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Deal ou pas deal, ça gronde chez les kinésithérapeutes !
Publié dans Le Temps le 09 - 04 - 2015

Il y a un peu plus de trois ans, apparaissaient en Tunisie les sites d'achat groupé. Parmi les deals régulièrement proposés, les cures minceur réalisées dans les cabinets de kinésithérapie, incluant entre 6 et 12 séances de massages amincissants, de pressothérapie, d'électrothérapie mais aussi de sport ainsi qu'un suivi alimentaire. Ces forfaits ont à chaque fois remporté un réel succès auprès des consommateurs, le nombre d'acheteurs dépassant parfois la centaine de personnes. Le secret de cet engouement ? Des prix défiant toute concurrence, compris entre 60 et 100 DT alors que d'ordinaire, ces cures coûtent entre 350 et 500 DT. Mais dans moins d'une semaine, plus aucun site de deals ne proposera de telles promotions et pour cause ! Nouvellement constitué, le Groupement professionnel des physiothérapeutes de libre pratique en Tunisie (GPPLPT) a décidé de sévir et de faire appliquer la loi interdisant toute forme de publicité aux kinésithérapeutes, à commencer par les deals.
Officiellement créé il y a trois mois, ce groupement professionnel, présidé par Hajer Hafhouf, est actuellement constitué de neuf membres. Il se donne pour mission de défendre les intérêts de ses adhérents, de les représenter auprès des autorités officielles ainsi que la promotion et la modernisation du secteur à tous les niveaux. Pour Fatma Dhrif, chargée de communication du GPPLPT, le secteur de la kinésithérapie passe par une vraie crise et baigne dans l'anarchie totale. Pourtant, une chambre syndicale a été créée en 2007 pour oeuvrer à sa restructuration mais n'a eu aucune action constructive dans ce sens. D'où l'idée de créer le Groupement professionnel des physiothérapeutes de libre pratique en Tunisie pour tenter de remédier à cette situation. Aussitôt élu, le bureau exécutif s'est attaqué au dossier des deals et aux cabinets de kinésithérapie qui proposent des cures minceur à prix cassés au détriment des concurrents qui n'adhérent pas forcément à de telles pratiques. Pour Mohamed Djobbi, premier vice-président du groupement, il est grand temps que la loi soit appliquée et notamment l'article 10 du cahier des charges régissant le secteur de la physiothérapie de libre pratique. Il y est stipulé que toute publicité à caractère commercial est strictement interdite sauf dispositions contraires prévues par les textes déterminant les conditions spécifiques d'exercice à cette profession. A ce titre, les kinésithérapeutes ne peuvent accrocher d'enseigne murale pour indiquer leur cabinet. Au mieux, ils peuvent placer une plaque indiquant leurs coordonnées et profession. Toutefois, l'article 10 précise que les indications dont les modalités sont fixées par arrêté du ministre de la Santé publique et permettant l'identification et la localisation de l'établissement ou encore l'annonce par voie de presse deux fois consécutives de l'ouverture, du transfert ou de la fermeture de l'établissement ne sont pas considérées comme publicité.
Qu'en est-il des deals ?
Si les deals ne sont aucunement mentionnés dans le cahier de charges, il est toutefois possible de le considérer comme une forme de publicité et c'est justement sur ce flou législatif que s'appuient les membres du GPPLPT pour essayer de supprimer ces promotions qui sont, d'après eux, nuisibles à tout le secteur et très souvent synonyme de travail bâclé voire d'arnaque. Mohamed Djobbi s'étonne même de la profusion de ces cures amincissantes, relevant du bien-être, alors qu'il estime que l'activité principale d'un physiothérapeute est la rééducation aussi bien musculosquelettique, que neuromusculaire ou respiratoire. Quant à l'amincissement, il n'a jamais été d'après lui une spécialité inhérente aux kinésithérapeutes. Il ajoute que lors du cursus d'apprentissage de leur métier, les étudiants apprennent certes quelques techniques de massage amincissant et acquièrent des notions de nutrition mais cela ne fait pas d'eux des experts en la matière au point d'en faire leur principale source de revenus. Quant à Eya Derbel, membre du GPPLPT, elle estime que ces deals, ne générant réellement aucun bénéfice matériel pour les professionnels, ne font que rabaisser le métier de physiothérapeute et ne peuvent en aucun cas fidéliser la clientèle.
Des débuts difficiles
Les membres du Groupement professionnel des physiothérapeutes de libre pratique en Tunisie se disent intransigeants quant à l'application de la loi au grand dam des nombreux kinésithérapeutes qui usent et parfois abusent des deals pour s'attirer une plus grande clientèle. Ils menacent même tous les contrevenants de sanctions, selon les textes législatifs et réglementaires en vigueur, allant jusqu'à la fermeture de leurs cabinets. Aycha Ellili est une jeune physiothérapeute qui a récemment ouvert son propre cabinet de kinésithérapie et rééducation. Pour se faire, elle a dû contracter un prêt et s'endetter pour de longues années. Même si elle adore son métier, elle avoue crouler sous le poids des charges fixes et autres taxes, ce qui l'a poussée à opter pour les deals pour se constituer une clientèle et s'assurer une rentrée d'argent correcte. C'est le cas d'après elle de tous ses autres collègues qui viennent de s'installer à leur propre compte. Aycha déplore que le GPPLPT se soit attaqué en premier aux deals alors qu'il aurait mieux valu, d'après elle, négocier avec la CNAM un meilleur remboursement des séances de rééducation ainsi qu'au surnombre des kinésithérapeutes dans un même périmètre. Elle déclare: « En tant que physiothérapeute, je n'ai pas le droit de faire de la publicité pour mon cabinet. En parallèle, la CNAM rechigne de plus en plus à prendre en charge les séances de rééducation et oriente de plus en plus les patients vers les médecins physiques. De plus, il arrive parfois qu'un même immeuble abrite deux voire trois cabinets de kinésithérapie. Comment voulez-vous qu'on subsiste dans ces conditions et qu'on ne mette pas la clé sous la porte dès la première année ? Les deals sont une bouffée d'air frais qui nous permet de respirer et de couvrir, au moins, nos frais mensuels. En ces temps de crise, il serait suicidaire de proposer des cures d'amincissement à 300 voire 500 DT. Chaque millime compte désormais et personne n'irait débourser une telle somme pour maigrir. Je reproche aussi au GPPLPT ses décisions unilatérales, prises sans la concertation des autres professionnels du métier.»
Poule aux oeufs d'or
Afin de régler l'affaire à l'amiable, le Groupement professionnel des physiothérapeutes de libre pratique en Tunisie a contacté tous les sites d'achat groupé, exposant le problème aux responsables et expliquant que les deals minceur étaient contraires à la loi. Selon les membres du GPPLPT, tous les sites ont répondu favorablement à leur requête et décidé de supprimer les cures d'amincissement dès la semaine prochaine. Ce créneau constitue pourtant une vraie mine d'argent pour eux, vu le succès des forfaits d'amaigrissement à prix bradés auprès des clients. Les responsables des sites d'achat tiendront-ils parole en renonçant définitivement à cette poule aux oeufs d'or ou bien succomberont-ils à la tentation du gain et proposeront encore des cures minceur, au risque de s'exposer à des poursuites judiciaires et autres tracas ? Difficile de répondre tant les enjeux économiques et surtout le manque à gagner en cas de suppression de ces deals si importants.


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