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Les médias tunisiens face à la convergence numérique : le grand fossé !
Publié dans Business News le 10 - 08 - 2009

Le développement rapide des TICs a touché pleinement le monde des médias. Depuis quelques années, la convergence numérique des médias a bouleversé les habitudes de consommation des contenus journalistiques de fond en comble. Grâce à la numérisation, le contenu médiatique produit dans un langage informatique universel est facilement adaptable à n'importe quel support. Désormais, les publics ont pris l'habitude de solliciter des contenus sous différentes formes : des programmes TV sur un Ipod, l'Internet sur un téléphone mobile, etc. Cependant, à l'heure où le monde se convertit aux nouvelles lois imposées par un déterminisme technologique, le système médiatique tunisien reste encore sous-numérisé. D'ailleurs, ce nouveau paradigme, à la croisée de plusieurs disciplines, n'arrête pas de susciter l'intérêt des scientifiques, chercheurs et praticiens tunisiens.
L'évènement phare de la 10ème édition du Festival international d'Internet était sans doute l'organisation d'une conférence portante sur "la convergence numérique des médias", tenue vendredi 7 août 2009. Pour mieux approcher ce concept et appréhender ses différents contours, l'Association tunisienne de l'Internet et du multimédia (ATIM), a réuni le gotha national et international du monde des TICs, de la communication et des télécommunications.
Au vu des dires des différents conférenciers, on s'aperçoit, d'une manière générale, que la convergence des médias peut être définie comme un phénomène qui tend à fusionner l'information, le support et le transport. Il ne s'agit pas d'un phénomène éphémère. Au contraire, la convergence constitue plutôt une adaptation à l'évolution actuelle de la numérisation.
Cette tendance, fruit du rapprochement effectué entre l'informatique et les télécommunications, est marquée par la concentration de plusieurs supports : superposition des télécommunications, de la télévision et de l'Internet. De ce fait, la technique numérique facilite l'interaction entre divers supports médiatiques permettant aux différents publics/consommateurs un accès rapide aux nouveaux services et une multiplication de l'offre.
Certes, certains pays sont plus en avance que d'autres dans la "pratique de la convergence", mais rapidement tout le monde pourra profiter des dernières pratiques technologiques.
Dans le cas de la Tunisie, les interrogations ne manquent pas sur l'état des lieux de la convergence numérique du système médiatique tunisien.
Salaheddine Dridi, enseignant-chercheur en journalisme et communication à l'Institut de presse et des sciences de l'information (IPSI) et directeur général de l'Information, s'interroge sur la question. « Pourquoi le système médiatique tunisien est-il en dehors de la convergence, alors que l'Etat est par définition un Etat "numérisateur" du fait de sa politique volontariste en matière de TICs ? ».
Pour mieux comprendre cette situation paradoxale, M. Dridi a précisé qu'il existe trois acteurs de la convergence médiatique en Tunisie:
• Les acteurs publics (portail TAP, portail TV, portail Radio, SNIPE- La presse, nouveau portail du 1er ministère, sites de l'ATCE) qui sont des non -acteurs, des non-usagers de la convergence. Le portail du 1er ministère est basique, précise l'enseignant-chercheur, incomparable avec ceux des Emirats Arabes Unis, par exemple, en matière de convergence.
• Les acteurs privés : les journaux électroniques en pleine effervescence éditoriale (sites internet de radios et télévisions privées, la presse électronique, les sites agrégateurs de contenus) qui embrassent cette nouvelle tendance, ainsi que plusieurs sites sportifs nettement plus actifs en matière de convergence que les médias publics.
• Les acteurs individuels comme l'animateur Ameur Bouazza qui positionne radio Monastir sur le réseau social Facebook alors que radio Monastir ne figure pas institutionnellement sur le Web et/ou Facebook. Et les exemples ne manquent pas. De ce fait, le journaliste est plus dans la convergence que le média qui l'emploie. Il est bon de noter à ce propos que la majorité des journalistes de la presse électronique tunisienne relaient leurs articles sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter notamment) contrairement à ceux des journalistes de la presse papier, bien que des exceptions existent et que ces derniers sont bien présents sur ces réseaux. On notera aussi la présence de groupes dédiés de ces médias électroniques dans ces réseaux. En parallèle, on ne retrouve pas du tout de trace des médias papier ou publics.
M. Dridi a fait remarquer qu'il s'agit d'un problème à double facette. D'un côté, les médias tunisiens ne sont pas dotés de l'infrastructure nécessaire à la convergence. « Avons-nous des journalistes capables de s'intégrer dans les usages de la convergence ? Qui possède un ordinateur, une caméra, un ordinateur portable ? Combien de journalistes possèdent un savoir-faire numérique ?
Qui envoie ses articles à la rédaction à travers ces supports ? Les salles de rédaction sont-elles équipées de l'infrastructure nécessaire à la convergence? Quelle est la taille du parc d'ordinateurs des médias tunisiens ? Très faible certainement ! Déjà, la plupart des journalistes tunisiens préfèrent le fax à tout autre support », ajoute M. Dridi en concluant son idée par le fait que nous sommes de bons consommateurs de la middle technology (ce qui est basique dans la convergence) et faibles consommateurs de la high technology, ce qui exige une bonne convergence.
D'un autre côté, pour que les médias tunisiens puissent fonctionner en « mode convergent », sans entraves, une politique de contenu doit être mise en place. Or, le discours sur la convergence est accaparé par les ingénieurs, les techniciens et les opérateurs de la téléphonie mobile, en l'absence des journalistes et communicateurs. Le contenu numérique diffusé est donc appauvri. Il précise que : « La TNT et la troisième génération pour la téléphonie mobile sont les défis majeurs de la convergence en Tunisie et rien n'indique que nous y sommes préparés surtout au niveau de la politique des contenus ».
Partant de ce constant, le système médiatique tunisien, dans l'ensemble, est sous-numerisé, et sous électronisé. C'est ce qui explique son incapacité à intégrer cette tendance.
En l'absence d'une appropriation effective par les médias tunisiens de la convergence, on pourrait comprendre la tendance des Tunisiens à lancer des « Web radio » , « Web TV », etc.
Ce qu'ils recherchent avant tout, c'est la liberté, celle de pouvoir transporter un contenu en tout lieu et de le consommer à tout moment. Mais ce n'est pas suffisant ! Ils réclament aussi des contenus riches et variés, pour ne pas dire exclusifs.
« D'un point de vue strictement personnel, 600 mille jeunes nous échappent sur Facebook et on devrait les gagner. Rapidement. Peut-être cela serait dû au fait que nos médias, surtout publics, sont en dehors de la convergence ».
On dispose désormais d'une image assez précise sur les entraves de la convergence des médias en Tunisie. Cependant, une question s'impose. Comment peut-on faire pour les basculer en mode convergent ?
M. Dridi précise qu'il est impératif de mettre au point une stratégie nationale pour la numérisation des médias tunisiens. Pour la politique des contenus, ce ne sont pas les ingénieurs qui doivent s'en occuper mais bel et bien les communicateurs.
Outre les problématiques de l'infrastructure et de la production du contenu, il faut se préparer aux défis de la convergence sur le plan juridique en précisant le statut de la presse électronique, le statut des journalistes "convergents", la texture juridique qui doit régir les médias dans une philosophie de convergence (tout en un) et le déontologie de la profession "convergente".
L'issue de l'adhésion à cette tendance est connue d‘avance. Œuvrer pour un projet sociétal révolutionnaire, « vers une Tunisie numérique ». Les médias tunisiens sont donc appelés à contribuer de façon significative à la croissance des industries de contenus et la généralisation de la culture numérique. D'ailleurs, cette convergence est autant souhaitée par les utilisateurs que par les producteurs de contenus.


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