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Zelensky met l'ONU face à ses contradictions : Ces bourreaux qui ont le droit de veto
Publié dans Tunisie Numérique le 06 - 04 - 2022

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui a démontré ses talents d'orateur hors pair devant les Parlements des pays occidentaux, a fait un discours d'anthologie devant devant le Conseil de sécurité de l'ONU hier mardi 5 avril. Ce qu'il voulait essentiellement c'est que l'organisation stoppe "immédiatement" la Russie. Mais ce qu'on a aussi retenu c'est le brio avec lequel Zelensky a mis l'ONU devant ses contradictions. La première est que l'agresseur – la Russie – campe solidement au Conseil de sécurité en tant que membre permanent, avec donc la possibilité de tuer dans l'oeuf tout ce qui sera entrepris pour condamner les "crimes de guerre" et les suites judiciaires qui pourraient être données…
Le président ukrainien a frappé les esprits en exposant les atrocités commises à Boutcha, avec ces dizaines de dépouilles de civils, une violence insoutenable qu'il a comparée aux exactions "des terroristes comme Daech", mais qui est perpétrée ici par "un membre du Conseil de sécurité des Nations unies". Zelensky n'a pas hésité à demander que la Russie soit éjectée du Conseil de sécurité, arguant que "le droit de veto ne signifie pas le droit de mourir". D'après lui on est face à un non sens absolu et si les Nations unies continuent de fonctionner comme si de rien n'était après toutes ces horreurs, l'ONU devrait "simplement fermer" car elle ne servirait à rien…
L'impuissance… C'est la faiblesse congénitale de l'ONU. Que faire face à ce que le président ukrainien qualifie de "pires crimes de guerre" perpétrés depuis la Seconde Guerre mondiale ? "Si cela se poursuit, les pays ne pourront compter que sur la puissance de leurs propres forces pour assurer la sécurité, et non plus sur le droit international, sur les institutions internationales", a ajouté Zelensky. Sauf que c'est déjà le cas, hélas, avec une organisation qui ne dispose pas d'une armée digne de ce nom, au moins aussi forte que les grandes puissances de la planète et capable d'imposer le droit international dans les théâtres de guerre…
Justement parlons de ces puissances mondiales. Cinq d'entre elles trônent au Conseil de sécurité de l'ONU, dont trois font sans aucun doute partie des nations qui violent le plus les droits humains dans le monde. Je parle bien entendu de la Chine, de la Russie et des Etats-Unis. Pas besoin de vous rappeler le sort que Pékin réserve à ses propres citoyens qui osent défier l'ordre communiste établi, ce qu'il fait en ce moment aux Ouïghours, aux Hongkongais, etc. Pas besoin de vous rappeler ce que les Américains ont fait en Irak et en Afghanistan, au nom d'une guerre contre le terrorisme islamiste qui a été dénoncée aux quatre coins du monde par des manifestations monstres. Que dire des droits des Afro-Américains toujours bafoués plus de 150 ans après la fin officielle de l'esclavage, etc.
Quant à la Russie, et bien elle nous montre tous les jours en Ukraine ce que des décennies de silence de coupable des Occidentaux ont enfanté : Une vision monstrueuse du monde, fondée sur des rapports de force, sur "la raison du plus fort" qui doit toujours demeurer la "meilleure". Si les Occidentaux avaient freiné le président russe, Vladimir Poutine, depuis ses carnages en Tchétchénie en 1999 (depuis il y a eu l'incursion en Géorgie, l'annexion de la Crimée, l'intervention en Syrie), les Ukrainiens ne souffriraient pas le martyre en ce moment…
C'est ce monde étrange qu'est censé réglementer l'ONU. Si cette dernière était capable de dire le droit et surtout de le faire respecter, la Palestine aurait eu son Etat depuis belle lurette et Israël ne collectionnerait pas toutes ces résolutions la condamnant, un record absolu. Mais voilà, il y a ces Etats-Unis avec leur droit de veto qui soutiennent mordicus l'Etat hébreu, quoiqu'il commette. Ce même droit de veto que détient la Russie et qui paralysera toute tentative de condamner même symboliquement les horreurs perpétrées en ce moment même en Ukraine…
On avait créé l'ONU en 1945 pour éviter que le monde sombre de nouveau après la deuxième guerre mondiale. Le moins qu'on puisse est que l'organisation n'a rempli aucun de ses contrats. Ce«Machin ô combien inutile et même dangereux", comme l'a dit le général de Gaulle, au meilleur des cas nous pond de simples condamnations de principe, au pire regarde les trains des exactions passer sans lever le petit doigt. On avait enterré la Société Des Nations (SDN) en 1946 pour ces raisons-là, la sortie de Zelensky nous rappelle l'urgence de se pencher sérieusement sur l'efficience de l'ONU… si la Chine, la Russie et les USA laissent faire.

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