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Crise de Nida Tounès Le malheur des uns... fait le bonheur des autres !
Publié dans Le Temps le 04 - 11 - 2015

La tempête Nida Tounès était plus qu'attendue parce que tout y converge !
D'abord, parce que dès le départ et afin d'éviter le harcèlement de l'opposition minoritaire appuyée discrètement par Ennahdha qui opère comme toujours tout en douceur, sur le fameux « Ettaghaouel » ou l'hégémonie et qui aurait pu frappé le Nida vainqueur de toutes les élections présidentielle et législatives, M. Béji Caïed Essebsi, au four et au moulin, a opté pour un gouvernement de « neutralité » positive. Du coup on a fait prévaloir la candidature presque parfaite de M. Habib Essid, à la tête de la Kasbah, connu pour ses qualités d'intégrité, de bosseur, discpliné, et surtout ayant fait ses armes dans les régions, l'agriculture et l'Intérieur.
On est quand même passé par une voie presque unique dans le monde politique : Le parti vainqueur règne mais ne gouverne pas ! Nidaa Tounès et une partie de ses cadres et élites se sont trouvés hors jeux et hors circuits. La décision d'orientation politique et économique ne leur appartient plus alors qu'ils étaient comptabilisés sur toutes les insuffisances de l'étape. En dehors de M. Taïeb Baccouche, ministre des Affaires étrangères, et encore, vu que le partage constitutionnel des prérogatives de l'Exécutif, le met de fait sous la tutelle du Président de la République véritable patron des orientations et de la politique diplomatique, le Nidaa n'a eu que des miettes comparé à l'orthodoxie politique mondiale. A titre d'exemple, peut-on voir M. Erdogan, qui vient de balayer la scène politique turque en long et en large, en remettant à son parti islamiste, pourtant très contesté, la possession de la majorité absolue au Parlement , former un gouvernement de « neutralité » !
Allons donc ! Aucun « chat » au monde politique, ne chasse pour le bon Dieu, et le propre de la chose politique, et son essence même, c'est l'exercice du pouvoir !
C'est de là et non, de ce que beaucoup considèrent à tort, l'incompatibilité des « familles » idéologiques au sein de Nidaa Tounès, que les fissures sont devenues béantes. Pour preuve, la diversité idéologique ne l'est qu'en apparence parce que le « bourguibisme » moderniste et le référentiel héritage du leader syndical Farhat Hached sur le plan social, ainsi que celui du Cheikh Fadhel Ben Achour au niveau identitaire et culturel sont partagés très largement par l'aile gauche syndicaliste, l'aile droite destourienne et le centre des indépendants à Nidaa Tounès.
Tout ce qu'on raconte sur les divergences idéologiques est totalement faux, à Nidaa Tounès, parce que le « Bourguibisme » lui-même intègre la dimension sociale de Farhat Hached et de l'UGTT ainsi que la dimension identitaire zeitounienne éclairée du Cheikh El Allema El Fadhel Ben Achour et tous ses pairs de la grande mosquée.
Les divergences sont plutôt entre ceux qui veulent que le parti « gouverne » et ceux qui acceptent, l'étape « présidentielle » du consensus avec Ennahdha, et le soutien au gouvernement Essid en attendant de voir plus clair d'ici 2019-2020 !
Mais entre-temps, « tout se transforme », comme le disait si bien le Sieur Lavoisier, car la politique a sa propre dynamique qui peut donner « l'imprévisible » ! En effet, la persistance de la crise sociale avec la mobilisation intensive et excessive des syndicats, la fragilité sécuritaire (pour preuve le Bardo et l'Impérial de Sousse) et l'économie qui peine à se relancer vers la croissance, ont pesé sur les équilibres politiques et la sphère du pouvoir.
Le malheur des uns fait souvent (en terre arabe et musulmane) le bonheur des autres, et la stabilisation réussie quand même par M. Habib Essid, le Premier ministre, sa persévérance et sa grande patience ont changé la donne. Petit à petit, le centre de gravité décisionnel, s'est décalé d'un cran en sa faveur ! Il a fallu quand même ajouter les ingrédients d'une petite sauce appliquée, et qui consistait à avoir au moins le soutien passablement positif de l'UGTT qui a été comblée sur le public et aura d'autres conquêtes sur le privé, ainsi que le soutien « franc » mais bien calculé et bien dosé de la Centrale islamiste Ennahdha et voilà la percée du Premier ministre qui n'est plus qu'un choix « provisoire » de Nidaa Tounès, mais partie intégrante de l'équation à l'horizon 2020 !
Par ailleurs, nous vivons aussi une possible remise à niveau d'Ennahdha, qui contemple les nuages de Nidaa Tounès avec le regard de Haroun Errachid, l'Empereur Abasside qui s'exclamait : « Oh, nuages, pleuvez où vous voulez... La récolte sera mienne »... (Amtiri haythou chiiti... fa inna kharajouki li !).
Le Cheikh Rached El Ghannouchi ne doit pas être très malheureux en ce moment, sa patience aussi aura été payante et il profite largement comme dans les sports, des erreurs de l'adversaire « allié » d'une saison... mais chacun pour soi, quand il s'agit de gouverner.
Enfin, quid... du Front populaire ! Peut-il se positionner comme une force d'alternance crédible au couple souvent désuni islamo-nidaïste ?
A mon humble avis, aucune chance pour le moment !
Je m'explique. Pour devenir cette force de relève du pouvoir crédible, il faut que le Front populaire opère de la véritable et bonne chirurgie absolument indispensable sur son idéologie déclassée qui remonte au premier quart du 20ème siècle et qui a été abandonnée par ses propres promoteurs, les Russes et les Chinois. Il faut qu'il devienne l'équivalent du Parti travailliste britannique, le SPD allemand, ou le Parti socialiste français, transformé par François Mitterrand qui a absorbé le PSU de Michel Rocard et Lionel Jospin, ainsi que le Parti communiste français, pourtant très présent dans la vie politique française depuis la Révolution russe de 1917.
Il faut aussi qu'il rassure les classes moyennes, la petite bourgeoisie nationale, les promoteurs économiques, les investisseurs locaux et étrangers, les agriculteurs... ça fait, quand même, beaucoup trop de monde, car toutes ces catégories sociales sont attachées à la liberté d'entreprendre, du commerce , de l'industrie et du capital, aussi petit soit-il.
Elles redoutent la collectivisation vécue du temps de Ben Salah des années 60, les dérives de l'Etat providence, l'Etat entrepreneur, commerçant et agriculteur.
Elles ont peur de l'expropriation abusive ( au nom de l'intérêt général... qui s'avère toujours intérêt particulier).
Enfin, elles ont peur de cette arme à double tranchant, la fiscalité excessive et l'impôt exagéré qui est destructeur de l'initiative économique.
Ces masses « centristes » sont plutôt attirées par le Nidaa Tounès « bourguibien » ou Ennahdha islamiste modérée, à condition d'être débarrassée de la contrainte religieuse et de la politisation excessive de l'Islam qui peut engendrer le terrorisme.
Par conséquent, le Front populaire est encore très loin de s'enthousiasmer pour cette « Révolution culturelle » nécessaire qui pourrait lui ouvrir, comme on dit, le chemin de « Damas » ou plutôt celui de Carthage et de la Kasbah ! Nos amis du « Front » sont têtus !
Et dire qu'Henri de Navarre, futur Roi de France, a donné la recette magique : « Paris vaut bien une messe » !
C'était en 1594, date de son sacre à Paris, sous le nom d'Henri IV après avoir abandonné et abjuré sa première idéologie religieuse le protestantisme !


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