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Art brut et singulier
Publié dans Le Temps le 29 - 05 - 2015

A vrai dire, l'homme ne fait pas partie des artistes connus dans la sphère des arts plastiques en Tunisie qui sont confirmés dans leur carrière et jouissent déjà d'une certaine notoriété, car il a préféré travailler dans la discrétion totale depuis son enfance, lorsqu'il faisait accompagner les fables de Jean de la Fontaine par des illustrations dans son cahier d'écolier, et il a persévéré dans cette activité sans trêve.
C'était son violon d'Ingres, lui, dont les études le destinaient au métier d'électricité, jusqu'au jour où il s'aperçut entouré par des centaines de toiles déjà achevées, de dessins et d'esquisses, sur tous les sujets, encombrant toutes les chambres de sa demeure. Et dire que Si Mohamed conserve jusqu'aujourd'hui les tous premiers ouvrages qu'il a exécutés dans sa jeunesse. C'est que sa passion pour l'art est certaine et inébranlable, sans pour autant avoir fait des études académiques en la matière, sauf que Si Mohamed avait durant toute sa vie côtoyé les artistes et les a fréquentés dans leurs différentes expositions.
Mohamed Belhedi Chérif incarne en quelque sorte l'art brut, cet art que Jean Dubuffet inventait en 1945 pour désigner les productions de personnes exemptes de culture artistique. En effet, l'art brut regroupe des réalisations picturales provenant des non-professionnels de l'art, indemnes de culture artistique, œuvrant en dehors des normes esthétiques convenues. C'est donc un art spontané, œuvrant en dehors des normes esthétiques convenues et se détachant généralement de l'art classique ou de l'art à la mode. Le peintre de l'art brut agit donc selon ses délires et ses impulsions, ses égarements et son enthousiasme. Tel le cas de notre artiste septuagénaire qui a daigné enfin d'organiser sa première exposition personnelle, dans sa propre demeure, aménagée pour la circonstance et transformée en une grande galerie d'art où toutes les chambres, au premier comme au second étage, l'entrée de la maison et les allées du jardin, ont eu les honneurs de la cimaise où s'accrochent les plus belles œuvres plastiques de Si Mohamed.
L'approche adoptée par Si Mohamed est à vrai dire dénuée de toutes les règles déterminées et fixées par les grands théoriciens et académiciens des différents courants artistiques dans le monde. Qu'à cela ne tienne ! Certains travaux sont comparables esthétiquement à ceux réalisés par d'autres artistes chevronnés de chez nous. En effet, sa passion et sa sensibilité nous proposent dans cette première exposition, qui n'a que trop tardé, une gamme de plus de 300 travaux , aux formats différents, abordant maints sujets et touchant aux rêves, aux fantasmes, mais aussi relatant les choses de la vie quotidienne et présentant une grande variété chromatique qui dénote une manière très personnelle de s'exprimer, une nette sensibilité et une imagination créatrice exubérante et démesurée. En costume traditionnel (Jebba et Chachia), Si Mohamed recevait ce jour-là les invités et les visiteurs qui sont venus nombreux pour découvrir les trésors enfin déterrés de ce grand artiste autodidacte, qui est également féru de musique classique, de poésie et passe pour un grand collectionneur de vieux objets. Les artistes qui se trouvaient sur les lieux ont manifesté leur satisfaction quant à l'œuvre de Si Mohamed. L'artiste-peintre Brahim Azzabi, entre autres, a donné son avis en ces termes : « En peinture, on peut classer Mohamed Chérif dans le courant de l'Art brut, puisque dans les centaines de dessins et de peinture qu'on a eu le plaisir de voir, c'est une expression qui domine et qui est la plus significative, il tient à exprimer sans contraintes, les idées et les sentiments profonds qui touchent à l'humain... » Un parcours artistique très riche, tracé par Si Mohamed, marqué par des créations nombreuses émanant du cœur et reposant sur la liberté personnelle et découlant d'une certaine vision du monde et des choses. Commentant ses œuvres, Mohamed Chérif nous a confié : « A vrai dire, c'est une création impulsive, souvent sous l'impression du moment. Je dessine ce que je vois, ce que je ressens à ma manière et selon mes fantasmes. L'inspiration est tantôt ponctuelle, tantôt sporadique. L'essentiel est de faire émerger cette sensibilité ou cette idée qui me hantent le cœur et l'esprit ! Je garde tous les travaux que j'ai réalisés depuis des années de manière spontanée et en dehors de toutes contraintes. Le processus créatif se déclenche parfois imprévisiblement. Je ne peignais pas dans l'intention de vendre mes tableaux ! »
Ainsi, Mohamed Belhedi Chérif entre dans le monde de l'art par la grande porte. Nous lui souhaitons une bonne continuation et espérons le voir bientôt exposer ses œuvres dans les différentes galeries du pays !


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