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Mea-culpa
Publié dans Business News le 30 - 01 - 2011

La Presse a un problème avec ses lecteurs qui traîne depuis longtemps. Nous n'avons jamais parlé franchement avec nos lecteurs à propos des critiques et des griefs que l'on entend ici et là et qui concernent le contenu de notre journal. Tout le monde est conscient au journal La Presse que, pratiquement depuis l'indépendance jusqu'au 15 janvier 2011, ce qui se publiait au niveau politique ressemblait à tout sauf à de l'information.
Les dictatures de Bourguiba et de Ben Ali avaient instrumentalisé la presse en général et La Presse en particulier pour servir l'ego surdimensionné des deux seuls présidents que le peuple tunisien a eus en plus d'un demi-siècle.
Flagorneurs, laudateurs, calculateurs et manipulateurs rivalisaient d'inventivité et d'imagination pour décrire Bourguiba d'abord, Ben Ali ensuite, comme des hommes exceptionnels, des génies et des sauveurs et des constructeurs sans lesquels la Tunisie ressemblerait à un désert peuplé d'«une poussière d'individus».
Le culte de la personnalité dans les deux dictatures était si développé que, dans le cas de Bourguiba, la présidence à vie était devenue un principe constitutionnel, et, dans le cas de Ben Ali, le dictateur n'avait pas encore accompli un an de son quatrième mandat que flagorneurs, laudateurs, calculateurs et manipulateurs le suppliaient déjà de se représenter pour un cinquième mandat…
La Presse, tout comme la télévision et la radio nationales, a joué un rôle central dans l'établissement d'un culte de la personnalité des deux présidents et dans l'instauration d'un système d'information ossifié et sclérosé, ayant fortement endommagé la réputation internationale du pays.
Les titres pompeux, les fausses informations sur l'état de la démocratie, des libertés et des droits de l'Homme, les éditoriaux creux, les attaques indécentes contre certains opposants étaient source d'amertume quotidienne pour les journalistes. Leur impuissance à influer sur l'orientation du journal était d'autant plus frustrante que leur travail de journaliste était l'unique source de revenu.
Certains journalistes, dont l'auteur de ces lignes, ont tenté à maintes reprises de s'opposer à cet état de fait en signant des pétitions ou en publiant sur le web des articles censurés, mais leur action était très peu efficace face à une administration au garde-à-vous.
Il est normal qu'après plus d'un demi-siècle de désinformation et d'usage systématique de la langue de bois que la relation entre le journal La Presse et ses lecteurs soit troublée. Tous les journalistes sont conscients que, à l'exception des années 1988-89-90, les lecteurs achetaient La Presse soit par habitude, soit pour consulter les petites annonces, soit pour suivre les informations sportives, mais certainement pas pour s'informer des activités de Bourguiba et de Ben Ali ou de leurs ministres, ni, encore moins, pour «savourer» l'éditorial.
La responsabilité centrale de cet état de choses incombe à l'Autorité politique, et principalement au service de presse au Palais de Carthage qui, pendant des décennies, s'est posé en gardien vigilant, réprimant toute velléité d'indépendance de la presse, et récompensant toute disposition à chanter les louanges mensongères du régime.
Aujourd'hui, la Tunisie respire et La Presse aussi. Notre journal n'est plus le même depuis le 15 janvier, comme ne cessent de nous le faire remarquer de nombreux lecteurs. La Presse a changé parce que ses journalistes ont été libérés du joug de la dictature par la révolte populaire. Nous n'avons pas hésité un seul instant à nous engouffrer dans la brèche ouverte par notre jeunesse, il y a tout juste deux semaines.
Tout en présentant ses excuses les plus sincères à ses lecteurs pour le produit lamentable qu'elle leur a offert durant les années de plomb, La Presse tend aujourd'hui la main à ses lecteurs. Une main libre de toute interférence politique. Nous nous engageons fermement auprès de nos lecteurs et nous les assurons de notre volonté inébranlable de couper définitivement avec le passé et d'entamer avec eux une nouvelle page dont l'écriture a commencé le 15 janvier 2011. Nous nous engageons à défendre bec et ongles la liberté de la presse que l'ancienne classe politique nous a déniée pendant si longtemps et que notre jeunesse nous a offerte sur un plateau d'argent. Nous sommes reconnaissants à notre peuple d'avoir libéré notre parole et notre plume.
Les lecteurs auront dans les jours, les semaines, les mois et les années à venir un journal où ils puiseront l'information juste, diversifiée et plurielle ainsi que le commentaire qui respecte à la fois la liberté, la diversité et les règles de base de la déontologie. Nous sommes d'ores et déjà en mesure d'annoncer la bonne nouvelle à nos lecteurs: depuis le 15 janvier, nous ne recevons plus ni ordres ni rappels à l'ordre. Ni directives de jeter à la poubelle tel article, ni «suggestion» de mettre en valeur tel autre. Les seuls rappels à l'ordre que nous tolèrerons désormais sont ceux qui nous viendraient de nos lecteurs et c'est à eux et eux seuls que nous chercherons à plaire. Nous vous invitons vivement, à cette fin, à réagir au nouveau contenu de votre journal au : [email protected].
*Hmida Ben Romdhane, journaliste à La Presse et PDG de la SNIPE, maison d'édition de La Presse et d'Assahafa. Il a été nommé à ce poste par le gouvernement transitoire, après la révolution du 14-Janvier.


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