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Entre le pyromane Marzouki et le pompier Ben Jeddou
Publié dans Business News le 20 - 05 - 2013

Conscient que sa popularité a chuté, incapable de trouver un institut de sondages crédible pour le rassurer, déterminé à garder son poste à la présidence et très soucieux quant à son avenir politique, le président Moncef Marzouki a commencé tôt sa campagne électorale. Pour ce faire, il cherche désormais à puiser dans le terreau le plus sensible au langage populiste primaire : les islamistes. A l'instar de son partenaire Ennahdha qui a réussi avec succès l'exercice.
Moncef Marzouki découvre, sur le tard, que les Salafistes ne sont plus des microbes (sa propre expression il y a un an), ils sont désormais des citoyens à part entière. Mieux que ça, il a décidé qu'ils soient des citoyens au-dessus de la loi. Adieu le langage de la laïcité, adieu le langage des droits de l'Homme, adieu le langage de la primauté de la loi, place désormais au discours religieux. Au Diable l'indépendance des conseils scientifiques des universités, aux oubliettes la décision ferme du Tribunal administratif.
Lui qui n'a pas défendu Jabeur Mejri et Ghazi Béji (condamnés à 7 ans et demi de prison pour avoir exprimé leur athéisme), préfère défendre des anonymes qui tiennent à le rester, en affirmant haut et fort son incompréhension et sa désapprobation que l'on interdise aux étudiantes niqabées l'accès aux salles d'examens.
Moncef Marzouki a choisi la réunion du dialogue national de l'UGTT pour jeter de l'huile sur un feu non encore éteint et à trois jours d'une réunion salafiste organisée par un groupe illégal et illégitime.
De quoi se mêle-t-il ? Et pourquoi pas des étudiants en cagoules ? Et si on autorisait des étudiants à poil pour passer ces examens, tant qu'on y est ? Après tout, si chacun est libre de porter ce qu'il veut dans un endroit public, l'inverse devrait être vrai également. Ne pas porter de vêtements, être en harmonie avec la nature, comme le Bon Dieu nous a créés, est encore plus pur, plus sympa pour les yeux et c'est une doctrine qui n'a absolument rien à envier à ceux qui prônent le niqab.
Mais voilà, dans un espace public où l'on vit en commun, la société a décidé que les nudistes n'aient pas de place, même pas sur une plage réservée. En Tunisie, une paire de seins suffit pour que l'on vous colle une accusation d'atteinte à la pudeur. Et il n'y a rien à redire.
Mais le parallèle s'impose, le niqab doit également être interdit dans ce même espace public pour que l'on puisse vivre en harmonie. « Je ne te choque pas avec mes seins, tu ne me choques pas avec ton niqab. Tu veux ta liberté, accorde-moi la mienne ».
De tout cela, l'ancien laïc et droit-de-l'hommiste Moncef Marzouki n'en a cure, il n'a d'yeux que pour les niqabées et son hypothétique élection.
Les dividendes lui ont été servis cash. Polémique chez les laïcs (considérés comme des mécréants) et vivats chez les Islamistes, modérés et radicaux.
Forts de cet appui marzoukiste et cgonflés à bloc par leurs dirigeants, les Salafistes ont profité de la brèche pour affirmer, encore plus haut et plus fort, leur mépris et leur détestation de l'Etat et de ses lois. Ils avaient programmé une conférence grandiose dimanche à Kairouan et ils étaient déterminés à la réussir.
Après tout, si le président de la République affirme publiquement son mépris des lois de ce pays, pourquoi ce serait à eux de les respecter ? Et si le président de la République traîne dans la boue le prestige de l'Etat, pourquoi devraient-ils le considérer, alors qu'ils ont toujours rêvé d'une umma islamique sans frontières ?
Seulement voilà, les dirigeants de ce pays ne sont pas tous aussi immatures que Marzouki. A commencer par les hauts cadres de l'Armée (qui enregistrent tout) et ceux des forces de l'ordre (qui ne ratent rien).
Déterminés à protéger la Tunisie républicaine, les hauts cadres du ministère de l'Intérieur ont demandé et obtenu de leur ministre Lotfi Ben Jeddou à contrer avec force les provocations incessantes des Salafistes. Primauté doit rester à la loi.
Le ministre a mobilisé ses agents partout, aussi bien à Kairouan, lieu du rendez-vous des Salafistes, qu'à Tunis.
Habitués à être chouchoutés par Carthage et à être ménagés par Montplaisir, les Salafistes se croyaient tout permis. Ils ne s'attendaient pas à cette réelle détermination de Lotfi Ben Jeddou de faire respecter des lois qu'ils ne cessent de mépriser et de dénigrer ces derniers mois.
Conséquence de cet affrontement, deux morts (Jilani Laâjimi et Moez Dahmani) et plusieurs blessés. Vu les réactions des Salafistes à cette démonstration de force du ministre, tout indique que ce n'est qu'un début. On craint qu'il y ait, dans les jours à venir, d'autres affrontements. Qu'il y ait encore du sang.
Qui bénéficie de ces drames annonciateurs d'un début de chaos ?
La troïka au pouvoir pour commencer. L'ambiance est loin d'être propice pour organiser des élections et elle pourra donc continuer à gouverner. Moncef Marzouki, lui, demeure à Carthage et il aura les trois ans qu'il réclamait.
Cette diversion salafiste, qui succède aux diversions des LPR, nous éloigne de sujets bien plus importants pour le pays.
Car pendant que les médias sont occupés par les Salafistes et que les citoyens sont préoccupés par leur sécurité, la Constitution continue à trainer. Ennahdha prépare une loi budgétivore pour indemniser ses anciens prisonniers. L'administration est, de plus en plus, infiltrée par des incompétents dévoués au parti islamiste. On a oublié les assassins de Chokri Belaïd. L'économie, elle, est en chute libre. Quant au dinar, et vu son rythme de dépréciation, il ne tardera plus à devenir une monnaie de singe.
Que faire pour sauver ce qu'il y a à sauver ? Il faudrait prendre le taureau par les cornes et que nos dirigeants se présentent comme des hommes d'Etat et non des hommes à la solde d'un parti.
C'était le cas de Lotfi Ben Jeddou, mais également le cas d'Ali Laârayedh dont le discours apparent (hier à Doha) était à l'extrême opposé des bases et de tout un pan de sa famille politique.
Ce comportement responsable et discipliné n'est malheureusement pas celui du président de la République et encore moins de son parti CPR. Leurs abus de langage et leurs provocations n'ont pas cessé de mettre de l'huile sur le feu et de semer la zizanie.
Si nos ministres et nos hauts cadres se conduisent en hommes d'Etat, font leur travail pour instaurer un véritable Etat de droit, une justice réelle (et non à la tête du client comme c'est le cas), et appliquent strictement et fermement la loi contre tous ceux qui la transgressent, la Tunisie pourra retrouver une certaine stabilité, le temps qu'on organise des élections. Faut-il, cependant, que l'on cherche vraiment à organiser ces élections et que le président cesse de parasiter leur action.
N.B. : Pensée à Sami Fehri et Nabil Chettaoui, sous les verrous depuis des mois, en attente de leurs procès


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