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La crise, le mercato et les Tunisiens
Publié dans Business News le 04 - 10 - 2013

La saison des migrations politiques connaît son apogée ces derniers jours. Pas une semaine ne passe sans que l'on entende parler d'hommes et de femmes politiques qui virent de bord pour intégrer tel ou autre parti. Phénomène connu en Tunisie postrévolutionnaire, le « mercato » politique est un jeu de chaises musicales dicté par les intérêts des uns et des autres.
La lecture des derniers bouleversements à la lumière des résultats du baromètre politique mensuel d'Emrhod Consulting apporte des enseignements importants quant à la transformation du paysage politique tunisien.
Plusieurs personnalités politiques et activistes au sein de certains partis en Tunisie se sont adonnés à la pratique du « mercato ». Traduction italienne du mot marché, « mercato » est tiré du vocabulaire footballistique car c'est la période de l'année où les joueurs sont transférés d'un club à un autre. En football, cette période est limitée légalement dans le temps, contrairement à la politique où ce type de transferts est possible tout au long de l'année.
Les derniers transferts en date proviennent, en grande majorité, du parti Al Joumhouri. Yassine Brahim avait débuté le bal en claquant la porte du parti et en allant relancer Afek Tounes, emportant avec lui un nombre non négligeable de personnalités et d'élus de la Constituante. Par la suite, Saïd Aïdi, accompagné de plusieurs dizaines de sympathisants, a préféré rejoindre les rangs de Nidaa Tounes sous la houlette de Béji Caïd Essebsi. Maher Hnin a suivi le même chemin en quittant Al Joumhouri pour rejoindre Al Massar. Il est clair que le parti Al Joumhouri a payé le plus lourd tribut et a souffert de ce type de transferts, même si ses dirigeants tentent de relativiser. Mais comment les transfuges justifient-ils leurs actes ?
Le plus souvent, les hommes politiques justifient de pareils actes par le fait d'avoir « découvert » que tel ou autre parti correspondait mieux à leurs convictions et à leurs aspirations. Ils ajoutent que ce parti offre les meilleures conditions pour s'épanouir et pour mieux servir la patrie, car c'est la finalité de tout travail politique. A quelques mots près, ce sont les mêmes déclarations que font les footballeurs… La vérité est que ces transferts entre partis sont principalement motivés par des ambitions personnelles, il vaut mieux se trouver dans une grosse écurie si l'on veut influer réellement sur le cours des choses et éventuellement, obtenir un poste de pouvoir.
Toutefois, il existe des raisons latentes à ce genre de pratiques.
D'abord, il est intéressant de noter que les migrations entre partis s'intensifient sensiblement en période de crise. Chaque fois que l'atmosphère politique du pays est tendue, certains hommes politiques choisissent de changer de parti en espérant être plus efficaces depuis leur nouveau positionnement. En fait, une situation de crise politique engendre une radicalisation des positions aussi bien au niveau des personnalités politiques qu'à celui de l'opinion publique.
Les résultats du sondage mensuel publié par Emrhod Consulting concernant le mois de septembre 2013 apportent un éclairage significatif sur cet état de fait. La Tunisie est plongée dans une crise politique majeure depuis l'assassinat du député Mohamed Brahmi le 25 juillet 2013. On ne dispose pas des résultats du sondage pour le mois d'août 2013 qui auraient permis de mesurer l'impact de cet événement sur les intentions de vote des Tunisiens.
Cepndant, les résultats relatifs au mois de septembre contiennent des traces des effets de cette crise politique sur l'opinion publique. Les intentions de vote se divisent sensiblement en deux pôles, Nidaa Tounes d'un côté et Ennahdha de l'autre. A eux deux, ces partis bénéficient de 42,8% du total des intentions de vote, ce qui est conforme avec la tendance bipolaire de la scène politique tunisienne, tendance constatée déjà depuis quelques mois.
L'effet de la crise actuelle se décèle dans les taux d'augmentation des intentions de vote concernant les deux partis : 4,1% pour Nidaa Tounes et 5,4% pour Ennahdha. Décrié par tous les acteurs politiques et mis au centre de toutes les polémiques, Ennahdha réussit, malgré tout, à s'attirer les faveurs d'une frange de la population et de réussir une progression supérieure à celle de Nidaa Tounes, signe d'une réelle radicalisation. De l'autre côté, le parti de Béji Caïd Essebsi conforte son image de seul contrepoids crédible au parti islamiste. L'anxiété et la peur provoquées par la situation actuelle lui permettent de réaliser une progression des intentions de vote en sa faveur, car un nombre croissant de personnes pensent que ce parti saura battre les gouvernants actuels.
La crise politique a également eu des effets dévastateurs sur certains partis. Ceux justement qui se vident en faveur d'autres formations de la scène tunisienne. Le premier parti, touché de plein fouet par la crise est le Front populaire qui a vu les intentions de vote en sa faveur diminuer de moitié ou presque. La crise politique provoquée par l'assassinat de Brahmi a été mal négociée par le Front populaire vu la désaffection soudaine dont il est victime. La pilule de l'alliance avec Nidaa Tounes semble avoir du mal à passer.
Le deuxième parti ravagé par cette crise est le parti Al Joumhouri. Non seulement le parti a perdu un bon nombre de ses dirigeants et de ses activistes, mais il s'est également vu délesté des deux tiers des intentions de vote le concernant en passant de 4,6% à 1,4%. Au vu de ces constatations, on peut supposer qu'une situation de crise politique mène à une radicalisation des positions qui renforce, principalement, les deux partis formant les deux pôles de la scène politique tunisienne. Cet enrichissement se fait par le biais du tourisme politique qui amène des dirigeants de premier et de deuxième plan à ces partis avec une tendance marquée en faveur de Nidaa Tounes.
Autre enseignement important des résultats du sondage, le taux des indécis qui est passé de 22,7% à 13,8% en l'espace de deux mois. En l'absence de programmes politiques clairs de la part de tous les partis, c'est vraisemblablement la conjoncture de crise qui pousse l'électorat à se positionner sur l'échiquier politique, d'une manière ou d'une autre.


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