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Un mois depuis l'évasion de terroristes de la Mornaguia et on ne sait toujours rien
Publié dans Business News le 30 - 11 - 2023

Un mois après l'évasion de cinq terroristes de la Mornaguia, on ne sait toujours rien sur cette affaire, ni sur l'identité de la partie qui les a aidés à s'évader. En dépit des promesses à chaud des autorités et de l'arrestation de pas moins de 18 agents et cadres pénitentiaires.

L'évasion est spectaculaire et restera dans les annales. Réputée être la prison la plus sécurisée de Tunisie, la Mornaguia a été déflorée mardi 31 octobre 2023 par cinq terroristes Nader Ghanmi, Alaeddine Ghazouani, Ameur Belâzi, Ahmed Melki et Raed Touati.
Alors que les prisons sont sous la tutelle du ministère de la Justice, c'est pourtant le ministère de l'Intérieur qui donne l'alerte. Chose rarissime quand on sait que ce n'est pas la première fois que des prisonniers s'évadent dans le pays. Le jour même, des photos de l'intérieur et de l'extérieur de la cellule et du mirador extérieur sont fuitées sur la page Facebook de la journaliste tunisienne exilée en Turquie, Chahrazed Akacha. On voit une corde qu'auraient utilisée les terroristes, pendant du mirador, et les barreaux sciés de la minuscule fenêtre de la cellule. Les photos font éclater de rire les réseaux sociaux et personne ne croit à cette version totalement non officielle de l'évasion. Les terroristes sont assez bedonnants pour ne pas pouvoir passer à travers cette fenêtre.
Pendant plus de 24 heures, et à l'exception de l'avis de recherche du ministère de l'Intérieur, les autorités ont maintenu le silence total.

Il a fallu attendre le 1er novembre au soir pour que le président de la République en personne se prononce pour affirmer que les terroristes ont été aidés dans leur évasion.
« Il ne s'agit pas d'une évasion, on les a fait fuir, affirme Kaïs Saïed. Les photos qui ont été diffusées n'ont aucun fondement et n'auraient jamais dû circuler. Le but derrière la diffusion de ces images a été de brouiller les investigations. Toutes les preuves montrent que cette opération a été préparée depuis des mois. (…) Ce qui est arrivé hier est inacceptable à tous les niveaux. Il y a eu des défaillances de la part d'un ensemble de personnes ou de structures. Il faut les poursuivre et les condamner. Á celui qui pense qu'il peut porter atteinte à l'Etat, en collaborant avec les mouvements sionistes et des parties de l'intérieur du pays, je lui dis que l'Etat ne peut être atteint et le peuple tunisien ne peut douter. Nous restons inébranlables et nous protégerons l'Etat tunisien ».
En évoquant une complicité de l'intérieur et l'implication de sionistes dans l'évasion, le chef de l'Etat semble détenir des informations précises, fruit des résultats des premières 24 heures de l'enquête.

Quatre jours après leur évasion, les terroristes braquent une banque à la cité Boumhel et partent avec quelque vingt mille dinars. Avec un tel butin et de telles complicités, la cavale devait être une sinécure. Sauf que non, ils ne sont pas restés trop longtemps dans la nature. En dépit de leurs spectaculaires efforts et de leurs complices, les cinq évadés ont été rattrapés en moins d'une semaine. Dimanche 5 novembre, Ahmed Melki est attrapé, dans la foule, par un policier en civil à la cité populaire d'El Intilaka. Il n'a même pas pris la peine de se camoufler. Il était sans lunettes, sans casquette et sans bavette. Deux jours après, on aurait arrêté les quatre autres au milieu des bois de la montagne Boukornine. Seule une photo, d'un unique terroriste, est diffusée.
Les autorités présentent l'opération comme un coup d'éclat des forces de l'ordre.
Alors que le ministère de la Justice poursuit son silence, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Faker Bouzghaya, promet mardi 7 novembre aux médias de dévoiler tous les détails de l'évasion une fois l'enquête terminée. Promesse non tenue à ce jour, alors que l'enquête donne l'air d'avoir bien évolué.
La preuve avec ces 18 mandats de dépôt émis contre du personnel pénitentiaire les mercredi 15 et vendredi 17 novembre. Deux anciens directeurs de la prison, dont celui qui a été limogé le jour même de l'évasion, font partie des suspects en détention.
On peut même dire que les autorités judiciaires ont dépassé la question de l'évasion et des complicités pour se pencher sur les à-côtés, nettement moins importants. Vendredi 24 novembre, le pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme a décidé l'ouverture d'une enquête sur la fuite de photos de l'évasion. Le juge d'instruction a ordonné d'identifier les responsables et de déceler les circonstances de la diffusion des photos en question sur les réseaux sociaux.
Or, c'est une évidence, ces photos n'ont pu être prises et diffusées que par des cadres de la prison, probablement autorisés à le faire.

Au vu des déclarations du président de la République, de l'évolution de l'enquête, de la promesse du porte-parole du ministère de l'Intérieur et des mandats de dépôt émis, il y a suffisamment d'éléments que les autorités pourraient communiquer aux Tunisiens. Pourtant, les pouvoirs judiciaires et les autorités compétentes (Intérieur et Justice) gardent le silence, comme si le sujet n'intéresse pas les Tunisiens.
Il n'est pas question de dévoiler des secrets de l'instruction, il s'agit juste de dire qui sont les sionistes dont parle le président de la République, quelle est l'implication et que reproche-t-on au juste aux 18 agents et hauts cadres pénitentiaires arrêtés, comment les terroristes ont quitté la prison, pourquoi ils ont braqué une banque, mais se sont laissé attraper facilement ensuite… Autant d'informations qui intéressent le public et les observateurs, mais qui sont maintenues secrètes par les autorités qui agissent comme si la Tunisie était leur propriété privée. Il s'agit là d'une violation du droit fondamental des Tunisiens à l'information. Un droit bafoué comme beaucoup d'autres droits sous le régime de l'antisioniste Kaïs Saïed.


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