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Oublie-t-on qu'en Tunisie l'avortement est un droit ?
Publié dans Le Temps le 20 - 12 - 2014

L'avortement est un droit dont les Tunisiennes sont fières, elles l'exercent depuis 40 ans ! Ce droit leur a permis de prendre en main leur vie en choisissant leur maternité au moment qu'elles jugent le plus favorable. C'est probablement ce que l'on appelle dans cet article(1) « libertinage ». L'auteur en profite aussi au passage pour stigmatiser, diaboliser les féministes, parce qu'elles contestent tout système autoritaire antidémocratique et rétrograde qui rabaisse les femmes, au statut d'êtres de seconde catégorie. Ces femmes (et quelques hommes aussi), tant décriées par certains depuis la révolution, sont des démocrates convaincues du caractère
universel des droits humains dont toutes et tous doivent bénéficier. Elles (ils) ont donné de leur temps et leur énergie pour défendre le droit des femmes à une vie digne et pour l'égalité entre les sexes.
Ce qui donne froid dans le dos à la lecture de cet article, c'est qu'un journal de la place considéré comme sérieux et expérimenté puisse autoriser la publication de telles inepties qu'il est facile de contester par les chiffres :
La Tunisie n'occupe pas la première place dans le nombre d'avortements, mais en Afrique et dans les pays arabes, où l'avortement est illégal ils sont bien plus nombreux et plus souvent mortels car pratiqués dans la clandestinité.
On s'indigne du chiffre de 14000 avortements dans les centres de santé publique, mais ils étaient 20 000 jusqu'en 2000, car seuls les services de santé publique offraient un accès sans risques. Or la Tunisie qui a un taux d'avortement de 8.5% des grossesses, vient loin derrière l'Europe (18 ,5% ) et même l'Afrique (15%). L'article ne dit pas que la Tunisie est aussi au peloton de tête pour la réduction de la mortalité maternelle (46/100.000 naissances alors qu'elle est de 170/100 000 naissances vivantes dans la région MENA), et ce pour les mêmes raisons, qui sont liées à une vision humaniste de la médecine et de l'accès aux soins et le respect des droits universels.
Le monde entier se mobilise pour dénoncer le scandale des morts évitables liées à la maternité. Alors que partout dans le monde on libéralise peu ou prou les lois sur l'avortement, dans le Monde Arabe elles restent extrêmement
restrictives, à l'exception de la Tunisie. En Afrique les décès dus aux avortements clandestins atteignent 36 000/an alors qu'ils sont inférieurs à 60/an en Europe, et en Tunisie ne dépassent pas 6/an. Les avortements sont pratiqués de façon courante dans la région Afrique du Nord/Moyen-Orient. Au Maroc, seul pays de la région ou l'on peux avoir accès à des chiffres, 800 à 1000 avortements seraient pratiqués par jour dont 200 sont à risque, , sans compter les 17.000 enfants abandonnés / an et les infanticides. Dans le reste du monde arabe, dénis et manipulations de données font qu'il n'existe pratiquement aucun chiffre sur les avortements clandestins ou médicalisés.
L'auteur de l'article va jusqu'à critiquer
le droit à la contraception au nom de la religion ! Alors que tous les pays musulmans autorisent depuis des décennies l'utilisation des moyens contraceptifs !
Mais concernant ceux qui prônent le Jihad enikah, cette pratique avilissante pour la femme qui la réduit à un objet de jouissance, leur silence est assourdissant.
Pour finir, partout dans le monde le nombre d'avortement augmente, et c'est plus particulièrement en Afrique et dans les pays arabes où l'interdiction est quasi absolue que les femmes ont recours à l'avortement clandestin, responsable de la mort de tant de femmes démunie (13% de la mortalité maternelle est due aux IVG à risuqe) .Les femmes issues de milieux aisés se font avorter sans risques dans des cliniques privées où exercent des médecins compétents. Ce sont donc les femmes pauvres qui à défaut de recours légal, se soumettent, au péril de leur vie, à des avortements clandestins (en Afrique 29/1000 femmes de 15-44 ans ).
Ce qui est condamnable aujourd'hui dans notre pays, c'est que des prestataires dans certaines structures de la santé publique, probablement influencés par des discours aussi révoltants, bafouant les droits de femmes, obstruent l'accès au droit de l'avortement. Les femmes démunies sont alors obligées de se dépouiller de leurs économies pour avorter dans le privé.
Le seul de ces pays où les femmes de milieux modestes et pauvres sont prises en charge dans le service public est la Tunisie. Et ce sont ces femmes que l'on veut pénaliser, à qui on veut faire payer de leur vie la folie démagogique qui attribue au discours religieux et à la culture ce qu'ils n'ont jamais soutenu.
Selma HAJRI


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