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Trois histoires courtes à propos d'un drame
Publié dans Business News le 09 - 07 - 2023

Le journaliste est un narrateur d'histoires, le « fdawi » des temps modernes en somme. C'est pourquoi cette chronique racontera trois petites histoires. La première est une histoire fictive, jusqu'à maintenant du moins, mais qui aurait pu ou qui pourrait devenir une réalité et où les migrants tunisiens seraient les victimes. La seconde est une histoire honteuse mais vraie qui raconte le calvaire des migrants subsahariens dans notre pays. Une histoire sordide où une frange de Tunisiens, pas tous heureusement, a joué le rôle du bourreau, raciste, sale et méchant et qui s'est délectée au vu et au su de tous, à « casser du migrant ». Le troisième récit est une projection dans l'Histoire. Il raconte ce que le monde retiendra du carnage vécu par les migrants subsahariens à Sfax, le nouveau visage, désormais hideux de la Tunisie, sans oublier de pointer du doigt les responsables de cette dérive raciste et xénophobe.
L'histoire fictive raconte que les pays européens dirigés par une extrême droite populiste profite d'un fait divers affreux impliquant un délinquant d'origine tunisienne pour lancer une véritable chasse à l'homme contre les migrants tunisiens et les membres de leurs familles. Les hommes sont tabassés en pleine rue, les femmes violées et les enfants privés de nourriture et de soins. Les rescapés sont massés manu militari dans des bateaux radeaux et déversés sur les quais des ports de La Goulette et de Zarzis. Sur le plan humanitaire, les cris d'indignation du gouvernement tunisien sont inaudibles. Qui se soucie des positions d'un régime oligarchique lui-même irrespectueux des droits humains concernant les migrants subsahariens dans son pays ? Sur le plan financier, c'est une véritable catastrophe. Le pays est privé d'un coup, des virements en devises étrangères de plus d'un million et demi de ses expatriés. Ces virements qui ont atteint la somme de quatre milliards de dinars au premier semestre de l'année en cours permettaient au pays de payer le service de sa dette. Sur le plan social enfin, ces centaines de milliers de tunisiens en détresse ont besoin de soutien et d'aides urgentes de l'Etat. Lors de la crise avec la Libye dans les années 80, quand le régime libyen a renvoyé d'un coup et mis à la frontière des milliers de travailleurs tunisiens, le gouvernement tunisien leur avait trouvé, bon gré mal gré, des formules de réinsertion. Mais dans le temps, il y avait véritablement un gouvernement.
Ce qui s'est passé à Sfax au début de ce mois de juillet est malheureusement une histoire vraie. Des hordes de Tunisiens s'attaquent aux migrants subsahariens et aux membres de leurs familles. Ces migrants sont poursuivis jusqu'à l'intérieur de leurs maisons, obligés de quitter leurs demeures saccagées et incendiées. Ils sont tabassés dans la rue, délestés de force de leurs maigres biens, argent, téléphones et tout ce qu'ils possèdent. Les autorités, au lieu de les protéger et de leur porter secours, les ont entassés dans des bus de la honte pour les déverser sur les frontières avec la Libye, en plein Sahara sous un soleil de plomb et un thermomètre frôlant les 50 degrés Celsius. Cela rappelle affreusement les rafles de la police française sous le régime de Vichy visant les juifs français amassés dans des trains et envoyés dans les ghettos de la mort nazis. Huit décennies après, ces atrocités ont laissé une plaie toujours béante dans la mémoire de l'humanité. Ce qui s'est passé à Sfax au début de ce mois de juillet gardera une cicatrice indélébile.
De ces histoires on peut tirer beaucoup d'enseignements. Ce qui s'est passé à Sfax ne concerne pas Sfax seulement, une ville délaissée, ignorée et laissée seule, en l'absence de l'autorité locale et régionale, face à ses nombreux problèmes cruciaux comme l'immigration clandestine, la pollution, les déchets ménagers. Cela concerne toutes les régions, toutes les villes et toutes les personnes dans ce pays. La réunion de certaines conditions qui exacerbent la crise profonde de notre société et aggravent nos difficultés quotidiennes peuvent conduire à des comportements primaires et inhumains. C'est dans ces moments de crise, de tensions extrêmes, où les repères sont violemment secoués qu'il faut rester lucide et vigilant pour préserver notre humanité et nous attacher plus que jamais aux valeurs universelles des droits humains. Pour ceux qui étaient hésitants jusqu'à maintenant, il est évident aujourd'hui que l'éducation aux droits de l'Homme n'est plus un luxe mais une nécessité et une urgence. Quant aux responsabilités, il n'y a pas à trop tourner autour du pot. Le président Kaïs Saïed est seul responsable de cette situation. Ses déclarations racistes et xénophobes de février dernier ont ouvert la boite de pandore. Sa récente visite à Sfax n'a apporté aucune solution à la problématique de la présence massive de migrants. Ses dernières déclarations devant sa cheffe de gouvernement, stoïque à l'accoutumé, affirmant que les migrants ont été bien traités est un exemple de fuite en avant et de déni de la réalité. Il est certain que tout cela contribuera à ternir d'avantage l'image de la Tunisie. Mais qui s'en soucie !


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