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Chronique : Une autre leçon de la Libye, la Tunisie
Publié dans Tunivisions le 14 - 02 - 2014

Coup d'Etat ou pas, la Libye montre aujourd'hui, du doigt le plus ferme, le grand danger qui menace la région, et en même temps le côté noir (un noir de plus !) de ce qu'on a appelé « le printemps arabe ». L'extrémisme, le fanatisme, l'exclusivisme, la confiscation des pouvoirs, et d'autres méfaits encore ne font que creuser le fossé et souligner l'inadéquation entre les responsables de la gouvernance et la masse des administrés qu'on appelle le peuple, tantôt pour mieux les exploiter en leur nom propre, tantôt pour réduire leur effet par estimation péjorative, ce qui revient au même.
Au début des « élections » libyennes, quand les premiers résultats ne donnaient pas les Islamistes majoritaires, j'avais écrit, peut-être dans un excès d'espoir de voir les sociétés de la région réussir un équilibre où personne ne serait exclu mais où personne n'aurait toute la parole et le dernier mot, que la Libye nous donnait une leçon pour un juste enclenchement du processus démocratique. J'avais parlé alors de « la leçon de la Libye ».
Aujourd'hui, j'ai besoin d'inverser les vapeurs, en regrettant ma première lecture et l'espoir qui la commandait. Il faut reconnaître que, dans l'intervalle, tout a été fait, de l'intérieur comme de l'extérieur, pour empêcher une belle issue de la situation libyenne. Quoi ? La démocratie en Libye ? Tu plaisantes ! Et le pétrole ? Et tout le reste ? Et surtout le contrôle des pays limitrophes ?
Trop d'équations à résoudre pour une naïve et bonne intention de voir s'ériger une démocratie exemplaire dans un pays qui en a tous les moyens.
Après le revirement de la situation en Syrie et le retournement des choses en Egypte, il y a tout lieu de croire que la Libye est un autre indice du replacement de la Méditerranée au centre des tractations et du négoce géostratégiques entre les grandes puissances. Consciente de s'être trop laissé faire par l'Amérique, la Russie se rend compte finalement qu'elle avait lâché tous les siens et qu'elle allait perdre toute crédibilité dans l'arbitrage au moins, sinon le leadership, international ! A moins d'un sursaut de dernier recours, ce qui semble être le cas. L'Europe aussi semble comprendre qu'à force de trop se cantonner dans le rôle de policier de l'Amérique, elle risque de perdre toute chance de s'ériger en force d'équilibrage et même de sauvegarder ses intérêts dans la région.
Au résultat final, il est de plus en plus évident que les forces étrangères de commande sont déçues par le rendement des Islamistes à la tête du pouvoir, même moyennant des coalitions montées avec de prétendus démocrates. Ils auraient détruit l'essentiel : l'Etat, compromettant ainsi le projet civique dont l'Occident se fait passer pour le chantre. Le pire, c'est que pour réussir une telle catastrophe, les Islamistes ont utilisé certains militants classiques des droits de l'homme et de la société civile.
Tout serait-il donc aussi corruptible, dès que la politique s'en mêle ?
Il y a tout lieu de croire, à quelques exceptions près. C'est pourquoi le cas de la Tunisie d'aujourd'hui (Touchons du bois pour le reste !) peut être réactualisé, ce cas qu'on sort à chaque démonstration pour argumenter en faveur d'une thèse et son contraire.
La Tunisie était à deux doigts de rater toute chance d'une pacifique transition démocratique. Avec, évidemment, l'extrême relativisation du mot « pacifique », car, la violence en période de transition, la Tunisie en a eu et parfois des plus absurdes ! Il suffit de rappeler les assassinats politiques, sans précédent dans le pays, ou le meurtre de soldats et d'agents de l'ordre, dans l'exercice de leur pacification de la société et de la sauvegarde de la sécurité des citoyens.
Mais, grâce certes à certaines concessions du pouvoir, le plus souvent sous la pression, et grâce surtout à la vigilance de la société civile et de la conscience citoyenne, la Tunisie a trouvé la formule, la plus adaptée sans doute en considération de toutes les contraintes en présence, en optant pour un gouvernement indépendant (aussi relative que soit son indépendance), dirigé par un jeune chef qui, bien que d'irruption soudaine dans les prévisions, est en train de faire preuve de beaucoup de compétence et de maîtrise des dossiers et des situations, selon des priorités rationnellement établies.
En fait, si les calculs politiques de la plus basse échelle, dont certaines voix se lèvent de nouveau, appelant à une nouvelle division de la société tunisienne, si ces calculs ne viennent pas perturber la feuille de route du gouvernement, et celle du dialogue national, la Tunisie sera la vraie leçon de la transition démocratique, à donner à toute la région qui, ce jour-là peut-être, pourra se vanter d'avoir réalisé un « printemps méditerranéen ».


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