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«5 ans, l'espérance de vie du gouvernement Essid»
Publié dans Le Temps le 03 - 07 - 2015

Calme, modeste, ouvert comme tous les scientifiques de formation, même s'il n'emballerait pas les foules par un grand art oratoire, Imed Hammami mûrit ses idées et peut aller très loin au sein d'Ennahdha si et seulement si, on autorise le passage générationnel du témoin. Détails.
Le Temps : Quatre ans après le 17 décembre 2010 – 14 janvier 2011, comment trouvez-vous la Tunisie ?
Imed Hammami : La Tunisie est belle, magnifique, agréable à vivre et pionnière. C'est le seul pays arabe où des élections libres sont organisées sous l'égide d'une instance indépendante. Le peuple est maître de son destin. Sa vie politique est régie par une Constitution, parmi les meilleures dans le monde. Un peuple libre, des jeunes ambitieux. Par ailleurs, nous cherchons encore notre équilibre et comment résoudre nos difficultés socio-économiques.
Un peuple uni contre le terrorisme avec une vision moderne, modérée à coloration méditerranéenne.
En outre, les organisations nationales sont en train de jouer leur rôle avec un sens aigu des responsabilités.
La société civile gagne de plus en plus de maturité et prend sa place sur la scène nationale... Et l'image de la Tunisie à l'étranger demeure attirante des touristes comme des investisseurs. Ceci ne peut que redoubler la responsabilité de la classe politique, au pouvoir ou non, pour qu'elle accélère les réformes nécessaires et mette en place les plans et mesures de nature à solutionner les problèmes structurels et socio-économiques qui étaient derrière le déclenchement du 17 décembre 2010 – 14 janvier 2011.
Là, les premiers dossiers à traiter sont le chômage, les disparités régionales, l'absence de décentralisation et du développement, l'endettement, la corruption, l'économie parallèle, l'évasion fiscale...
Sur le plan politique, comment se présente la situation actuelle ?
Politiquement, nous avons réalisé quelque chose de très important : les élections et l'alternance pacifique au pouvoir. Toutefois, ce qui reste à faire est beaucoup plus décisif que ce qui a été réalisé. Il s'agit de parachever le régime républicain et qui nous permettra de départager le pouvoir et empêcher le retour de la dictature.
En effet, le régime républicain fonctionne à ce jour d'une manière qu'on ne peut taxer que de transitionnelle, en l'absence d'un Conseil supérieur de la magistrature, de la Cour constitutionnelle, de quatre parmi cinq des institutions constitutionnelles indépendantes et, surtout, du pouvoir local avec les bienfaits de la décentralisation et de la démocratie de proximité.
Ceci exige que les intérêts de la patrie passent avant ceux des partis et que le sens du consensus prévale sur les dissensions et les jeux de rapports de forces et de tiraillements.
Parlons modèle de développement. Vous attendez-vous à des changements ?
Oui, mais, à moyen terme, car nous avons d'autres priorités pressantes.
Si rien de sérieux n'a été fait au profit des catégories démunies alors que les autres couches sociales ont les syndicats pour les défendre, que faire aujourd'hui ?
Il faut accélérer les élections locales et régionales et réviser les lois concernant la fiscalité locale, la finance locale et le budget local. Ce qui donnera la main aux Conseils locaux élus, pour assurer les intérêts locaux, stipulés par le chapitre 7 de la Constitution du 27 janvier 2014 consacré au chômage, aux besoins vitaux des catégories démunies, à l'investissement dans les régions intérieures et à l'économie solidaire.
Etes-vous favorable à un dialogue social pour arrêter l'hémorragie des finances de l'Etat ?
S'il réussit à arrêter, la dite hémorragie des finances de l'Etat, c'est O.K.
Si on va en faire un marathon pour la surenchère, laissons le gouvernement, en collaboration avec l'ARP et les partenaires sociaux, assumer leur responsabilité.
Revenons à la classe politique, inaudible depuis les élections de 2014. Croyez-vous que les partis politiques sont en train de jouer, pleinement, leur rôle dans l'encadrement de la société et la formation des leaders de demain ? Comment et pourquoi ?
Pas suffisamment. C'est un problème international d'une part, et de l'autre, 90% de partis politiques en Tunisie n'ont pas atteint l'âge de 4 ans.
On cherche encore la finalisation du paysage politique... qui prendra au moins une décennie avant d'aboutir, au final, à une dizaine de partis représentant les différents courants de pensées qui ont des racines et des bases dans la société.
Pensez-vous que le pays souffre d'un manque de leaders charismatiques ?
Oui. Nous avons actuellement deux leaders, à savoir Béji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi qui ont très bien contribué à mener le pays vers la stabilité et le règlement des différends par le dialogue et le consensus. Par ailleurs, après la célèbre rencontre de Paris, le Quartet a pu intervenir efficacement et aider les partis présents à trouver la voie idéale pour aboutir à un modèle tunisien dans la transition démocratique, devenu un exemple à suivre. Il ne faut pas oublier le rôle limité dans le temps, mais déterminant de M. Mustapha Ben Jaâfar, le 6 août 2013, au poste de président de l'ANC.
Votre parti, en plein dans le projet de création d'un parti de conservateurs et donc, de Droite, sans les personnalités qui appelaient les jeunes au Jihad en Syrie, où en est-il dans ce projet attendu par vos partenaires laïcs ? Qu'en est-il de sa restructuration ? A quand son prochain congrès ? Pourquoi les reports répétés de sa date. Comment s'en sortira Ennahdha ?
Le prochain congrès est en cours de préparation pour une date qui ne dépend que des aspects logistiques. Il aura lieu avant la fin de l'année dans tous les cas de figure.
Je suis certain que Ennahdha en sortira plus unie et plus forte pour assumer davantage ses responsabilités nationale et être au service des Tunisiens.
Côté structurel, c'est le congrès qui en décidera. Il n'y a aucune divergence à propos de la présidence. Pour les autres postes, des élections libres en décideront, sans exclure le consensus. Quant aux orientations stratégiques, nous irons appuyer l'aspect civil, démocratique, modernité et surtout, chose capitale, l'attachement à l'identité tunisienne d'Ennahdha.
Quelles seront vos prochaines alliances, après le congrès ?
C'est le congrès qui en décidera. Nous avons l'expérience de la Troïka avec ses succès et échecs. Nous sommes actuellement en partenariat gouvernemental qui évolue vers une alliance, voire durable et pourquoi pas, stratégique.
Quel bilan faites-vous de l'action du Front populaire après les dernières élections ? A-t-il su capitaliser la sympathie gagnée, quoique relative, lors des législatives et de la présidentielle ?
Nous espérons bien que le Front populaire rejoigne le partenariat au Gouvernement et compose avec nous, comme ça été le 18 octobre. Ceci ne fera que du bien pour la Tunisie et les Tunisiens. Ceci ne nous empêche pas de respecter leur choix et de les considérer comme partenaires politiques.
Etes-vous optimiste pour la situation du pays à court et moyen termes ?
Je le suis comme toujours. Ce n'est pas une position subjective, mais la résultante du fait que noter pays est admirable, dans son histoire, dans son modèle d'Etat moderne bâti depuis l'indépendance, dans sa Révolution, sa transition démocratique et, surtout, l'intelligence du peuple tunisien.
Quelle est votre appréciation de l'action du gouvernement Essid ?
Une amélioration est perceptible, malgré les difficultés depuis le 1er jour. Il est appelé à poursuivre dans cette courbe ascendante, mais avec plus de vitesse et davantage de solutions concrètes.
Un remaniement ministériel est-il nécessaire ?
Cela revient à M. Habib Essid de le décider.
Qu'en est-il du ministre des Affaires étrangères ? Doit-il rester ou partir ?
Pour le rendement, une amélioration est nécessaire. Je ne vois pas que cinq mois, soit une période suffisante pour juger au point de dire que M. Taïeb Baccouche doit partir.
Certains disent qu'Ennahdha et, surtout, le discours de Rached Ghannouchi, sont en train d'évoluer, alors que d'autres disent le contraire et que le double langage habituel chez les Islamistes ? Et... vous ?
En réalité, il s'agit d'une amélioration de la communication d'Ennahdha et de son président avec les médias et l'opinion publique. N'oublions qu'Ennahdha, a connu 23 ans d'exclusion et de dénigrement par le dictateur.
Je suis garant qu'Ennahdha de plus en plus proche des Tunisiens, acceptée et gagnera de plus en plus de sympathisants. L'évolution du discours est honnête et sincère. C'est une évolution de fond et non des positions d'apparence.
En quelques mots, que pensez-vous des personnalités et partis suivants :
... Béji Caïd Essebsi
Un leader, un diplomate et patriote.
... Mehdi Jomaâ
Un technocrate, jeune, ouvert.
... Nida Tounès
Partenaire principal.
... Samir Taïeb
Il fournit des efforts pour avoir un nouveau Massar, à son image.
... Yacine Brahim
Il a réussit en tant que chef de parti. Au gouvernement, ça ne va pas encore.
... Al Massar
Gauche modérée, avec des sympathisants respectables.
... Samir Dilou
Confrère, ouvert et compétent.
... Zied Lakhdhar
Je le respecte. Ce n'est pas facile de succéder au martyr Chokri Belaïd.
... Mohamed Jemour
Compétence et droiture.
... Hamma Hammami
Leader du Front populaire.
... Mohsen Marzouk
Dynamique.
... Slim Riahi
Energique.
... Radhia Nasraoui
Militante.
Quelle est l'espérance de vie du Gouvernement Essid ?
5 ans, mandat complet, cela n'empêche, les aménagements partiels et la rectification du tir, lorsque le cas se présente.
Propos recueillis par


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