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Actualités économiques et financières internationales:Le centre de gravité économique se déplace de l'Ouest vers l'Etat
Publié dans L'expert le 18 - 06 - 2010

Il y a dix ans, les pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques comptaient encore pour environ 60 % du produit intérieur brut (PIB) mondial, rappelle l'Organisation, qui regroupe 30 pays riches, dans un rapport dévoilé il y a deux jours et intitulé Perspectives du développement mondial: le basculement de la richesse. Cette proportion est tombée depuis à peine plus de 50 %, sous le coup notamment de la crise économique mondiale. En 2030, ce sont les pays émergents et en développement qui compteront pour 60 % de l'ensemble des biens et services produits sur la planète. Plusieurs dirigeants européens cherchent à tempérer l'inquiétude croissante sur la santé financière de l'Espagne, affirmant qu'aucune aide au pays n'était programmée et saluant les efforts du pays pour réduire ses déficits ou réformer son économie. Aux Etats-Unis, le jugement des promoteurs immobiliers américains sur la conjoncture du secteur s'est dégradé davantage en juin, en enregistrant sa plus forte baisse depuis le pic de la crise financière; tandis qu'en Afrique du Sud, la coupe du monde est une excellente opportunité pour le marché, créant environ 280 mille emplois. En Chine, le Quotidien du peuple estime que le yuan, la monnaie chinoise, est sans doute surévaluée et non sous-évalué comme le prétendent les Etats-Unis. En Tunisie, selon un rapport présenté mardi à Tunis par la Banque africaine de développement (BAD), le pays a enregistré une croissance économique estimée à 3,1% en 2009 et ce taux devrait atteindre 4% en 2010 et 4,5% en 2011.
La croissance de pays comme l'Inde est soutenue et contribue à augmenter le poids des pays émergents dans l'économie mondiale.
Le poids des pays émergents et en développement dans l'économie mondiale dépassera bientôt celui des pays riches à la faveur d'un grand «basculement de la richesse», observe l'OCDE. L'organisation parle d'un «changement structurel» d'une importance historique. Le phénomène n'est pas nouveau mais il s'est accéléré au cours de la dernière décennie et encore plus sous l'effet de la crise. Le poids des économies émergentes s'est amplifié, comme l'atteste une nouvelle étude sur le basculement de la richesse. A l'appui, ces quelques données commerciales: en 2009, la Chine est devenue le premier partenaire commercial du Brésil, de l'Inde et de l'Afrique du Sud, elle devrait ravir cette année à l'Allemagne le titre de premier pays exportateur au monde. Entre 1990 et 2008, les échanges mondiaux ont été multipliés par près de quatre, tandis que les échanges Sud-Sud l'ont été par plus de dix. Le constructeur automobile indien Tata est aujourd'hui le deuxième investisseur en Afrique subsaharienne, plus de 40 % des chercheurs du monde viennent désormais de l'Asie... Financièrement, les pays en développement détenaient, en 2008, 4200 milliards de dollars de réserves de change, soit plus d'une fois et demi le montant détenu par les pays riches.
Autre signe de leur poids croissant, entre les années 1990 et 2000, le nombre de pays dit émergents (c'est à dire dont la croissance moyenne par habitant équivaut à plus du double de celle des pays de l'OCDE) est passé de 12 à 65. Plusieurs Etats d'Europe de l'Est comme la République tchèque, la Hongrie ou la Slovaquie ont accédé au groupe des plus riches, aux côtés de l'Arabie Saoudite. Aujourd'hui, explique l'OCDE, une simple division du monde en deux n'est plus pertinente. Le Château de la Muette retient désormais le concept de monde à «quatre vitesses», selon les taux de croissance et des niveaux de revenus: pauvre, en difficultés, convergent et riche. Phénomène intéressant, une vingtaine d'économies, la plupart en Asie comme l'Inde, l'Indonésie et le Bangladesh mais aussi en Afrique, à l'instar de l'Ethiopie ou du Nigeria, ont réalisé un grand bond en avant, passant du statut de «pauvre» à celui de « convergent ».
A noter dans ce panorama, la sous-performance de l'Amérique latine, où les réformes n'ont guère fait progresser la croissance. Le rapport souligne par ailleurs une réduction de la pauvreté, en particulier en Chine où le taux de pauvrêté est revenu de 60 % en 1995 à 16 % en 2005. Revers de la médaille, si le nombre de pauvres a globalement reculé de 300 millions durant la dernière décennie, la croissance s'est souvent accompagnée d'un creusement des inégalités, ce qui risque de peser sur le long terme.
Mais la tendance ne devrait plus s'inverser. A l'horizon 2030, la zone OCDE ne pourrait représenter que 43 % du PIB mondial, en parité de pouvoir d'achat, contre 60 % en 2000 et 51 % en 2010.
«Alors que beaucoup d'observateurs pourraient voir l'essor du monde en développement comme une menace à la prospérité ailleurs dans le monde, cela devrait être perçu plutôt comme une chance pour que l'économie mondiale passe à la vitesse supérieure», a affirmé Angel Gurría. Cette ascension des pays du Sud devrait entre autres contribuer à l'amélioration de la gamme et de la qualité des exportations, à un plus grand dynamisme technologique, à de meilleures perspectives pour les entreprises et à une base de consommation élargie.
Un monde à quatre vitesses
Le «nouvel ordre économique mondial» cache en réalité un «monde à quatre vitesses» partagé entre des «pays riches»; des «pays convergeant fortement avec les pays de l'OCDE», comme la Chine, l'Inde et l'Indonésie; des pays «en difficulté», comme le Brésil, le Mexique et l'Egypte; et enfin des «pays pauvres», note le rapport de l'OCDE.
Ce réveil économique, notamment de la Chine, a amené le nombre de personnes sur la planète vivant avec moins d'un dollar par jour à diminuer de plus du quart (500 millions) depuis 1990. L'inégalité des revenus, dit-on, s'est toutefois aussi creusée entre certains pays et certains citoyens.
«Grâce à la croissance rapide des économies émergentes, leurs gouvernements peuvent se permettre désormais d'augmenter les dépenses publiques dans un secteur tel que la protection sociale», a fait valoir Angel Gurría.
Les dirigeants européens se font rassurants au sujet de l'Espagne
Plusieurs dirigeants européens cherchent à tempérer l'inquiétude croissante sur la santé financière de l'Espagne, affirmant qu'aucune aide au pays n'était programmée et saluant les efforts du pays pour réduire ses déficits ou réformer son économie.
"Je n'ai aucune indication selon laquelle l'Espagne va se retrouver dans une position telle qu'elle devra demander à utilise le fonds de soutien d'urgence récemment mis en place pour les Etats de la zone euro en grande difficulté", a déclaré le premier ministre du Luxembourg Jean-Claude Juncker. Il s'exprimait en marge d'une réunion de dirigeants conservateurs européens organisée à Meise, près de Bruxelles, à la veille d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE à Bruxelles.
«L'Espagne prend des mesures très courageuses» pour réduire son déficit et réformer son économie, a ajouté M. Juncker, également président de l'Eurogroupe.
La chancelière Angela Merkel a elle aussi salué les efforts entrepris par l'Espagne. «Je pense qu'il faut regarder ce que l'Espagne a réalisé au cours des dernières semaines, elle a pris des décisions qui sont fortes», a-t-elle déclaré à la presse en arrivant à la réunion. «Il y a des réformes structurelles à présent, des réformes du marché du travail qui ont été adoptées aujourd'hui par le gouvernement», s'est-elle félicitée.
«Je trouve que nous devrions encourager l'Espagne en soulignant que c'est la bonne voie et que l'Espagne apporte par ce biais une contribution à la compétitivité de toute l'Europe», a ajouté la chancelière.
Le chancelier autrichien Werner Faymann s'est lui aussi voulu rassurant. «Je pense qu'il n'y a pas de raison d'être préoccupé par l'Espagne», a-t-il affirmé, «le premier ministre espagnol a expliqué qu'il était capable de faire face à tous les défis budgétaires» actuels.
Le gouvernement espagnol a approuvé hier une réforme du marché du travail, jugée essentielle pour redynamiser l'emploi, mais sans dissiper les inquiétudes grandissantes sur la solidité financière du pays. Selon le quotidien économique espagnol El Economista, un plan d'aide à l'Espagne, pour éviter une crise de «liquidités» avec une ligne de crédit de 200 à 250 milliards d'euros, est en cours «d'élaboration» par «des techniciens de l'UE, du FMI et du Trésor américain». Tant Madrid que Bruxelles ont démenti.
USA : l'immobilier se dégrade
Le jugement des promoteurs immobiliers américains sur la conjoncture du secteur s'est dégradé davantage que prévu en juin, en enregistrant sa plus forte baisse depuis le pic de la crise financière, montre mardi l'enquête mensuelle de la National Association of Home Builders (NAHB).
L'indice NAHB/Wells Fargo du marché résidentiel a reculé de cinq points, à 17, et a ainsi mis un terme à deux mois consécutifs de hausse. Il s'agit de la baisse la plus forte de l'indice depuis novembre 2008 en raison de la fin du crédit d'impôt qui pèse sur les futures ventes immobilières.
Les économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne un repli moins important, à 21, par rapport au plus haut depuis août 2007 atteint le mois précédent.
Un chiffre inférieur à 50 signifie que les professionnels jugeant que la conjoncture du secteur est défavorable sont plus nombreux que ceux qui la jugent bonne.
L'indice NAHB évolue sous ce seuil de 50 depuis avril 2006.
Un important crédit d'impôt bénéficiant à certains acheteurs de biens immobiliers a expiré fin avril, une échéance qui a dopé l'activité au cours des mois précédents.
Afrique du Sud: La Coupe du monde stimule l'économie
L'Afrique du sud a dépensé 4,3 milliards de dollars depuis 2004 dans les préparatifs de la coupe du monde 2010. Découvrons de quelle manière ces investissements vont bénéficier à l'économie du pays.
Pour la Coupe du monde 2010, le gouvernement sud-africain a investi massivement dans les infrastructures de transport. Par ailleurs, les systèmes de transports publics actuels ont été mis aux normes en vue d'accueillir des fans du monde entier.
L'Aéroport international de Tambo à Johannesbourg a lui aussi subi des modifications, concernant principalement sa capacité d'accueil. Désormais, ce sont plus de 60 vols qui partent et atterrissent chaque heure sur le tarmac.
Les mises en chantier ont connu un boom hors du commun dans tout le pays en prévision de la Coupe du monde.
"La Coupe du monde a beaucoup contribué à la croissance du PIB de l'Afrique du Sud. Ca va également influencer l'économie nationale après l'événement. C'est une bonne occasion d'accélérer la construction d'infrastructures pour faciliter l'acheminement de tous les visiteurs. Ce n'est pas uniquement 1 ou 1,5% de croissance, c'est une excellente opportunité pour le marché sud-africain, " note Ndumiso Ntshinga, Ambassadeur sud-africain en Chine
Le taux de chômage du pays, qui frôle les 30% reste un problème inquiétant pour le pays. La Coupe du monde 2010 a permis de créer 280 mille d'emploi.
M. l'Ambassadeur ajoute, " Nous avons un taux de chômage important, particulièrement depuis le début de la crise financière qui nous a fait perdre un grand nombre d'emplois. L'organisation de la Coupe du monde va nous permettre de créer des emplois. "
Les droits de diffusion et le sponsoring devraient permettre à la coupe du monde de dégager des revenus de 4 milliards de dollars sans parler des 350 mille fans de foot attendus en Afrique du sud ce mois-ci. Ces touristes devraient représenter quelques 3,1 milliards de dollar américains de chiffre d'affaires pour les secteurs du tourisme et de la distribution.
Chine: le quotidien du peuple estime que le yuan est surévalué
Le yuan, la monnaie chinoise, est sans doute surévaluée et non sous-évalué comme le prétendent les Etats-Unis, estime le Quotidien du peuple, l'un des principaux organes de presse officiels chinois.
Cette affirmation marque une nouvelle étape dans le bras de fer qui oppose Washington et Pékin sur la question des changes, les autorités américaines réclamant un assouplissement de la politique chinoise et reprochant aux autorités de la République populaire d'entretenir la sous-évaluation de leur monnaie pour favoriser les exportations.
Dans un éditorial publié par son édition internationale, le Quotidien du peuple, principal organe du Parti communiste au pouvoir, prend donc le contre-pied de ces accusations.
"Actuellement, le problème du taux de change du renminbi n'est pas qu'il est sous-évalué: au contraire, il se pourrait qu'il soit surévalué", écrit Xie Taifeng, économiste à l'Université d'Economie et d'Affaires de Pékin.
Les prix à la consommation en Chine ont augmenté de 68,8% depuis 1994, année de l'introduction du régime unifié du yuan, explique-t-il. Jusqu'alors, la Chine disposait d'un régime spécifique de changes destiné aux échanges internationaux et utilisé par les étrangers.
Depuis 1994, poursuit Xie Taifeng, les exportations à bon marché en provenance de Chine ont contribué à contenir les pressions inflationnistes aux Etats-Unis.
"De ce fait, sur la base de la théorie de la parité de pouvoir d'achat, le taux de change du renminbi face au dollar ne devrait pas s'apprécier, au contraire il devrait se déprécier", conclut son éditorial.
Ce raisonnement ne devrait cependant pas convaincre grand monde à Washington.
La semaine dernière, le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, a déclaré que le yuan était un obstacle au rééquilibrage de l'économie mondiale, laissant entendre que la patience des Etats-Unis sur ce dossier commençait à s'amenuiser.
Les Etats-Unis ne sont pas les seuls à plaider pour une hausse de la devise chinoise, qui reste ancrée autour de 6,83 pour un dollar depuis 2008, Pékin ayant choisi d'interrompre le mouvement d'appréciation enclenché en 2005, afin de soutenir ses exportateurs pendant la crise économique.
Tunisie : taux de croissance de 3,1 % en 2009 malgré la crise
La Tunisie a enregistré une croissance économique estimée à 3,1% en 2009 et ce taux devrait atteindre 4% en 2010 et 4,5% en 2011, selon un rapport sur "les perspectives économiques en Afrique" présenté mardi à Tunis par la Banque africaine de développement (BAD).
"En 2009, le taux de croissance de l'économie tunisienne est estimé à 3,1% contre 4,6% en 2008, en dépit d'une conjoncture internationale difficile". Ce taux devrait renouer avec un rythme plus soutenu autour de 4% en 2010 et 4,5% en 2011", ont précisé les auteurs de ce document.
La Tunisie a su résister aux chocs de la hausse mondiale des prix de carburants et des produits céréaliers et le taux d'inflation "n'a été que de 3,5% en 2009 contre 5,1% en 2008", a affirmé Léonce Ndikumana, un expert de la BAD.
Lancé le 24 mai dernier à Abidjan, le rapport a été établi avec la collaboration de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE)
Selon les auteurs, la croissance sur le continent africain devrait rebondir en 2010 et 2011 (4,5%, puis 5,2%) après avoir été "laminée" (2,5%) en 2009 par la crise mondiale.


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