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Tunisie - Politique :
Le Front populaire peut-il devenir la Syriza grecque?
Publié dans WMC actualités le 30 - 01 - 2015

Plus spectaculaire que l'événement, la célérité avec laquelle Alexis Tsípras, chef de la coalition Syriza et actuel Premier ministre grec, a prêté serment et annoncé son gouvernement. Tout s'est passé en trois jours ouvrables.
Cela pour dire que Syrizia, opposée radicalement à la politique d'austérité des gouvernements précédents, était bien préparée pour saisir cette chance-opportunité et jouer dans la cour des grands avec en prime la légitimité.
Le manque de professionnalisme des politiques tunisiens
Si je suis revenu sur ces citations et sur cet événement grec qui risque d'avoir un effet domino en Europe, c'est simplement pour établir un parallèle entre le professionnalisme des politiques en Europe et celui des Tunisiens. Il s'agit également d'en tirer des enseignements pour certaines coalitions politiques similaires à Syriza en Tunisie, à l'instar du Front populaire.
Nidaa Tounès, qui a remporté les législatives, il y a trois mois, traîne, jusqu'à ce jour, du pied avant de former son gouvernement. A l'origine de ce retard criminel, le manque de courage flagrant et des tergiversations injustifiées des dirigeants de ce parti lesquels refusent de gouverner alors que le peuple les a mandatés à cette fin.
Par leurs hésitations, les dirigeants de Nidaa Tounès ont prouvé, tout autant que les nahdhaouis avant eux, qu'ils n'étaient nullement préparés pour accéder au pouvoir.
Actuellement, ils font perdre au peuple tunisien un précieux temps qui aurait pu être utilisé pour baliser et explorer de nouvelles pistes de développement new look, particulièrement dans les régions marginalisées, des décennies durant.
Au vu des menaces sérieuses qui pèsent sur la stabilité du pays et qu'illustrent le terrorisme, la contrebande, la récession économique, le régionalisme new look…, cet attentisme assassin, pour peu qu'il perdure encore, peut appâter des forces ennemis de la Tunisie dont les djihadistes et daechistes qui campent toujours en Libye, à 50 km de la frontière tunisienne.
Entre le Front populaire et Syriza, des années de lumière
De son côté, le Front populaire, qui a réalisé une percée politique spectaculaire lors des dernières législatives (15 sièges), donne l'impression qu'il est politiquement immature et génétiquement incapable de valoriser ses acquis.
Avec sa politique de blocage systématique et aveugle du nouveau gouvernement Habib Essid, son positionnement contre-nature aux côtés d'un parti destructeur et déstructurant comme celui d'Ennahdha, et son refus de jouer le jeu démocratique, le Front, ce mouvement que tous les analystes créditent, pourtant, d'un avenir politique radieux, encourt, en conséquence de ses agissements irresponsables, de courte vue, un gros risque. Celui du rejet d'une population fatiguée et éreintée par le sectarisme et dogmatisme de ce mouvement. Les Tunisiens ont marre de voir ce parti se cantonner dans une éternelle contestation stérile. Ils ne peuvent plus supporter sa tendance fâcheuse à mettre, sans discernement, les bâtons dans les roues.
Le Front populaire a toutes les chances, mais…
Au regard des perspectives économiques désastreuses qui attendent le pays avec le remboursement, à partir de 2017, des dettes contractées lors de la Troïka et au regard de l'exacerbation de la précarité et de sa généralisation, le Front populaire -dont la structure ressemble à la coalition de la gauche radicale grecque Syriza- a toutes les chances de remporter, à moyen terme, les élections générales du pays et de se positionner un jour comme un parti majoritaire décideur.
La disparition prévisible selon les analystes, dont la CIA, à partir de 2020, des deux grands partis du pays, celui d'Ennahdha par l'effet du vieillissement de ses gourous et son incapacité probable de régénérer ses troupes, et Nidaa Tounès en raison de sa non-homogénéité, militent grandement en faveur du Front populaire qui demeure, aux yeux des Tunisiens, un parti probe et patriote.
Pour y arriver, le Front se doit de préparer sa chance. Il a intérêt, de prime abord, à respecter la pluralité et à accepter de coexister avec les autres. Dans une seconde phase, il doit s'employer à former et à préparer ses troupes à l'exercice, un jour, du pouvoir. D'où tout l'enjeu pour le Front de faire preuve de pragmatisme et de négocier, dès maintenant, avec tout gouvernement en place, toute opportunité devant lui permettre de s'aguerrir au pouvoir, fût-il local, central, régional, voire diplomatique. Syriza, la coalition radicale de gauche grecque, est passée par là.
L'analyse…
Mais on l'aura compris, il y a des années-lumière entre les deux formations. En plus, la victoire de Syriza aux législatives anticipées de la Grèce n'est qu'un accident de parcours, de l'histoire, dirions-nous, car sans les difficultés enregistrées par ce pays au cours des 3 dernières années, jamais cette coalition ne serait parvenue à remporter une telle élection. Tous les peuples du monde aiment qu'on leur vende de l'espoir, surtout dans les moments de souffrance.
Du reste, on peut faire le même raisonnement pour le cas du Front populaire: il est monté parce qu'Ennahdha a fait une usurpation dans la vie des Tunisiens, qui n'acceptent pas qu'on change leur façon de vivre, surtout par la religion.
Alors le Front populaire au pouvoir en Tunisie? En toute logique, ce n'est pas pour demain. Mais qui sait, la vie est pleine de surprises.


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