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La semaine politique féminine.. Tentation féministe dans un monde de machos
Publié dans Le Temps le 19 - 06 - 2014

Commençons par la dernière nouvelle en date à propos de notre sujet : ces dix derniers jours ont été marqués par une percée plutôt remarquable des femmes tunisiennes dans l'avant dernière étape précédant les prochaines élections et la fin vivement souhaitée de la longue, pénible et tragique période de transition ! La nouvelle donc concerne l'élection de Sihem Ben Sedrine à la tête de l'instance Vérité et Dignité ; en principe ce vote n'a surpris presque personne : depuis que Ben Sedrine s'était portée candidate pour faire partie de cet organisme, bien des observateurs tunisiens s'attendaient à la voir briguer d'abord sa présidence ; certains d'entre eux étaient même certains qu'elle allait l'obtenir, compte tenu de certains facteurs favorables dont, répètent-ils, l'appui des constituants d'Ennahdha et vu les services qu'elle pourrait rendre à ce mouvement comme à sa troïka en tant que farouche détractrice de Béji Caïed Essebsi. Nous ne pensons pas non plus que l'élection de Ben Sedrine comme présidente de Vérité et Dignité ait réjoui tous les autres membres de cette instance née tardivement et peut-être à des fins pas très pures : déjà le membre Khemais Chammari, le doyen du groupe a présenté sa démission ; il a certes affirmé que sa décision n'avait rien à voir avec le vote favorable à Ben Sedrine ; toujours est-il que cette démission est un premier clash que d'autres suivront dans les prochains jours. Ajoutons que parmi la population tunisienne et notamment parmi notre gent féminine, l'élection de Ben Sedrine à la tête de Vérité et Dignité n'a pas suscité de manifestation de joie, de fierté ni de solidarité ; H'rayer Tounès suspectent cette dame depuis qu'elle s'est rapprochée d'Ennahdha et qu'elle s'est mêlée aux milices des Ligues de Protection de la Révolution. Cette femme est par ailleurs « accusée » d'avoir joué un rôle redoutable dans le chaos introduit dans les coulisses du Ministère de L'Intérieur du temps de Farhat Rajhi, et enfin son inimitié à l'encontre de l'adversaire no UN d'Ennahdha ne peut pas lui rapporter beaucoup de confiance. Sihem Ben Sedrine, présidente de Vérité et Dignité est à notre avis, un cadeau empoisonné et nous ne sommes guère les seuls à ne lui accorder aucun préjugé favorable. Mais n'anticipons pas l'Histoire et attendons-nous à un « petit » miracle !
Femmes au milieu de machos !
L'autre nouvelle fraîche concerne la députée Sonia Ben Toumiyya qui s'est depuis quelque temps éclipsée : comme Ennahdha est encore à la recherche de son candidat (personne n'a parlé de candidate), Sonia en a peut-être profité pour dire qu'elle est l'idole des Tunisiens et qu'elle présentera probablement sa candidature pour succéder à Moncef Marzouki ! Nous n'avons rien contre l'arrivée d'une femme au pouvoir dans nos pays arabes machistes dans la moelle. Mais de grâce, pas Sonia Ben Toumiyya. Restons sérieux, cette dernière a sans doute lancé une boutade comme à son habitude ; mais qui sait si la députée farfelue ne rêve pas de devenir plus qu'une Constituante. Elle nous a fait tant rire, sourire avec ses interventions déplacées, incongrues, burlesques et insensées. Si elle nous refait ça en tant que présidente ou même en tant que ministre, nous préférons garder Marzouki, malgré tous les travers qu'on lui reproche. Mais alors quelle femme pourrait gouverner la Tunisie après les élections de l'automne-hiver prochains : le parti Al Massar pense à proposer une candidate, laquelle ? Samir Ettaïeb ne cite pas de nom ! Au Nida, c'est Essebsi ou personne d'autre ; donc les femmes de son parti n'ont qu'à s'y résigner ; on voit mal Le Front Populaire avancer un prénom féminin pour concurrencer Hamma ; même Besma Khalfaoui ou Radhia Nasraoui ne seraient pas sollicitées, à supposer que ces deux militantes en veuillent des hauts postes de responsabilité. Ne rêvons pas trop concernant Hizb Ettahrir, ni à propos d'Al Jomhouri qui, bien que politiquement et idéologiquement différents, n'ont que des mâles à présenter aux présidentielles ! Pauvre Maya Jeribi condamnée à agir et peut-être à mourir à l'ombre des frères Chebbi ! Dans les rangs du parti Achâab (Le Peuple), l'épouse de feu Mohamed Brahmi ferait une excellente chef d'Etat, mais allez savoir si dans son entourage politique immédiat, les nationalistes arabes osent admettre que les femmes soient elles aussi dignes à diriger leurs Etats respectifs ; jusque-là ce n'est arrivé nulle part dans le monde arabe, ce n'est pas la valeur de Mme Brahmi qui changera la donne.
Prudence et vigilance
Mais quand même, le gouvernement de Mehdi Jomâa vient de consentir quelques nouveaux postes de « déléguées » à douze tunisiennes dont la plus connue est la sœur de Socrate Cherni, le martyr du terrorisme jihadiste. On dit, côté officiel, que ce n'était pas à titre de consolation que Magdoline Cherni fut nommée déléguée à Jendouba, mais que ses compétences lui ont valu cette promotion ! C'est seulement maintenant qu'on s'est rendu compte de ses compétences ; et d'ailleurs quelles sont les compétences d'un délégué, en quoi diffèrent-elles des aptitudes d'un gouverneur ? Et les onze autres nouvelles déléguées, on n'en dit quasiment rien. Peut-être qu'il n'y a effectivement rien à dire sur elles, ni en bien ni en mal et qu'elles sont désignées à leurs postes pour mettre de la couleur dans le décor. A elles donc de prouver le contraire, mais à condition que nos mâles leur en donnent l'occasion. Finissons enfin avec la mort tragique de la fillette Eya, brûlée vive par son père pour un brin de causette avec un camarade de classe, avec un garçon quoi ! On rapporta l'événement un peu partout et on le commenta avec un haut-le cœur indescriptible : seulement voilà, que peut-on faire d'efficace pour empêcher de telles dérives rétrogrades, même rares ! Une marche blanche ? C'est dérisoire ! La salafisation de notre société et de la majorité des pays arabes autorise de moins en moins d'espoir ; mais si la femme est vraiment notre futur, il y va de l'intérêt de tous, hommes et femmes épris d'émancipation, de mener un jihad impitoyable contre les mentalités régressives qui, au nom de la pureté de l'Islam, veulent immobiliser le temps et arrêter la marche de l'histoire humaine à bon marché !


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