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Le tartourisme de l'élection présidentielle
Publié dans Business News le 04 - 08 - 2014

Nous sommes en 2009, moins de la moitié des Tunisiens se dirige aux urnes pour une élection présidentielle comme les autres. Le résultat est connu d'avance et il ressemblera aux scores soviétiques toujours obtenus en pareilles circonstances. Zine El Abidine Ben Ali la remporte comme prévu et il est reconduit pour cinq nouvelles années, jusqu'en 2014. Théoriquement, c'est lui le président légitime jusqu'en 2014.
Nous sommes en 2014, Ben Ali n'est plus là. Un putsch avorté présenté comme une révolution, diront les uns. Une révolution, diront les autres. Un jour, on saura ce qui s'est réellement passé, mais le fait est là, cinq ans après la dernière présidentielle, les Tunisiens iront de nouveau aux urnes pour élire un président. C'est la première fois qu'ils vont élire un président depuis la révolution, puisque l'actuel occupant n'est qu'un illégitime qui s'est accaparé le poste, pour un an grâce à une tractation politique, et qu'il a refusé, depuis, de le quitter. Exactement, comme tous ses prédécesseurs passés par ce fauteuil présidentiel et exactement comme tous les chefs d'Etat arabes. Marzouki est de cette même espèce arabe qui s'accroche contre la volonté de son peuple.
Comme la dernière fois, en 2009, moins de la moitié des Tunisiens ira voter. Ils s'en moquent de la révolution et des élections. Ils s'en moquent éperdument et ils le crient en silence. Ils n'iront pas s'inscrire sur les listes, ils n'iront pas voter. Reste l'autre moitié qui croit encore à la démocratie et que ce pays mérite un président digne de ce nom, élu au suffrage universel et capable de l'élever au rang des nations développées. C'est de cette moitié que tout le monde parle. La majorité silencieuse qui ne s'est pas inscrite, personne n'en parle et personne ne s'intéresse à elle. Passons.
A la course présidentielle, on trouve déjà une vingtaine de candidats qui se sont déjà déclarés et une vingtaine d'autres qui devraient se déclarer dans les jours qui viennent. « Puisque Marzouki y est arrivé, pourquoi pas moi », se disent-ils tous.
On trouve des clowns comme Bahri Jelassi ou Leila Hammami. Cette dernière dit qu'elle est docteur en économie internationale, mais aucune de ses publications n'a porté sur le sujet. Elle est belle, du type "sois belle et tais toi". Elle publie fréquemment sur le problème palestinien et Gaza et quand elle parle local, c'est pour dénigrer tout le monde. Raciste sur les bords, elle déclare être pauvre. Mais au détour d'une phrase, elle parle de son mari libanais et de sa voiture luxueuse tombée en panne sèche sur l'autoroute de Hammamet. La panne la plus bête puisqu'il s'agit d'une erreur dépendante de la volonté du conducteur. Clownesque, vous dis-je ! On tape Leïla présidente sur Google, question de trouver davantage d'informations sur la dame et on tombe sur Leïla Ben Ali. Inutile d'aller plus loin, quand on porte ce prénom, il vaut mieux faire autre chose.
Il y a les candidatures ambitieuses. Un peu trop ambitieuses au goût de la moitié des Tunisiens qui s'est inscrite, du moins. Mon confrère et ami Zied El Héni, l'honorable juge Kalthoum Kennou ou l'analyste chevronné Safi Saïd. Il y a à voir et à boire et à manger dans ce trio. Mais leurs bonnes intentions et leur volonté indéniable de bien faire seront insuffisantes pour s'imposer dans un paysage politique très sale où l'on paie les militants (futurs électeurs) à coups de sandwichs et paquets de Chocotom. Il y aurait même (information non encore confirmée) un parti qui paie une rente de deux cents dinars par mois à ses militants. Cela se passerait à Sbeïtla et Kasserine.
Et puis il y a les vieux. Ceux qui ont l'expérience et qui n'ont plus l'âge. Ah si jeunesse savait, ah si vieillesse pouvait ! Zappons Ahmed Mestiri, c'est à la limite du caricatural.
A la tête de cette liste, et des sondages, Béji Caïd Essebsi. Le leader de Nidaa Tounes est incapable de mettre de l'ordre dans son parti, pourra-t-il en mettre dans une Tunisie « révolutionnée » ? A l'actif de BCE, une popularité certaine et indéniable et une volonté de redonner à l'Etat son prestige. BCE c'est « le prestige de l'Etat ». C'est beaucoup, mais insuffisant. Il sait comment faire, grâce à son âge, mais il ne peut pas faire à cause de son âge. Il n'en a ni les moyens, ni l'équipe, occupée et préoccupée par ses querelles intestines et ses intérêts personnels.
L'autre catégorie, une sorte de fourre-tout d'ambitions démesurées et déconnectées de la réalité. A leur tête Moncef Marzouki. Et puis ce sont les Hamadi Jebali, Abderrahim Zouari, Mustapha Kamel Nabli, Kamel Morjane, Ahmed Néjib Chebbi, Hechmi Hamdi et bien d'autres. Tous sont encouragés par un historique politique, des relations nationales et internationales, des lobbys bien introduits ou une popularité limitée dans une région ou auprès d'une catégorie bien déterminée de la population. Additionnés ensemble, leur score n'égalera pas celui de BCE. En procédant par élimination, en fonction du potentiel de chacun, on tombe finalement sur zéro. Aucun de tous les candidats n'est vraiment capable, pour une raison ou une autre, de mener le pays à bon port pour les cinq ans à venir. Les derniers sondages rendus publics le prouvent.
Tout le monde s'intéresse aux premiers dans ces sondages, mais on oublie que les vrais chiffres se trouvent parmi les abstentionnistes, les non inscrits et les indécis. Ils sont de loin, très loin, majoritaires.
Que reste-il alors et comment peut-on faire face à ce « tartourisme » de l'élection présidentielle qui s'annonce ?
Un ami, leader politique dans son parti démocrate, a eu une discussion avec son fils de 22 ans il y a quelques jours. Le jeune homme, le leader de demain, fait remarquer des choses basiques à son père supposé être bien futé. Il lui demande comment se fait-il que les éboueurs, quand ils touchaient 150 dinars, travaillaient avec conscience et que les villes étaient propres, et que maintenant que leurs salaires ont été doublés, ils n'arrêtent pas de multiplier les grèves et que les villes sont sales. Le jeune de 22 ans, qui n'a pas vraiment vécu sous la dictature ou le despotisme, évoque l'exemple de Poutine et sa direction de main de fer de la Russie. Il lui fait remarquer comment ce vaste pays commence de nouveau à peser sur la scène internationale et à s'imposer face aux hégémonies américaine et européenne.
Dans un pays où l'on ne sait pas encore faire la queue dans une boulangerie et où l'on ne s'arrête au feu rouge que lorsqu'il y a un agent de circulation, il nous faut encore du temps pour apprendre ce qu'est la démocratie et ce qu'est la notion du « vivre ensemble » en tout respect et en tout civisme.
Ce qu'insinue cette conclusion va heurter plus d'un qui préfère la comédie de la fausse démocratie qu'on nous vend et des fausses élections qu'on nous propose. A ceux là, il faut rappeler que la première règle de démocratie signifie le choix de la majorité. Or, au vu des taux d'abstention, la majorité a déjà dit son mot. On peut bien accepter que la minorité qui va aller aux urnes, comme c'était le cas en 2011, choisisse pour la majorité, mais dans ce cas là, qu'on évite que les clowns et les tartours se présentent. Puisque les prochaines élections vont être un film, au moins qu'il ne soit ni un drame, ni une comédie ! Que ce soit du bon Tarantino !


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