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Tunisie Le sang tunisien a encore coulé
Publié dans Business News le 31 - 10 - 2012

Après le meurtre de Lotfi Nagdh à Tataouine que Nidaa Tounes qualifie d'assassinat politique, voilà que la violence politique se poursuit faisant un deuxième tué à Douar Hicher, cette fois-ci, dans les rangs des salafistes alors qu'un troisième serait, également mort des suites de ses blessures lors des mêmes incidents survenus dans la même localité.
Qu'il s'agisse d'un responsable de Nidaa Tounes ou d'une personne appartenant à la mouvance salafiste et quels qu'en soient les motifs et autres justifications apportés par les uns et les autres, c'est encore du sang tunisien qui a coulé. Ce qui est regrettable et condamnable.
Au-delà de ces deux tragédies, c'est cette lourde atmosphère qui plane sur le paysage politique et sur le pays où tout le monde accuse tout le monde, où les agressions se multiplient et où les violences deviennent une pratique répandue. Et le hic est que les auteurs de ces violences sont, rarement, arrêtés. Et dans le cas où ils le sont, ils sont vite relâchés ou bien écopant de peines très légères et, par voie de conséquences, non dissuasives.
Le hic aussi, est qu'au milieu de ces multitudes de voix qui s'élèvent partout, l'opinion publique est perdue. Personne parmi les autorités compétentes n'ose ou ne veut se prononcer avec clarté et transparence sur les véritables identités des personnes arrêtées lorsque c'est le cas. On se contente du cliché bateau : une enquête a été ouverte, il est trop tôt pour se prononcer. La justice se chargera de tirer les choses au clair et de délimiter les responsabilités.
Or, à quelques exceptions près, s'agissant – faut-il l'avouer- des cas où ce sont des journalistes ou de personnes qualifiées de laïques qui sont accusés, peu d'enquêtes ont abouti ou de sentences prononcées. Où en est l'enquête sur les tristes événements survenus le 9 avril 2012 à l'Avenue Habib Bourguiba ? Et pourtant, les vidéos, les photos et les témoignages de personnes crédibles sont bien là…
Où en est l'enquête concernant l'agression contre l'élu français d'origine tunisienne à Bizerte ? Où en est l'enquête à propos des actes de vandalisme contre le mausolée de Saïda Manoubia, s'agissant pourtant d'un monument de très grande valeur historique faisant partie du patrimoine national tunisien ? Où en est l'enquête sur le meurtre de Lotfi Nagdh à Tataouine ? Où en sont les enquêtes sur les émeutes à Gabès, à Jendouba, à Bizerte, à Sijoumi, à la banlieue Nord ? Et on en passe tellement la liste est longue !
Et voilà, maintenant, survenu le drame de Douar Hicher mettant aux prises les agents de la Garde nationale à des groupes dits salafistes. La multiplication de ces affrontements de plus en plus sanguinaires a amené l'un des analystes connu pour sa modération, en l'occurrence, Slaheddine Jourchi, à tirer la sonnette d'alarme.
Il estime que ces violences ont dépassé le cadre isolé et individuel pour devenir un véritable phénomène avec l'émergence de groupes assez nombreux, bien organisés, bien encadrés et armés, pas en armes à feu, mais en armes blanches redoutables (sabre et couteaux lourds), gros bâtons, cocktails Molotov).
Certains n'hésitent pas à dire que la faute incombe à l'approche sélective des décideurs au ministère de l'Intérieur qui observent une grande célérité dans le traitement de certaines affaires et font un black out dans d'autres.
Pour sa part le ministre de l'Intérieur, Ali Laârayedh, assure que des patrouilles quotidiennes ont conduit, jusqu'à présent, à l'arrestation de près de 300 personnes tout en indiquant qu'il « y aura encore des casses dans les jours à venir » et que les actes de violence ne sont pas prêts de s'arrêter de sitôt, appelant toutes les parties politiques et sociales à jouer leur rôle dans la prévention contre le terrorisme et à ne pas accuser les forces de l'ordre d'être l'unique responsable.
Il est à rappeler que, selon la version de sources sécuritaires, les affrontements ont éclaté à Douar Hicher suite à l'annonce de l'arrestation d'un des salafistes ayant agressé le commandant Wissem Ben Slimane. Autrement dit, l'accusation est claire et directe contre les groupes salafistes qui, à leur tour, accusent « Kamel Letaïef d'être derrière cette tension et, derrière lui, se trouvent plusieurs officiers du ministère de l'Intérieur à sa solde et à la solde de services de renseignement étrangers ».
Les seuls responsables de l'escalade, toujours selon un des chefs salafistes, « sont les contre-révolutionnaires de Nidaa Tounes qui veulent que le sang salafiste soit le carburant d'une bataille électorale ».
A propos de cette affaire, elle est encore trop floue et les premiers éléments laissent entendre que certains voudraient donc accabler l'homme d'affaires Kamel Letaïef. Ce dernier déclare son innocence de tout ce qu'on veut lui imputer et crie, à son tour, au complot.
Qui croire ? Difficile de trancher tant que les deux principaux départements concernés, en l'occurrence ceux de l'Intérieur et de la Justice n'apportent pas leur aide pour éclairer l'opinion publique par des informations précises et étayées.
Mais il faut dire que les politiciens ont une lourde responsabilité à assumer dans cette ambiance malsaine qui règne en Tunisie. Lorsque les citoyens voient et entendent, à longueur de journée, les responsables des partis politiques et les élus à l'Assemblée nationale constituante se lancer dans des accusations et des dénigrements, souvent gratuits, sans arguments et dans l'impunité la plus totale, cela donne un mauvais exemple.
Il ne faut pas oublier, non plus, le rôle néfaste des comités de protection de la révolution qui manifestent à sens unique en faveur du pouvoir et s'attaquent à tous ceux qui s'y opposent, plus particulièrement Nidaa Tounes et ses membres depuis sa création.
Et lorsque l'on entend que des membres de la Troïka défendent, bec et ongles, ces comités, alors qu'il est avéré que ces mêmes comités se transforment en milices pour attaquer tout ce qui est anti-Troïka, et que théoriquement ils n'ont plus aucune raison d'être après les élections du 23 octobre 2011, cela donne à réfléchir quant à la nature des relations entre ces comités et les trois composantes du gouvernement en place.
Tous ces développements devraient inciter toutes les parties prenantes à observer un minimum de sagesse et de retenue, car au rythme où vont les choses, le sang tunisien risque, malheureusement, de couler davantage.
Crédit photo : Seif Eddine Soudani / Le Courrier de l'Atlas


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