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Que faut-il retenir du "message" de l'ambassadeur américain à Tunis?
Publié dans WMC actualités le 17 - 10 - 2012

Le message de l'ambassadeur américain à Tunis, Jacob Walles, publié dans les quotidiens tunisiens, le dimanche 14 octobre 2012, est important et mérite qu'on s'y attarde. Intervenant un mois, jour pour jour, après l'attaque de l'ambassade américaine à Tunis, qui a fait 4 morts et 46 blessés et occasionné des «millions de dollars de dommages» (les mots sont de l'ambassadeur Walles), ce texte comporte, tant au niveau du fond que de la forme, quatre messages essentiels :
1- La forme ne peut que paraître inhabituelle pour quiconque est habitué aux arcanes de la diplomatie. Il suffit de parcourir la presse pour se convaincre qu'un diplomate n'a pas l'habitude à communiquer par le billet d'un texte signé de sa main: il peut organiser une conférence de presse, écrire au ministère des Affaires étrangères, demander une audience à ce ministère. Il arrive même à des ambassadeurs de vouloir s'exprimer par le biais de messages dans les colonnes des journaux (souvent sous la forme de paces ou d'espaces payés) à l'occasion de quelques anniversaires ou autres événements (conclusion d'un accord de coopération, commémoration d'une date de l'anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques…). Mais ce n'est pas le cas pour ce message. Loin s'en faut ! Si Jacob Walles l'a fait, c'est qu'il estime qu'il devait recourir à cette formule. Elle lui donne, peut-être, l'assurance que ce qui est publié sera conforme à ce qu'il entend faire passer comme message. De ce côté des choses, le texte est estimé constituer un tout, comportant donc toute une rhétorique. Soit un cheminement de la pensée. De plus: l'écrit, on le sait, permet de mieux ramasser et d'exprimer les idées. Et de les «pérenniser»: un proverbe ne dit-il pas «Que les parole s'en volent, et les écrits restent»?
Des témoignages de sympathie
2- Vu de ce côté, le message sonne comme un exercice qui consiste à vouloir prendre l'opinion publique à témoin au sujet de l'événement qui a suscité cette publication et qui est évidement l'attaque de l'ambassade: pragmatique (comme le sont tous les Anglo-saxons), l'ambassadeur Walles commence son texte par rappeler cet événement. Il évoque, dans ce contexte, les dommages occasionnés par cette attaque (dégâts matériels estimés à des «millions de dollars» -imaginez la facture- et perturbation des cours à l'école américaine qui reçoit des «jeunes esprits de plus de 70 nationalités»). Il cite également les témoignages de sympathie (réception d'«une lettre d'étudiants de Sfax», d'«innombrables couriels», des «appels téléphoniques», de «lettres»). Et il rassure l'opinion: «les actes insensés des terroristes et des criminels (comprenez ceux qui ont attaqué l'ambassade) ne nuiront pas à l'engagement tuniso-américain (l'ambassadeur utilise le «je» -il représente l'Etat américain) et le «nous» (les Tunisiens auxquels il s'adresse) de continuer et d'approfondir les relations entre nos deux pays». Il ne rate pas l'occasion de rappeler que ces relations sont très anciennes: «plus de deux cents ans d'amitié et de coopération». Un héritage à sauvegarder.
3- L'évocation de la secrétaire d'Etat américaine, Hilary Clinton, n'est pas un fait fortuit. Elle s'inscrit dans cette rhétorique qui veut dire que l'ambassadeur s'exprime, dans ce texte, au nom de valeurs de l'Etat américain. Il s'empresse du reste à le faire: «un engagement à la non-violence, la tolérance et l'inclusion de toutes les personnes, et à faire respecter la primauté du droit».
Ce n'est pas la première fois qu'un responsable américain fait référence à la secrétaire d'Etat Clinton concernant ce qu'on pourrait appeler “l'affaire de l'attaque de l'ambassade américaine à Tunis“. Beth Jones, secrétaire adjointe chargée du Moyen-Orient, a souligné, le 1er octobre 2012, lors de sa visite en Tunisie, au cours de laquelle elle a rencontré des responsables tunisiens, qu'elle était mandatée par la secrétaire d'Etat Clinton.
«Des terroristes et des criminels»
4- Une phrase sonne comme une exigence américaine pour que le gouvernement agisse au plus vite pour punir «les terroristes et les criminels» qui ont attaqué l'ambassade américaine. La voici: «J'appelle le gouvernement tunisien à mener son enquête et à traduire les auteurs et les commanditaires de cet attentat en justice».
L'appel est certes une «invitation», mais formulé sous la plume d'un diplomate, dont le métier est d'arrondir les angles et d'envelopper ce qu'il dit dans un tissu de velours, il a une toute autre signification. En clair, et c'est là une autre définition du verbe «appeler», il s'agit de «rendre nécessaire» cette enquête et cette traduction devant la justice.
La mention suivante, introduite dans le même message du diplomate américain, appartient au même registre: «Le gouvernement tunisien a l'obligation d'assurer la sécurité de ses citoyens et de ses invités», et ressemble bien à une injonction. Et semble souligner que le gouvernement a, en la matière, une obligation de résultat.
Evidemment, l'ambassadeur ne dit pas tout: le non-dit dans le langage diplomatique fait partie du discours. Toute tête bien faite, pour reprendre la formule chère au philosophe français Michel de Montaigne (1533-1592), peut, toutefois, deviner que l'ambassade américaine suivra de près l'affaire de l'enquête et de la traduction en justice des «criminels et des terroristes». Et ne lâchera prise que lorsque «la primauté du droit» (ce sont les termes de l'ambassadeur) sera mise appliquée.
Il faut dire que le ministre tunisien des Affaires étrangères, Rafik Abdessalem, a bien entendu, le 23 septembre, à Washington, où il été en visite, les propos de la première responsable du Département d'Etat, Hilary Clinton: «Il est inadmissible que les progrès réalisés par le peuple tunisien soient pris en otage par des extrémistes qui n'ont en tête que leur agenda».


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