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Publié dans L'expert le 21 - 05 - 2010

Dans une conjoncture mondiale tourmentée par plusieurs évènements en Europe, dont notamment le problème majeur de la dette de la Grèce qui entraîne dans son sillage la monnaie européenne acculée au repli ainsi que les bourses de la Zone euro, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) a annoncé le 15 mai courant, contre vent et marée, avoir revu à la hausse ses prévisions économiques pour l'ensemble des pays émergents d'Europe. En Chine, la croissance reste forte et les investisseurs s'inquiètent de plus en plus de la volonté de Pékin de freiner le marché de l'immobilier. Du coté des Etats-Unis, la conjoncture économique s'améliore et de nouveaux signes de reprise économique aux Etats-Unis ont été annoncés le 14 mai dernier avec une hausse des ventes au détail, de l'activité industrielle, des stocks des entreprises et du moral des ménages. Au plan change, l'actualité est dominée par l'état de santé maladive de la monnaie unique européenne qui continue sa dégringolade et son cours a atteint le 17 mai courant un plus bas depuis avril 2006. Une situation qui traduit l'actuel climat de défiance des investisseurs vis-à-vis du Vieux Continent. Paradoxalement, la plupart des économistes considèrent cette chute comme une chance, car la compétitivité de l'Europe s'améliore. Au plan commercial, l'actualité a enregistré le 17 mai courant le retour des négociations entre l'Union européenne et le Mercosur paralysées depuis 2004 en vue de la signature d'un accord de libre-échange. Dans l'énergie, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a relevé le 11 mai dernier, pour la troisième fois en trois mois, son estimation de la croissance de la demande mondiale de pétrole cette année. Contrairement à cet avis, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a affirmé le 12 mai que cette croissance devrait être moins forte qu'initialement envisagé, réduisant ses prévisions de 50.000 barils quotidiens (bpj), à 1,62 million bpj par rapport à sa précédente estimation.

Berd: Relèvement des prévisions de la croissance
La conjoncture économique mondiale se présente sous de bons auspices pour la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) qui a opportunément annoncé le 15 mai courant avoir revu à la hausse ses prévisions économiques pour l'ensemble des pays émergents d'Europe et ce, en dépit de l'impact négatif attendu de la crise de la dette sur certains d'entre eux. L'institution a expliqué que la révision de ses estimations par rapport à celles présentées en janvier prenait en compte l'accélération du rythme de la reprise des principales économies de la région, parmi lesquelles figurent la Russie, la Turquie, la Pologne, la Hongrie et l'Ukraine. Mais elle a abaissé ses prévisions pour la Roumanie et la Bulgarie entre autres, ce qui traduit la disparité croissante des performances économiques des 29 pays dans lesquelles elle est présente. "Les pays d'Europe de l'Est traversent une période de reprise incertaine après la crise économique mondiale, marquée par des différences des rythmes de croissance entre les pays et de nouveaux risques créés par les pressions budgétaires et la volatilité financière en Europe de l'Ouest", explique la Berd. L'Europe centrale est en train d'émerger de sa plus forte récession depuis l'effondrement du bloc communiste mais la crise des dettes souveraines au sein de la zone euro menace de compromettre la reprise dans la région.
Des évolutions divergentes
Résolument optimiste, la Berd affirme par ailleurs que "La crise en Grèce n'a pas de répercussions significatives sur la région en transition pour l'instant; cela demeure une possibilité, particulièrement dans les pays du sud-est de l'Europe dans lesquels les banques grecques sont fortement implantées". Elle affirme également qu'"Un autre risque est celui d'un affaiblissement de la croissance de l'Union européenne résultant soit de la consolidation budgétaire, soit d'un regain de difficultés dans le secteur bancaire européen". La Banque note que "les données les plus récentes fournissent peu de preuves d'une reprise soutenue pour l'instant" dans les pays baltes et ceux du sud-est de l'Europe. La Lettonie et la Lituanie sortent en effet tout juste de la récession. Et pour le sud-est du continent, la Berd ne prévoit plus que 0,3% de croissance en moyenne cette année, alors qu'elle anticipait en janvier un chiffre de 1,2%. L'augmentation des créances douteuses et la montée du chômage devraient handicaper sur la reprise, déjà ralentie par une faible croissance du crédit et par l'atonie de la demande. La Berd note aussi que les problèmes politiques du Kirghizistan pèsent sur le rythme de la reprise. Elle estime cependant que le maintien d'une politique monétaire accommodante dans la zone euro pourrait apporter un soutien à la croissance des pays émergents d'Europe.
Zone euro: La reprise reste fragile
D'un autre point de vue, la zone euro n'a engrangé qu'une faible croissance au premier trimestre, à l'image de l'Allemagne et de la France. En plus, la rigueur budgétaire annoncée par plusieurs Etats membres fait craindre pour le reste de l'année. Les économistes prévoient un deuxième trimestre meilleur, ne serait-ce que par un effet de rattrapage après la perte d'activité due à la vague de froid au début 2010, notamment dans le secteur du BTP en Allemagne. Mais les mesures d'austérité en préparation en Espagne, en Grèce et au Portugal, et dans une moindre mesure en France, freineront la demande, ajoutent-ils. Le produit intérieur brut des seize pays qui partagent l'euro a augmenté de 0,2% en janvier-mars par rapport aux trois mois précédents, après avoir stagné au dernier trimestre 2009. L'Allemagne, première puissance de la zone euro, a enregistré une croissance de 0,2% également, soit son quatrième trimestre d'affilée dans le vert. C'est mieux que prévu mais loin du rythme de la reprise enregistrée aux Etats-Unis, sans parler de la Chine et des autres pays émergents. La France a fait moins bien avec une progression de 0,1% seulement, un chiffre inférieur aux attentes et la croissance du quatrième trimestre 2009 a été révisée à 0,5% au lieu de 0,6%. L'économiste à la banque VP. Jörg Krämer, chez Commerzbank, révèle que "L'Allemagne et avec elle toute la zone euro apparaissent à la traîne de l'économie mondiale". Il affirme néanmoins que l'Allemagne est bien placée pour tirer profit de la reprise mondiale grâce à la puissance de ses exportations, qui lui permet déjà de distancer la France au début 2010. Tous prévoient une accélération au deuxième trimestre, comme le laisse espérer la production industrielle dans la zone euro annoncée récemment et qui a progressé de 1,3% en mars par rapport à février. "Malheureusement, les perspectives au-delà du printemps sont moins souriantes. Les programmes d'austérité dans plusieurs pays de la zone euro freineront la croissance pendant les prochaines années", avertit Carsten Brzeski, chez ING Financial Markets. Sur l'ensemble de 2009, le PIB de la zone euro s'est contracté de plus de 4%, à comparer à un recul d'environ 2,4% de la richesse des Etats-Unis. La Commission européenne a des prévisions de croissance de 0,9% pour cette année puis de 1,5% en 2011. La ventilation du PIB de la zone euro ne sera connue qu'au début juin.
Les pays à risque
L'Espagne, qui représente plus de 10% du PIB de la zone euro, est enfin sortie de récession après près de deux années de récession, mais avec une croissance minimale de 0,1%. Juste après cette annonce, le président du gouvernement Jose Luis Rodriguez Zapatero a annoncé un nouveau train de mesures d'austérité, avec notamment une forte baisse des salaires dans la fonction publique. La Grèce, épicentre de la crise traversée par la zone euro, a subi une contraction de 0,8% de son PIB au premier trimestre, un chiffre moins mauvais cependant que le recul de 1,4% que prévoyaient en moyenne les économistes. Le Portugal, confronté à une suspicion croissante des marchés concernant ses finances publiques, a surpris avec une croissance de 1,0%, bien plus forte qu'attendu. Dans la foulée, le pays a fait savoir qu'il continuerait de se refinancer sur le marché et n'avait pas besoin de faire appel au plan de stabilisation mis en place ce week-end par l'Union européenne et le Fonds monétaire international.
Chine: La croissance chinoise au sommet
En Chine, la croissance chinoise reste forte et les investisseurs s'inquiètent de plus en plus de la volonté de Pékin de freiner le marché de l'immobilier, ce qui a fait plonger la Bourse de Pékin. Signe que des vents contraires soufflent sur la Chine, un responsable du ministère du Commerce a récemment affirmé que l'affaiblissement de l'euro commençait à se faire sentir et qu'il fallait s'attendre à une réduction de l'excédent commercial cette année. L'excédent pourrait ressortir à environ 100 milliards de dollars cette année contre 196,1 milliards l'année dernière. La Bourse de Shanghai a chuté le 12 mai courant de 5,07%, soit sa plus forte baisse quotidienne depuis huit mois, pour tomber à un plus bas de clôture d'un an. Jusqu'ici, aux yeux de nombreux analystes, le principal péril qui guettait la Chine n'était pas un ralentissement économique mais une surchauffe. Les perspectives du pays restent certes très encourageantes, mais la Chine manquera peut-être de marge de manoeuvre pour accélérer au cours des prochains mois, selon le Conference Board. Son indice des indicateurs avancés pour la Chine, le LEI, a progressé de 1,5% en mars, contre +1,1% en février. La croissance chinoise reste forte, mais dans une large part, elle est portée par le secteur de la construction qui pourrait ralentir au cours des prochains mois, estime un économiste du Conference Board basé à Pékin. Une telle évolution n'aurait rien d'une catastrophe pour l'économie chinoise, mais les marchés d'actions ont plongé le 12 mai, certains investisseurs craignant que le pire soit à venir alors que le gouvernement tente de dégonfler la bulle immobilière.
Le dilemme chinois
La Chine continue de dire officiellement que sa politique monétaire est souple. Dans la pratique, elle a relevé les niveaux de réserves qu'elle exige de ses banques, mis en place des principes de contrôle du crédit et une série de règles relatives à l'immobilier qui doivent permettre à l'économie de souffler un peu. Le Premier ministre chinois Wen Jiabao avait prévenu que la Chine faisait face à un dilemme. "Faites attention à la coordination des politiques macroéconomiques afin que l'ensemble soit un ensemble cohérent, tout en évitant les conséquences négatives des réglementations redondantes", a-t-il noté. L'une des décisions chinoises les plus attendues est celle d'une modification de la politique applicable au yuan. Dans les faits, la monnaie chinoise a déjà nettement progressé contre l'euro, mais pas contre le dollar, a déclaré le porte-parole du ministère du Commerce Yao Jian. Le yuan a atteint le 12 mai courant son niveau le plus haut depuis fin 2002 contre l'euro alors que la monnaie européenne s'effondrait contre le dollar sur les marchés mondiaux.
USA: Nouveaux signes de rebond économique
Du coté des Etats-Unis, la conjoncture économique s'améliore et de nouveaux signes de reprise économique aux Etats-Unis ont été annoncés le 14 mai dernier avec une hausse des ventes au détail, de l'activité industrielle, des stocks des entreprises et du moral des ménages. Néanmoins, ces chiffres en hausse contrastent avec la morosité des marchés financiers, dont ils n'ont d'ailleurs pas réussi à inverser la tendance baissière, puisque ce jour là les grands indices de Wall Street perdaient entre 1,4% et 2,1%. Les ventes au détail ont augmenté de 0,4% en avril, soit deux fois plus que la prévision moyenne des analystes. Il s'agit de leur septième mois de hausse d'affilée. La production industrielle a crû de 0,8% le mois dernier, là encore plus qu'attendu, tandis que le taux d'utilisation des capacités progressait à 73,7%, ce qui le ramène à son niveau de novembre 2008. Les stocks des entreprises ont augmenté en mars, selon les derniers chiffres connus, pour atteindre leur plus haut niveau en huit mois à la faveur des reconstitutions de stocks des détaillants pour répondre à la croissance de la demande. Enfin, le moral des ménages américains s'est amélioré en ce début mai, conformément aux attentes et l'indice du sentiment des consommateurs ressort à 73,3 contre 72,2 en avril et 73,5 attendu.
Des fragilités subsistent
Toutefois, l'atmosphère reste plombée par le climat de morosité en provenance d'Europe avec la crise de la dette grecque, couplé à un taux de chômage toujours proche des 10% de la population active américaine. "La clé de l'évolution des dépenses de consommation sera le rythme du rebond du marché du travail, et donc l'orientation des rémunérations salariales", estime Joshua Shapiro, économiste chez MFR à New York. Les informations sur les ventes au détail recèlent toutefois quelques points faibles. Les ventes hors automobile, essence et matériaux de construction, ont reculé de 0,2%. En outre, la hausse de 6,9% des matériaux de construction et les équipements de jardin semble surestimée.
La chute de l'euro: Une dévaluation de fait
Au plan change, l'actualité est dominée par l'état de santé maladive de la monnaie unique européenne qui continue sa dégringolade et son cours a atteint le 17 mai courant un plus bas depuis avril 2006. Une situation qui traduit l'actuel climat de défiance des investisseurs vis-à-vis du Vieux Continent. Paradoxalement, la plupart des économistes considèrent cette chute comme une chance, car la compétitivité de l'Europe s'améliore. En effet, l'euro a connu le même jour sa cinquième journée consécutive de baisse. Un repli, certes, moins excessif qu'en fin de semaine dernière, l'euro ayant perdu, au plus fort de la journée, 1,55 %, à 1,2235 dollar. Le contexte actuel d'incertitude autour des économies européennes, et le fait qu'elles ne pourront échapper, au cours des prochaines années, à un sévère ajustement budgétaire, semblent avoir rendu les investisseurs durablement prudents sur la monnaie unique. Son statut de monnaie de réserve débutante commence d'ailleurs à en pâtir. En témoigne le geste de la Russie qui a fait passer le 17 mai courant la part de l'euro dans ses réserves en devises de 47,5 % à fin 2008 à 43,8 % à fin 2009. Le coup est donc dur pour l'amour propre des Européens. Pourtant, dans le monde des économistes, une sorte de consensus émerge actuellement pour considérer que si l'actuelle volatilité de l'euro est forcément préjudiciable à l'Europe, la baisse de l'euro, dans l'absolu, est en revanche«l'une des rares bonnes nouvelles par les temps qui courent», selon Jean-Michel Six, économiste Europe chez Standard &Poor's. Cette dernière note avec malice qu'il est en train de se passer exactement ce que les détracteurs de l'euro croyaient désormais impossible à cause de la monnaie unique: une dévaluation de fait de la monnaie des pays européens. La Grèce, notamment, n'aura pas besoin de sortir de l'euro pour retrouver de la compétitivité, car la chute de l'euro lui a déjà fait atteindre cet objectif.

L'effet sur les exportations
Si 60% à 65% des exportations des pays européens sont à destination de l'Union européenne, il reste environ 40% de ces exportations qui vont vers le reste du monde et voient donc désormais leur «compétitivité prix» s'améliorer. Les études théoriques sur l'impact d'une baisse de l'euro sur les exportations européennes «convergent vers l'idée qu'une baisse de 10% du taux de change entraîne, au bout de deux ans, une hausse de 5 points de pourcentage des exportations. Ce qui augmente le produit intérieur brut de 1 point de pourcentage sur la même période», note Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis. La réalité est-elle en ligne avec la théorie? Pour Enam Ahmed, économiste senior en charge de l'Europe chez Moody's, cela ne fait pas de doute: «Les statistiques récentes des exportations prouvent que les trois principales économies de la zone euro que sont l'Allemagne, la France et l'Italie sont en train de tirer profit de la baisse de l'euro. D'autres pays connaissent la même tendance, en particulier l'Espagne et l'Irlande». Dans tous ces pays, auxquels on pourrait ajouter le Portugal, le premier trimestre a été caractérisé par une forte hausse des exportations.

L'équipement et l'aéronautique principaux bénéficiaires
Sur le plan sectoriel, ce sont «les biens d'équipement et d'investissement qui sont en général les plus sensibles aux fluctuations monétaires», note Laurent Bilke, économiste Europe chez Nomura. La plupart des secteurs manufacturiers exportateurs devraient donc bénéficier de la situation. Auxquels il faut ajouter l'aéronautique, qui avait pris de plein fouet l'envolée de l'euro. Face à un concurrent, Boeing, situé en zone dollar, Airbus se retrouve aujourd'hui dans une relation monétaire exactement dans la moyenne de ce qu'elle a été depuis la création de l'euro. Il y a donc quelque chose de salutaire dans cet ajustement monétaire, qui survient au moment même où la demande est en plein boom dans les pays émergents. C'est notamment le point de vue de Laurent Bilke qui relève qu'à l'heure où les largesses des Etats ne sont plus d'actualité et où des pays comme l'Espagne et l'Irlande ont vu leur moteur économique interne tomber en panne, «l'Europe a plus que jamais besoin des exportations pour amorcer le redémarrage de son économie ». Il reste évidemment un bémol à ce tableau, à savoir que le prix des importations va augmenter, ce qui pourrait pousser l'inflation à la hausse si les matières premières devaient durablement s'envoler. Même si le baril de pétrole est à nouveau à la baisse, il ne faudrait pas, note Jean-Christophe Caffet, que les politiques de rigueur en Europe coïncident avec une forte poussée d'inflation, car «c'est la cohésion sociale qui pourrait en pâtir ».

Eurogroupe: Des assurances sur l'euro
La conjoncture monétaire européenne a été également au centre des discussions des ministres de l'économie et des finances des pays de la zone euro à Bruxelles qui ont en particulier affirmé le 18 mai courant que la devise européenne était une monnaie "crédible" et qu'il n'y aurait pas de hausse rapide des prix à redouter. Se montrant rassurant sur la situation de la monnaie européenne, Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, a tenu à rassurer les investisseurs, expliquant que la stabilité des prix "sera maintenue dans les années à venir". Le président de l'eurozone a effectué cette déclaration pour apaiser les tensions sur les marchés et les financiers qui redoutent une période d'inflation dans les pays de l'eurozone. L'objectif de l'eurozone reste de rétablir la confiance des investisseurs dans la capacité des 16 pays membres de la zone euro à prendre les mesures qui s'imposent pour réduire leur endettement.
Commerce mondial: Reprise des négociations UE-Mercosur
Au plan commercial, l'actualité a enregistré le 17 mai courant le retour des négociations paralysées depuis 2004 en vue de la signature d'un accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur. Cette décision fait cependant débat au sein des Vingt-Sept et un groupe d'une quinzaine de pays, emmenés par la France, ont fait valoir ces derniers jours que les intérêts stratégiques de l'agriculture européenne pourraient être mis en danger. "Nous relançons les négociations car nous sommes convaincus qu'elles peuvent nous mener à un accord d'association ambitieux et équilibré", a déclaré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a indiqué de son côté qu'une majorité d'Etats membres de l'UE s'étaient prononcés en faveur de cette reprise, annoncée par l'exécutif communautaire début mai. La Commission, soutenue par l'Espagne, le Portugal ou encore la Suède et les Pays Bas, ne nie pas ces difficultés pour le secteur agricole mais juge que les bénéfices rapportés par un tel accord méritent que les négociations se déroulent. Elle fait valoir que les investissements européens dans cette région sont supérieurs à ceux en Chine, en Inde et en Russie réunis et qu'il s'agit d'un marché déjà immense - 1.300 milliards de dollars de PIB - à fort potentiel de croissance. Elle avance également que le Mercosur est relativement protégé en termes d'obstacles tarifaires et non tarifaires et qu'il n'a pas encore conclu d'accords de libre-échange avec aucun des principaux concurrents de l'UE.
Opep: La demande de brut en hausse
En ce qui concerne l'énergie, l'actualité du coté de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a été le relèvement le 11 mai dernier, pour la troisième fois en trois mois, de son estimation de la croissance de la demande mondiale de pétrole cette année. Néanmoins, ses prévisions soulignent que la reprise économique ne sera sans doute pas suffisante pour éviter une offre excédentaire. Dans son dernier rapport mensuel, l'Opep a anticipé une augmentation de 950.000 barils par jour (bpj) de la demande mondiale cette année, soit 50.000 bpj de plus que le mois dernier. "Les signes récents d'amélioration de l'économie mondiale ont été globalement encourageants", note le rapport. "Cependant, à la lumière des incertitudes actuelles, la prévision de croissance économique mondiale en 2010 est restée inchangée à 3,5%." L'Opep a également relevé sa prévision de demande pour son brut en 2010 à 28,85 millions de bpj, en hausse de 40.000 bpj, mais ce nouveau chiffre est encore inférieur de 100.000 bpj à l'augmentation enregistrée l'an dernier. La production totale de l'organisation, Irak inclus, a été de 29,25 millions de bpj en avril, précise le rapport, ce qui implique un excédent de plus de 400.000 bpj cette année si les estimations de l'organisation sont exactes.
AIE: Repli de la croissance de la demande de brut
Contrairement à l'avis de l'Opep, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a affirmé le 12 mai que la croissance de la demande mondiale de pétrole en 2010 devrait être moins forte qu'initialement envisagé, réduisant ses prévisions de 50.000 barils quotidiens (bpj), à 1,62 million bpj par rapport à sa précédente estimation. David Fyfe, patron de la division secteur pétrolier et marchés de l'Agence, a dit que cette révision résultait de nouvelles données historiques même si la demande des marchés émergents devrait continuer de soutenir l'utilisation d'or noir au niveau mondial. Pour les analystes, cette révision est pessimiste et reflète la faiblesse actuelle entre le rapport de l'offre et de la demande, ce qui contraste avec les prévisions de l'Opep et de l'Energy Information Administration (EIA), qui ont tous deux relevé leurs estimations. L'AIE s'attend toutefois toujours dans son dernier rapport mensuel sur les marchés pétroliers à ce que la demande mondiale de pétrole atteigne 86,7 millions bpj cette année, contre 84,8 millions l'an dernier. Selon l'AIE, les stocks de pétrole dans l'OCDE ont augmenté à 60,5 jours à la fin mars, contre 59,9 jours un mois plus tôt. Dans son rapport, l'AIE estime également que les cours du baril de brut devrait être de 77 dollars cette année, soit un niveau comparable aux prix actuels.


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