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L'anthropologie à la rescousse: la préhistoire et le design?
Publié dans Le Temps le 16 - 06 - 2016

Cette recherche de confort, du bien être semble avoir été une préoccupation constante des hommes depuis l'aube des temps et de celui des temps historiques et les grandes civilisations jusqu'à la révolution industrielle du 19ème siècle où cette mission était confiée de plus en plus aux architectes ,artistes et autres spécialistes et experts pour finir par solliciter enfin les designers .
Mais alors comment procédaient les hommes avant les temps historiques ? La réponse est à trouver peut être du côté de l'ontologie et de l'anthropologie ?
A ces questions, plusieurs réponses ont été élaborées les unes ont été souvent idéalistes, utopiques, métaphysiques ou religieuses d'autres sont plus positivistes ou même matérialistes.
Celle qui nous a parue la plus équilibrée est celle développée par le professeur André Leroi Gourhan dans son livre « le geste et la parole »: technique et langage « édition Albin Michel Paris 1964. »
Dans ce livre, André Leroi Gourhan pense que la construction progressive (plusieurs milliers d'années) d'un univers fortement humanisé est devenue un acquis irréversible depuis l'avènement de l'homo-sapiens, de l'homme moderne que nous sommes, dont la capacité nouvelle a été :
1/de saisir le monde extérieur par l'utilisation de symboles, de signes, de graphismes, de couleurs qui après avoir été abstraits sont devenus de plus en plus figuratifs jusqu'à atteindre un réalisme étonnant Il y a de cela 25 a 30 mille ans a.j.c (exemple les grottes de Lascaux et d'Altamira) .Cette saisie artistique du monde a été de l'ordre de savoir et de l'appréhension symbolique de tout ce qui est extérieur à l'homme (surtout les animaux).
2/Le deuxième mode de saisie du monde, par l'homme a été celui de la saisie matérielle du milieu qui l'entoure (outils, habit, armes, abris, et tous les moyens de production ...) qui lui permettent de maîtriser son environnement, de le domestiquer et de l'adapter à ses besoins.
La production de l'homme moderne, cette pratique, ce faire (ce design préhistorique) si on ose dire ont été obtenus progressivement comme action de la main sur la nature pour la soumettre et la mettre à sa disposition.
Le développement conjoint de deux modes d'appréhensions (savoir et faire) du monde dessinera les contours du développement économique et technique de l'homme de la préhistoire jusqu'à nos jours.
Ce développent est redevable au rapport qu'entretient le cerveau de l'homme à la main de l'homme et ensuite au substitut de la main (machines, énergie...) dans la production. Dès le début de l'homme moderne la réflexion, le savoir de l'homme ont été liés à la pratique et au faire. L'homme se serait fabriqué pour ainsi dire lui-même à force de sa main et à l'ombre de sa pensée, de son savoir symbolique et conceptuel.
André Leroi Gourhan pense que l'émergence de la pensée réfléchie et du savoir, s'est faite à travers la libération et l'accumulation des actions de la main. L'équilibre matériel technique et économique peut connaître des perturbations, des transformations perceptibles immédiatement au niveau du spirituel et du savoir.
Les ruptures d'équilibre à la fin des longues périodes du paléolithique et le passage de celui-ci au néolithique ne concernerait en définitive que les transformations liés à celles de l'industrie lithique.
La véritable rupture sera effectuée cependant avec le passage des sociétés néolithiques à la civilisation agro-pastorale qui a duré entre 9000 et 5000 ans A.J.C et qui n'a pas manqué d'avoir des répercutions économiques, urbaines, techniques et artistiques. (céramique, métallurgie, architecture, organisation des villes, artisanat) se sont développés et vont continuer à le faire pendant la période protohistorique, historique et jusqu'au 19eme siècle c'est-à-dire jusqu'à la révolution industrielle.
La Révolution industrielle et l'apparition du design moderne
Jusque là, André Leroi Gourhan nous a appris que l'action de la main a opéré dans un rapport dialectique avec la pensée, avec la réflexion pour agir sur le monde. Le Savoir et le faire sont liés l'un à l'autre et se nourrissent l'un de l'autre. Le mérite d'André Leroi Gourhan est d'avoir établi que l'anthropologie matérialiste a été à même de développer une méthodologie qui a été capable de démontrer le lien qui fonde cette vérité : que la production humaine, dans le design, institue le lien indestructible entre en savoir et le faire, entre théorie et travail.
L'action de la main sur la nature va aboutir à une transformation importante : l'irruption de la mécanisation dans le processus de la production du transport, de la construction ...
Selon toute hypothèse, les origines du design remontent à la révolution industrielle et à la naissance de la production mécanisée.
Avec cette Révolution les objets ont cessé d'être fabriqués manuellement et ont même leur rapport d'individuation, (se référer ici au livre Charlotte et Peter Fiel .Taschen 2005).
L'environnement industriel et le développement de la division du travail ont introduit une séparation entre le design et la fabrication.
Le design moderne est issu de la tentation des réformateurs anglais et européens (2eme moitié du 19eme siècle) de lancer des produits nouveaux.
William Morris en particulier a tenté d'imaginer des moyens pratiques de réaliser des idées progressistes en partant des pratiques artisanales
Le projet de Morris a échoué : mais le mouvement réformiste a réussi à fonder un mouvement moderne qui se déclenchera réellement á partir du début du 20eme siècle jusqu'au début du 21eme siècle.
Figures emblématiques du design
Walter Gropius, créateur du Bauhaus en Allemagne est l'un de ceux qui ont le plus agi pour réconcilier théorie et pratique en s'ouvrant aux nouvelles méthodes. Gropius et beaucoup d'artistes d'avant-garde ont milité pour que le design soit de plus en plus ancré dans la chaîne de production industrielle et dans la réalité socio-économique et culturelle.
Le Bauhaus créé en 1919 à Weimar, puis transféré à Dessau de 1925 à 1926 est l'autre emblème après Morris et Gropius, qui a eu de l'influence jusqu'à nos jours sur toutes les démarches pédagogiques qui se sont développées depuis, autour du design.
Gropius voulait initier un design moderne avec l'aide des fondateurs du Bauhaus, dans le but visait àconjuguer les préoccupations intellectuelles, les pratiques commerciales et esthétiques tout en exigeant des créateurs qu'ils explorent les nouvelles technologies (fibres de verres, verre plat, acier, ciment armé etc.).
Le Bauhaus malgré la justesse de sa ligne progressiste, l'engagement des fondateurs dans le modernisme a échoué à intégrer le design dans l'industrie. Le nazisme montait alors en Allemagne!
Les fondateurs de Bauhaus ont été poussés à l'immigration, Gropius lui-même immigrera en Angleterre puis aux Etats-Unis.
Lazlo Moholy Nagy, un des fondateurs des Bauhaus créa le new Bauhaus de Chicago en 1937 et eut beaucoup de succès mais un succès éphémère.
*L'autre institution qui utilisa l'héritage du Bauhaus fut la hoch-schule fur gestatung d'ulm (en 1953). Evidemment des écoles de design se sont développées plus tard ... beaucoup plus tard...les instituts d'art et métier de Tunisie sont du point de vue formel, des héritiers lointains du Bauhaus.
Au 20ème siècle le design possède plusieurs facettes :
* Les produits, les styles, théories, la philosophie n'ont jamais cessé de se diversifier. Le design a éclaté. Le design connut alors une complexification. Très souvent la conception , la planification ont été fragmenté en une série d'interventions multiples comme le marketing ,le travail du maquettiste, de l'expert matériaux ,de l'ingénieur de production .Cette collaboration multiple plurielle aboutit à un effet paradoxal de pousser à la simplification de la production , le design alors a déjà opté pour exprimer l'essentiel pour aboutir à un fonctionnalisme de l'objet créé et pour promouvoir le rationalisme .
Ce fonctionnalisme et ce rationalisme favorisent ainsi les objets produits face à la concurrence.
Cependant, le design n'est pas seulement un processus lié à la production mécanisée c'est aussi un moyen efficace de transmettre les idées les attitudes et les valeurs qui reflètent autant de buts voire d'idéaux industriels institutionnels nationaux ou internationaux.
Pour un design créatif
Malgré la pluralité des facettes du design son éclatement et la fragmentation de ces interventions Bernard Darras distingue, lui, 3 types de design :
- le type reproductif
- le type évolutif
- le type disruptif
Les 2 premiers types sont concentrés sur les processus d'imitation et de variation sont considérés comme des productions qui répondent à un environnement culturel, social et économique très peu favorable à la créativité et à la reproductivité ou la créativité n'a pas d'importance, et c'est le cas de la Tunisie.
Le design disruptif est considéré par Bernard Darras comme créatif, innovant et capable de faire changer les habitudes et adhère aux valeurs des avant-gardes artistiques et technophiles. Ce design créatif est opérationnel dans des régions à forte production et à forte consommation de produits design créatifs.


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