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Patrimoine: Sidi Aîch livre ses secrets sur l'art néolithique du Sud-ouest
Publié dans Le Temps le 19 - 04 - 2015

Sidi Aîch, ce village promu récemment au devant de la scène médiatique comme un lieu de rencontre du terrorisme est en fait un lieu de culture et d'art préhistorique et antique très ancien et dont notre mémoire retient les éléments encore vivants.
Sidi Aîch, situé à une trentaine de kilomètres au nord de Gafsa et niché au centre de collines riches en pierres marbrées et autres matériaux recherchés, est un village paisible. Il n'a jamais été terroriste, mais il n'a jamais refusé de dire violemment non à la politique coloniale répressive au début des années 50 du siècle dernier, quand il a été au centre de la lutte de libération nationale de la région de Gafsa et les nombreux martyrs qui y sont tomés sont la preuve du patriotisme de cette région.
Sidi Aïch est un lieu enraciné dans l'histoire ancienne de la région de Gafsa. Les témoins archéologiques de la période romaine y sont nombreux. Les deux mausolées romains, comme les restes de son atelier de civilisation romaine dans la région.
Sidi Aïch est aussi un lieu de culture et d'art qui remonte très loin dans notre passé préhistorique. L'art qui a été découvert récemment dans la région est très significatif. Les documents découverts sont encore inédits. Nous relatons ces nouvelles découvertes.
Les vestiges préhistoriques découverts par deux jeunes chercheurs archéologues Mondher Brahmi (responsable de l'INP à Gafsa) et Mohamed Saïdi (doctorant en préhistoire) l'ont été suite à une mission de prospection menée en 2014 dans la région.
Cette mission a abouti à la mise en évidence de vestiges importants tant du point de vue iconographique que du point de vue des datations, ainsi que de leur signification stylistique et peut être même pour leur implication régionale et continentale.
Des vestiges romains
Cette région connue surtout pour ses vestiges romains s'avère être très riche en vestiges plus vieux encore et plus enracinés que ceux de la période antique.
Il s'agit, et la découverte est de taille, des survivances d'œuvres appartenant à notre patrimoine préhistorique qui a été pendant longtemps négligé, méconnu, voire même sous-estimé en restant caché dans les flancs de montagne ou dans ses collines rocailleuses de la région.
L'art préhistorique découvert par nos deux jeunes chercheurs est constitué d'un site important de notre patrimoine préhistorique. Il est composé, en plus des escargotières déjà identifiées depuis longtemps, de plusieurs traces picturales marquées à l'ocre rouge et de gravures monumentales sous abri inédites jusqu'à nos jours.
Mondher Brahmi et Mohamed Saïdi ont eu la chance de découvrir cette peinture ocre rouge qui nous rappelle celle préhistorique des collines de Souar (el Fahs) non loin de la route Fahs-Kairouan.
Les représentations en ocre-rouge nous font deviner les silhouettes humaines ou celles d'animaux comme les bovins ou des autruches. Cet art est probablement d'ordre néolithique.
L'autre découverte, et non des moindres, est celle de gravures incisées sur des parois d'abri. Les incisions ou gravures sont profondes et régulières. Elles enserrent d'une manière franche, non hésitante et continue, les volumes et disent la monumentalité d'éléphants en mouvement. La saisie graphique du mouvement est évidente. Le naturalisme n'est pas loin. Les éléphants adultes trainent en queue leu-leu les jeunes et forment ainsi un troupeau queues et trompes bien reliées. Le spectacle est réellement impressionnant d'un troupeau d'éléphants nord-africains trapus et forts. S'agit-il d'éléphants encore sauvages ou de ces éléphants apprivoisés qui vont servir d'infanterie lourde d'Hannibal. On ne sait ! Les interprétations manquent, mais elles restent possibles... Ces découvertes confirment déjà celles fortuites, faites par Moussa Tababi à Douken Jefara (région de Redeyef) en 2012. Les gravures, au nombre de 90, incisées sur les collines de Douken Jefara sont parfondes et continues et représentent des formes humaines dont des chamans, des bovins, des chèvres, d'un chien et même d'autruche. Elles ressemblent, en première analyse, à celles de Sidi Aïch. S'agit-il de la même période, du même style et de la même culture néolithique ? L'étude et la recherche devraient en principe le confirmer ou l'infirmer. Des prémices sérieuses commencent à être relevées.
D'autres découvertes
D'autres découvertes faites par le même Tababi à Aïn el karma en 2013 du côté de Tamerza sont probablement de la même veine. Les découvertes de l'époque coloniale faites par Roux au Jebel Bliji, ainsi que celles plus récentes prouvent que la série de découvertes n'est plus isolée et commence à être significative.
Il est évident que le Sud-ouest tunisien, et plus particulièrement la région de Gafsa, renferme des traces de plus en plus explicites d'un art non seulement Capsien, mais aussi purement néolithique.
Nous sommes presque sûrs que d'autres témoignages existent aussi bien en Tunisie qu'en Algérie et même au-delà. Les frontières n'existaient pas alors. Cette trainée d'art parcouraît certainement une trajectoire allant du Sud tunisien, passant par le Sud-ouest algérien (style tazinien), pour aboutir au Sud du Maroc, ou vice versa. Une sorte de croissant fertile de l'art néolithique nord-africain qui avait à l'époque un lien évident avec celui du Sahara et même avec le Fezzan. Seules les recherches peuvent nous permettre d'aboutir à des conclusions tranchées. Jusqu'aujourd'hui ces recherches ne sont même pas entamées, aucune initiative nationale ou maghrébine n'est prise pour développer des études allant dans le sens de la connaissance de notre patrimoine préhistorique.
Où sont les centres de recherche sur la préhistoire, dont la création a été promise par le président actuel de l'université de Gafsa ? Quand verrons-nous, au moins, un travail commun entre l'Algérie et la Tunisie se faire au niveau de la préhistoire et peut être érigé des unités muséales de part et d'autre de la frontière pour sauvegarder tous les vestiges qui ne manqueront pas d'être découverts.
Toutes ces questions, sans réponses aujourd'hui, trouveront certainement un écho favorable auprès des générations futures. Espérons qu'elles ne tarderont pas trop longtemps pour le faire. Les découvertes faites à Sidi Aîch et ailleurs et leurs mise en valeur, seront les meilleurs moyens pour signifier au terrorisme que la terre de notre région, de notre pays, n'est pas la leur !!!


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