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Chronique d'un week-end d'angoisse
Publié dans Le Temps le 09 - 12 - 2014

La réunion entre le syndicat des enseignants du secondaire et l'autorité de tutelle tenue samedi, 6 décembre2014, n'a pas réussi à réduire la tension entre le ministère de l'Enseignement et le syndicat de base de l'enseignement secondaire.
Une grève ouverte a commencé de ce fait, hier où les professeurs du secondaire ont décidé de suspendre les cours en guise de protestation contre le prélèvement de deux jours sur les salaires des enseignants ayant participé à la grève effectuée le 26 et le 27 du mois de novembre dernier par le ministère de l'Education ; une grève qui a été annoncée par le syndicat de l'enseignement secondaire et qui a été décidée après une tentative pour négocier avec le ministère de tutelle, sur les différentes demandes des professeurs, en attente depuis l'année dernière, sans avoir eu de retour.
Cette grève ouverte qui vise à faire revenir le ministère de sa décision du retrait de deux jours sur les salaires intervient pendant la période des examens du premier trimestre et qui a commencé hier. Un million de collégiens et de lycéens seront contraints d'attendre la résolution du conflit entre le ministère de l'Education et le syndicat général de l'enseignement secondaire.
M. Lassaad Yaacoubi, Secrétaire Général du syndicat des enseignants du secondaire a souligné que la grève ouverte, entamée hier, a été décidée par la commission administrative sectorielle, tenue le 11 novembre dernier, en cas de prélèvement sur les salaires.
« Il s'agit d'une réaction immédiate du syndicat au démarrage de l'opération de retenue sur les salaires », a-t-il indiqué, ajoutant qu'un accord a été conclu, le 8 mars 2013, stipulant le non prélèvement des jours de grèves sur les salaires dans l'espoir de trouver une solution définitive à cette question entre l'UGTT et le gouvernement.
M. Yaacoubi a également, considéré que cette résolution du ministère est « illégale » et qu'il s'agit d'un acte punitif, alors que les négociations sont en cours entre le syndicat et le gouvernement. Il a ainsi indiqué que le syndicat était obligé de prendre cette décision, puisqu'il s'agit de « légitime défense ».
M. Yaacoubi a de plus, estimé que la non-application des conventions publiées dans des décrets-lois et signées avec la partie syndicale est aussi une mesure illégale.
« Nous exigeons nos droits «
Pour sa part, M. Abdelhamid Sallami, professeur d'histoire-géographie au collège 1 er Mai à Sfax, également adhérent au syndicat des enseignants du secondaire et qui a pris part à la grève d'hier, insiste sur l'importance de cette grève comme moyen de pousser le ministère à octroyer plus de droits aux enseignants.
« La décision du ministère est une décision illégale, on a déjà conféré avec M.Younbai, ministre des Affaires sociales et M.Jarray, ministre de l'Education et on a abouti à un accord satisfaisant toutes les parties , nous a confié M.Sallami.
«Ce que nous visons à travers cette grève, mis à part la revendication de nos droits financiers tel que l'obtention de nos salaires du 26 et 27 novembre dernier, aussi bien que la prime de rendement , une somme dérisoire de 40 dinars, est d'introduire des réformes radicales sur le dispositif éducatif. Le secteur de l'enseignement de base et de l'enseignement secondaire est devenu un peu trop politisé, et nous n'allons pas abandonner la bataille ni baisser les bras jusqu'à ce que toutes nos revendications soient satisfaites. »
Travail non accompli
Concernant la position officielle du ministère de l'Education, M. Fathi Jarray, Ministre de l'Education, estime que la grève des enseignants du secondaire observée les 26 et 27 novembre était légale, toutefois, l'article 6 du code de travail et article 13 de la loi relative à la fonction publique stipulent que le salarié ne doit pas être rémunéré pour un travail non accompli. Il a expliqué que le prélèvement de deux jours de grève n'est autre qu'une mesure juridique obligatoire.
M. Jarray a précisé que, seulement deux commissariats régionaux de l'éducation sur un total de 26 ont commencé les procédures de retenue sur les salaires des enseignants du secondaire, faisant observer que la majorité des prélèvements ne seront effectués qu'à partir de janvier prochain.
Par ailleurs, le ministre a tenu à signaler que la grève ouverte du 8 décembre est illégale.
« Jusqu'à présent, le syndicat n'a pas, officiellement, informé le ministère de l'Education de la grève (il devait le faire avant 10 jours selon la loi), n'a pas fixé la date de la fin de cette grève et n'a pas reçu l'accord de la centrale syndicale », a-t-il souligné.
De plus, M.Jarray a réaffirmé que le gouvernement est disposé à poursuivre les négociations avec la partie syndicale, faisant remarquer que si la grève est maintenue, le ministère sera obligé d'appliquer la loi et œuvrera à garantir le bon déroulement des examens.
«Chantage»
Il semble néanmoins, que ce climat de tension entre le ministère et le syndicat ne produise qu'une seule victime et c'est bien entendu, l'élève.
Un souci partagé par Mme Najiba Guesmi, mère de Hamza, un collégien de 12 ans. Mme Guesmi a exprimé son inquiétude vis-à-vis de la situation actuelle de l'éducation de base.
« Je suis pour la grève, c'est leur droit naturel. Les enseignants fournissent de grands efforts pour l'éducation de nos enfants et la moindre des choses c'est que l'on les laisse jouir librement de cet acquis. Mon seul reproche, cependant, c'est le choix de la date de la grève qui coïncide avec le premier jour de la semaine bloquée. Ils auraient dû reporter la grève après les examens. » Nous indique-t-elle.
«C'est du chaos total, et cela va avoir un impact néfaste sur le cours normal des épreuves nationales. Avec La conjoncture économique actuelle, on ne peut pas se permettre de faire grève. Ce n'est vraiment pas le moment de mettre de la pression et de faire du chantage, surtout que c'est une période sensible pour l'élève qui commence à perdre tout intérêt en ses études lorsqu'il assiste à de telles perturbations. » Ajoute Mme Guesmi.
Notons que la grève est une action collective consistant en une cessation concertée du travail par les salariés d'une entreprise, d'un secteur économique, d'une catégorie professionnelle ou par extension de toute autre personne productive, souvent à l'initiative de syndicats.
Le code de travail indique que l'employeur qui est dans ce cas, le ministère de l'Enseignement, a le droit de prélever les jours de grève du salaire des professeurs. Mais d'un autre côté, une exception pourrait être faite après des négociations avec la partie syndicale.
Rappelons qu'en 2013, un accord avait été conclu entre le ministère et le syndicat pour reporter le prélèvement sur les salaires des professeurs suite à une grève.
Nul ne peut nier que la grève est un droit pour tous les fonctionnaires de l'Etat, les enseignants de ce fait, sont appelés à exercer ce droit quand la situation le dicte.
Toutefois, ce qui est désolant est de voir l'enseignement, ce métier noble qui éduque des générations et qui est la base de l'avenir se transformer en un commerce, un secteur que l'on vend et achète. Un secteur où on atteste des chantages et des surenchères.
Taux de participation de 100%, selon le syndicat
«Le taux de participation à la grève ouverte des enseignants du secondaire a atteint 100%» a déclaré, hier à la TAP, Lassaâd Yaâcoubi, secrétaire général du syndicat de l'enseignement secondaire.
Le responsable syndical a affirmé que cette grève qui coïncide avec le démarrage de la semaine bloquée du premier trimestre de l'année scolaire 2014-2015, a été suivie dans tous les établissements secondaires du pays.


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