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Education nationale : Des recrutements 2013 préjudiciables pour l'avenir de nos enfants !
Publié dans Business News le 11 - 10 - 2013

En temps normal, je me serais félicité de voir le ministère de l'Education procéder au recrutement d'enseignants, maîtres des écoles et professeurs du secondaire, qui viendraient apporter du sang neuf à l'enseignement en Tunisie et parfaire la formation de nos élèves et de nos enfants, futurs bâtisseurs et symboles de la Tunisie future.
Cependant, cet enthousiasme est rapidement balayé par la réalité des choses pour une raison bien simple : ces enseignants n'ont pas été recrutés sur la base de leurs compétences, loin de là, mais dans le cadre de la mise en œuvre du décret loi sur « la reprise du travail et le règlement de la situation administrative des agents publics qui ont bénéficié de l'amnistie ». Ils ont donc été recrutés sur la base de leur militantisme et donc de leur allégeance à un parti, sur la base de leur adhésion à une idéologie.
Je ne voudrais pas rentrer ici dans le débat du bien-fondé ou pas de la réintégration des bénéficiaires de la loi d'amnistie ou de leur droit à une indemnisation ou à une compensation par le biais de leurs enfants.
Cependant, personne ne peut remettre en cause le droit de nos enfants d'avoir une éducation de qualité et le devoir de notre pays, à travers le gouvernement, de le leur assurer. Cela est la base même de l'épanouissement personnel du citoyen, du développement du pays ainsi que de la préparation et de la formation des futurs cadres du pays. Malheureusement, les recrutements récemment réalisés par le ministère de l'Education, ou du moins par la présidence du gouvernement pour le compte du ministère de l'Education, sont, pour nombre de cas, carrément à l'opposé de ces objectifs.
Les personnes effectivement réintégrées qui n'ont pas enseigné depuis longtemps, ont perdu leur pédagogie et leurs sciences et auraient dû bénéficier d'un recyclage sur une période conséquente et non de quelques jours seulement, quand cela a été fait.
Ces personnes auraient aussi dû, pour nombre d'entre elles, bénéficier d'un encadrement psychologique, car un emprisonnement, un isolement ou même un harcèlement de plusieurs années ne peut que laisser des marques (physiques et/ou psychiques) dont il est difficile de se débarrasser et qui ne peuvent qu'avoir une incidence négative sur l'efficacité des enseignants et sur la qualité de l'enseignement qu'ils dispensent. Pire encore, ces marques peuvent aussi se transformer en haine et en violence envers les élèves qui font face à des difficultés scolaires ou qui, tout simplement, ne partagent pas les mêmes idéologies.
Ainsi, mes craintes ont commencé à se confirmer et les réseaux sociaux, ainsi que les médias, commencent à faire état d'un ensemble « d'anecdotes » concernant ces enseignants. Ces anecdotes sont sûrement exagérées dans certains cas, mais d'autres sont avérées et je fais ici appel au ministère de l'Education pour lancer des enquêtes sur ces histoires ou plutôt ces dépassements, et, en cas de confirmation, de procéder à la sanction des enseignants incriminés.
Parmi ces histoires, qui pour certaines sont à confirmer, on citera celle de cet enseignant qui a demandé à ses élèves de ne plus lever le doigt, mais d'en lever quatre, pouce retourné, en rappel du signe fait par les islamistes pour symboliser la place Rabâa el Adaouya (en rappel aux islamistes égyptiens).
Il y a aussi cette photo de classe où l'enseignante a exigé de ses élèves de faire le même signe et où un des élèves, juste à côté d'elle, garde les bras croisés et semble contrarié.
Pire encore est l'histoire de cet enseignant de sciences physiques qui a dit à ses élèves qu'ils devaient connaître leur religion avant d'apprendre la physique et c'est pour cela qu'au cours de cette année scolaire, il allait leur enseigner leur religion.
Pareil pour ces enseignants à qui il a été reproché d'inciter leurs élèves au Jihad, ou bien ces enseignants qui ont demandé aux filles de rester au fond de la salle, dans un pays où la mixité de l'école est de mise depuis plusieurs décennies.
Et j'en passe…
Le nombre d'histoires de ce genre ainsi que leur multiplication à travers tout le pays nous font parfois penser à un phénomène orchestré, à un phénomène préparé. Je ne voudrais aller à la théorie du complot, mais cela m'a rappelé les dires d'un certain Abdelfattah Mourou, en février 2012, lors d'un entretien secret avec Wajd Ghenim, au cours duquel il a déclaré : « Nous visons leurs enfants, leurs femmes, et leurs petits-enfants. Leurs fils et leurs filles sont chez nous aujourd'hui. Notre but est de séparer la pensée des enfants de celle des parents».
Ennahdha aurait-elle fait d'une pierre deux coups, fidéliser ses membres à travers le recrutement de nombre d'entre eux et de leurs enfants en tant qu'enseignants au sein du ministère de l'Education Nationale et en profiter pour avoir des fidèles « infiltrés » qui porteront des messages idéologiques et se chargeront d'inculquer cette « pensée différente de celle des parents » afin de faire de la Tunisie un pays théocratique ?
Vivons-nous le démarrage de la mise en œuvre de ce plan secret malencontreusement divulgué par Abdelfattah Mourou, fondateur et vice-président d'Ennahdha ?


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