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Tunisie - Explosions de Chaâmbi : Un Etat défaillant face à un danger imminent
Publié dans Business News le 30 - 04 - 2013

Trois explosions, provoquées par des mines, ont causé des blessures graves sur un nombre non négligeable de membres de la Garde et de l'Armée nationales. Dans une escalade violente, la Tunisie paie à un prix élevé son combat contre le terrorisme.
C'est à la montagne Chaâmbi dans le gouvernorat de Kasserine que ces événements tragiques ont eu lieu. Au cours d'opérations de ratissage, les forces de la Garde et de l'Armée nationales ont essuyé des pertes tragiques à cause de mines plantées par des terroristes. Aucune information vérifiée n'a filtré jusqu'ici sur le nombre de terroristes traqués dans ces montagnes ni sur leurs réelles intentions. Toutefois, un reportage diffusé sur la chaîne « Ettounisya » a permis de recueillir quelques éléments.et de faire un peu de lumière sur le phénomène.
Dans leur traque de ces éléments terroristes, les forces de l'ordre sont parvenues à accéder à l'une de leurs cachettes. En plus de la nourriture, de lampes électriques et de quelques munitions, les enquêteurs ont trouvé des lettres manuscrites faisant état des intentions terroristes de ces individus qui proclament que la Tunisie est terre de Jihad dans des correspondances adressées à un certain « émir ».
A travers ce reportage, on a pu également nous rendre compte de la détresse des agents chargés de traquer ces individus. L'un d'eux explique que des ordres leur ont été donnés de ne pas tirer sur les éléments recherchés mettant ainsi en danger de mort les soldats et gardes-frontières qui s'aventurent dans les montagnes. D'autre part, les critiques pleuvent concernant l'organisation et le manque de rapidité des secours, il a fallu plus de trois heures pour qu'un hélicoptère soit dépêché sur les lieux de l'explosion afin d'évacuer les blessés à destination de l'hôpital régional de Kasserine. Il est certain que la nature du terrain peut expliquer en partie ce retard mais il reste difficilement compréhensible qu'une telle opération soit engagée sans qu'aucune disposition médicale ne soit prévue.
En réaction à cet état de fait, le ministre de l'Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, s'est engagé à fournir le matériel et les renforts nécessaires aux éléments des forces de l'ordre déjà sur place afin de leur permettre de faire leur travail. Un Conseil ministériel extraordinaire s'est également tenu le 30 avril pour étudier de plus près les événements survenus au Chaâmbi.
A l'issue de ce Conseil ministériel, Ali Laârayedh a assuré que le terrorisme ne vaincrait pas la Tunisie tout en adressant des vœux d'encouragement et de solidarité aux forces de l'ordre pour leur bravoure et leur courage.
Ces explosions font souffler un vent d'inquiétude sur les Tunisiens qui entendent dans les médias que des mines plantées par on-ne-sait-qui sont en train de déchiqueter des éléments des forces armées tunisiennes. C'est dans ce marasme d'incompréhension et d'étonnement que la présidence de la République tunisienne publie un communiqué dans lequel elle « condamne » les agissements terroristes en qualifiant les atteintes aux forces de l'ordre de « crime le plus grave qui soit ».
La plus haute autorité du pays ne semble pas accorder une grande importance à ces événements et se contente de condamner –comme tout citoyen- ces crimes odieux contre des forces de l'ordre qui se sentent de plus en plus livrées à elles mêmes.
De son côté, le ministère de l'Intérieur n'a pas fourni d'explications ou de réponses quant à l'identité présumée des assaillants et s'est contenté d'une posture défensive incarnée par Mohamed Ali Aroui, nouveau porte parole du ministère, rappelant ainsi son prédécesseur.
L'appareil de l'Etat, par ses institution et par ses représentants, ne semble pas prendre la juste mesure de ce qui se passe à la frontière algérienne, ou ne veut pas en communiquer la teneur. Il est clair qu'après les événements de Bir Ali Ben Khelifa, Rouhia, Chebika et dernièrement Chaâmbi, le terrorisme est devenu une réalité dans une Tunisie désordonnée, propice à ce genre de pratiques. Les intentions déclarées par les gouvernements successifs depuis la révolution ne semblent pas mettre un terme à la prolifération d'un mal dont on se passerait bien.
Découvertes de caches d'armes, échanges de coups de feu entre forces de l'ordre et individus armés, démantèlement de cellules terroristes sont autant de nouvelles qui ne sont pas de nature à rassurer le citoyen et encore moins à rassurer les touristes ou les investisseurs.
Le mal le plus profond est certainement la remise en doute de la volonté politique de l'Etat tunisien de mettre un terme à ces agissements. A travers leurs syndicats et à travers les médias, les forces de l'ordre commencent à parler. L'opinion publique commence à se rendre compte des réelles difficultés auxquelles sont confrontées les forces de l'ordre dans l'exercice de leurs fonctions : matériel inexistant ou mal adapté, cadre légal chancelant, problématique de transmission des ordres…. La politique des deux poids deux mesures adoptée par le gouvernement de la Troïka finit de créer l'amalgame entre ce type d'événements et d'autres défaillances sécuritaires comme l'attaque de l'ambassade américaine.
Il est important aujourd'hui que l'Etat témoigne de sa réelle solidarité avec les forces de l'ordre par les faits et non par les déclarations lyriques vantant le courage et l'abnégation –réels du reste- dont elles font preuve dans l'exercice de leurs fonctions.
Il est également essentiel d'opter pour une stratégie de communication proactive qui ne se contente pas d'une posture défensive qui considère toute critique comme une tentative de politisation ou de déstabilisation. Quant à la présidence de la République, celle-ci devrait jouer un rôle plus proéminent quand il s'agit de catastrophes nationales comme le fait d'être la cible d'attaques terroristes.
Malgré ses prérogatives limitées, Moncef Marzouki aurait pu user de la symbolique de son poste pour rendre visite aux agents blessés par exemple ou essayer, dans la mesure du possible, de rassurer une population qui ne sait plus à qui se fier. Au-delà de la catastrophe humaine que représente la blessure d'un tel nombre d'agents de la Garde nationale et de soldats, les événements de la montagne Chaâmbi mettent en lumière des dysfonctionnements évidents dans l'appareil de l'Etat.


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