteurs.
A partir de ce point de départ prestigieux, le treck traverserait tout l'extrême Ouest de la Khroumirie. Tout est singulier dans cette région. Ses chaînons montagneux et ses vallées profondes sont tapissés de superbes forêts de chênes et de résineux. Les sous-bois, tellement touffus qu'ils sont parfois impénétrables, abritent une faune abondante et typique telle que le cerf de Berbérie, la hyène rayée, le chat sauvage ancêtre du chat domestique et le porc-épic pour ne citer qu'eux.
Orchidées et champignons délicieux attirent les amateurs tout autant que les tombeaux rupestres : Haouanet et les sites préhistoriques. La Khroumirie est encore à découvrir !
Au bout de la route, Tabarka, ses plages, ses hôtels et ses restaurants sont les récompenses des « aventuriers » qui ont cheminé par monts et par vaux. Thabraca, sans doute d'origine berbère, fut un port punique avant d'être celui par lequel s'exportaient le marbre de Chemtou ainsi que les produits de la région et de l'arrière pays : bois, produits agricoles et animaux sauvages.
Très prospère à l'époque romaine, un peu oubliée par les conquérants arabes, elle renaît et se développe actuellement.
Le marbre de Chemtou, une brèche dont la couleur va du beige très clair au rouge violacé très foncé, en passant par le vert sombre, est renommé depuis l'Antiquité. Ce sont peut être des plaques jaune doré – la qualité la plus recherchée – qui tapissaient le temple d'Eschmoun au sommet de Byrsa, l'acropole de Carthage, qui ont fait écrire aux auteurs anciens que ce temple était couvert d'or. On retrouve du marbre de Chemtou dans toute la Tunisie et même à Rome ainsi qu'à Constantinople / Istanbul !
Une partie de ce marbre était-elle acheminée vers Utique, par des « barges » à faible tirant d'eau voguant sur l'Oued Medjerda ? Mais comme le port d'Utique a été très tôt ensablé et que la Medjerda n'est navigable que quelques semaines par an, une voie allant vers Tabarka a dû être ouverte dans l'Antiquité.
Un savant : Monsieur Salama a dressé une carte des voies romaines d'Afrique du Nord. Il a donc établi qu'une route, qui joignait Cirta - Sicca / El Kef à Thabraca / Tabarka, était rejointe au Nord de l'actuelle Jendouba par deux voies : l'une venant de Bulla regia, l'autre de Chemtou.
Cette route pratiquement rectiligne sur la carte de Monsieur Salama a été suivie par différents historiens, en particulier Messieurs Cagnat, Winckler, Carton et Toutain, à la fin du XIXème et au début du XXème siècle. Un chercheur tunisien : Monsieur Omar Saïdi a repris les informations précédemment connues. Un jeune historien tunisien vient de découvrir deux bornes milliaires inédites de cette route à proximité de Chemtou.
D'après les indications de Monsieur Winckler, la « Route du Marbre », dont la construction aurait été ordonnée par l'Empereur Hadrien au IIème siècle après J.C., à partir de Chemtou, suivrait la route qui y mène actuellement jusqu'à un carrefour situé à une dizaine de kilomètres à l'Ouest de la route JendoubaTabarka : la P. 17. Ensuite, ce serait une piste, orientée Nord-Sud qui passe à proximité de sources : Aïn Berbeg ou Berber, Aïn Gagaa, puis près des vestiges d'un pont antique détruit sur l'Oued Ghezala et aboutit enfin à une bourgade d'époque romaine Thunuba ou Thiunuba, citée par Ptolémée. Elle aurait été la première étape et serait située au lieu-dit Damous Bou Hadjaja à quelques kilomètres à l'Ouest de Fernana. Toute cette portion de voie romaine est à 2 – 3 kilomètres à l'Ouest de la route moderne P. 17. et tous ces points sont cités par Monsieur Winckler.
Ensuite, nous avons un avis différent de celui des précédents chercheurs. Ils écrivent que, malgré de grosses difficultés qu'ils évoquent, la « Route du Marbre » joignait Fernana à Aïn Draham puis bifurquait vers le Col des vents, à l'Est. Ensuite, elle poursuivait, plein Nord, en haute montagne, vers Dar Fatma, Ouldj-Souk et Mouadjen Roumi d'où elle descendait dans la plaine au Nord de Tabarka. Cette piste, Aïn DrahamTabarka, parfaitement connue des militaires cantonnés à Aïn Draham et de randonneurs aguerris qui l'empruntent pour aller à pied à Tabarka, ne nous parait pas du tout convenir à des chariots lourdement chargés.
La voie qui, depuis Damous Bou Hadjaja / « Thunuba », continue à flanc de collines vers Aïn Cherchera, sur le site de Zigira antique, et arrive à Hammam Bourguiba, nous semble bien plus facilement praticable. Pourquoi ces points sont-ils cités par Monsieur Winckler dans un article publié en 1915 à propos de « La Route du Marbre » ?
A partir de la station thermale, qui pourrait être une deuxième étape, la « Route du Marbre », à notre avis, longerait la frontière algérienne dans la vallée entre les Jebels Djouablia et Djedaidia puis, après avoir traversé la route qui va de Babouch en Algérie, elle descendrait toujours au flanc des collines d'Echaidia, à l'Ouest du Jebel Daraoui, vers Tabarka. Elle devrait traverser différents oueds dont l'Oued Zarga affluent de l'Oued El Kebir. Pourquoi les cartographes du début du siècle auraient-ils mentionné des gués sur ces oueds si personne n'y passait ?
Aujourd'hui, après la construction de deux barrages au Nord-Ouest de Tabarka, qui ont noyé tous des gués et une grande partie de l'arrière pays, il est inutile de chercher la fin de la route du marbre. Il vaut mieux rejoindre la route 17 dès le pied des monts et la suivre pour arriver à Tabarka.
Toujours est-il que les 50 à 70 kilomètres de distance, selon les itinéraires choisis, qui séparent Chemtou de Tabarka, offrent deux trecks magnifiques : à pied, même accompagnés d'ânes portant les bagages, en véhicules 4x4, en V.T.T. ou à cheval. Ne dit-on pas le plus grand bien des Poneys des Mogods ? Et pourquoi pas, avec les purs-sangs arabes de Madame Bergmann, éleveur à Ghardimaou ? Différentes étapes, en camping ou à l'hôtel : à Aïn Draham, à Hammam Bourguiba et en gîte forestier vers Ouldj-Souk et Fernana seraient à organiser. Il suffirait de baliser les pistes de quelques traits de peinture sur les rochers et les troncs d'arbre. Des guides locaux pourraient être recrutés.
L'écologie, l'histoire, les coutumes de la Khroumirie pourraient être racontées aux visiteurs qui, en voyageant lentement, auraient le temps de les apprécier.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.