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L'affaire Chakif : Zoom sur une affaire à rebondissements
Publié dans Business News le 20 - 01 - 2015

La bande annonce, consacrée à l'interview qui devait être diffusée dans le cadre de l'émission « Labess », du samedi 17 janvier 2015, animée par Naoufel Ouertani, a créé le buzz sur les réseaux sociaux d'Internet. Elle a aussi créé une véritable polémique chez l'opinion publique, en général, et chez les médias et les milieux judiciaires en particulier. Il faut dire que le spot d'annonce en question contenait des aveux et des propos d'un présumé enquêteur policier à contenu plutôt choquant compte tenu des termes et du ton qu'il avait utilisés. Itinéraire d'un teasing pas comme les autres…
L'affaire a commencé avec le lancement sur la chaîne Al Hiwar Attounsi d'une bande annonce pour faire la « promo » de l'émission « Labess » du samedi 18 janvier dans la quelle on voit, côte-à-côte, un présumé « enquêteur-tortionnaire » et sa victime faisant partie du courant islamiste de l'époque sous le régime de Ben Ali. D'après les extraits diffusés, on suppose que le cadre sécuritaire, présenté comme étant Kamel Mraïhi alias « Chakif », pratiquait non seulement la torture mais en était l'un des grands experts. En effet, l'homme fournit des descriptions détaillées de divers actes de torture. Bref, tout laissait entendre que l'interview allait, invraisemblablement, dévoiler les détails des dossiers de torture.
Aussitôt le spot diffusé, on a assisté à la multiplication de communiqués rendus publics, coup sur coup, par le ministère public près le Tribunal de première instance de Tunis et la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle. Ces communiqués stipulaient l'interdiction de la partie de l'interview en question, au vu du « caractère urgent de l'affaire et du contenu pouvant porter atteinte à la sécurité du pays et des citoyens ». Et après l'annonce faite par le ministère de l'Intérieur qui a décidé de relever ledit Kamel Mraïhi de ses fonctions, ce fut au tour de l'Instance Vérité et Dignité (IVD) de convoquer le même policier à se présenter pour interrogatoire. Décidément, le dossier a pris des dimensions insoupçonnées avec une cascade de réactions et de contre-réactions des différents protagonistes.
Dans une déclaration accordée à Mosaïque Fm, samedi 17 janvier 2015, l'animateur de l'émission "Labess", Naoufel Ouertani a reconnu que la bande-annonce de la partie consacrée au cadre sécuritaire et ex-prisonnier nahdhaoui, Kamel Mraïhi alias Chakif, a été manipulée lors de sa diffusion pour faire grimper l'audimat.
« Les bandes-annonces sont faites pour être manipulées lors du montage pour leur conférer un aspect sensationnel, l'objectif étant, justement, de créer le buzz et faire augmenter l'audimat », a-t-il affirmé en substance. Pourtant l'interview ne parle ni de torture, ni de violences, ni de haine, ajoute t-il. Au contraire, il s'agit d'une rencontre de réconciliation entre les deux personnes, une sorte de justice transitionnelle en direct. C'est l'histoire d'un ex-prisonnier nahdhaoui venu rendre hommage à Kamel Mraïhi avec qui il est devenu ami.
Naoufel Ouertani précise encore que toutes les parties ont fait des déductions précipitées et que Kamel Mraïhi n'a pas reconnu avoir torturé des prisonniers avant de souligner que « la HAICA récidive en censurant une émissions d'Al Hiwar Attounsi avant même sa diffusion ». Il a estimé, également, que « la décision du ministère public constitue une violation de la liberté de la presse », selon ses propres termes avant de conclure que la chaîne s'est soumise aux recommandations du ministère public et que l'interview a été supprimée.
Abondant dans le même sens, l'avocat de la chaîne Al Hiwar Ettounsi, Abdelaziz Essid, a qualifié l'interdiction de diffuser l'interview du policier surnommé Chakif, de grave atteinte à la liberté de la presse. « Qu'un teasing fasse mobiliser tous les appareils de l'Etat, ceci ne peut être que grave !», a-t-il déclaré mardi 20 janvier 2015 sur les ondes d'Express Fm.
Me Essid a ajouté que l'IVD (Instance Vérité et Dignité) a exigé que la chaîne lui fournisse une copie de l'émission et que la HAICA l'a convoquée à une réunion un samedi après midi pour, au final, interdire l'émission. « Le ministère de l'Intérieur a, de son côté, procédé à l'ouverture d'une enquête et ordonné de suspendre le policier », a-t-il poursuivi.
L'avocat de la chaîne assure que le contenu de l'interview ne présente aucune atteinte à la loi ni transgression aux règles de l'éthique journalistique. «J'ai regardé l'émission en entier et je suis persuadé qu'il n'y a pas de provocation ni atteinte à l'ordre public. Au contraire, je trouve que c'était du bon travail», a-t-il conclu.
Entretemps, le président de la HAICA, Nouri Lajmi, a expliqué sur Jawhara Fm, hier, que la décision a été prise sur la base d'un spot publié sur le site web et les pages liées à la chaîne « qui font partie du champ d'action de la Haute instance ». M. Lajmi a précisé, encore, que les dépassements en question enfreignent l'article 2 de la loi fondamentale n°53, relative à la justice transitionnelle.
Naoufel Ouertani retourne à la charge pour affirmer « qu'il était lui-même ainsi que la chaîne Al Hiwar Ettounsi visés par cette décision qu'il jugeait illégale». Nouvelle réaction instantanée de M. Lajmi qui appelle le journaliste à retirer ses propos. «La bonne foi de la HAICA n'est pas à prouver […] le fait que Naoufel Ouertani minimise la gravité du contenu du spot prouve une méconnaissance des textes de loi, ce qui est dangereux », a-t-il dit en pointant du doigt « un problème d'appréciation ».
D'autre part, le vice président de l'instance Vérité et Dignité, Khaled Krichi, a déclaré que le conseil de l'instance a décidé de convoquer le cadre sécuritaire Kamel Mraihi, alias Chakif, pour l'auditionner au siège de l'instance.
Il a également exigé une copie de l'intégralité de l'interview à la chaîne Al Hiwar Attounsi. Les mesures nécessaires seront également prises en collaboration avec le ministère public.
Autre élément, le responsable syndicaliste, Habib Rachdi, a fait des révélations troublantes lors de son passage sur le plateau de Nessma TV en indiquant que M. Kamel Mraïhi est un ancien cadre « connu pour ses frasques et avait été condamné, dans le passé, pour malversations et corruption, ce qui lui avait valu d'être licencié sous le régime de Ben Ali avant de faire son retour après la révolution ». Et d'ajouter que le cadre sécuritaire en question est un parent par alliance d'un dirigeant en vue au sein d'un grand parti tunisien et qu'il a bénéficié d'une promotion extraordinaire en 2012, c'est-à-dire au moment où Ali Laârayedh occupait le portefeuille du département de l'Intérieur. Et à M. Rachdi de conclure qu'il s'interroge sur le timing de la diffusion de cette émission qui coïncide avec l'émergence d'une facette sérieuse de l'affaire de la sécurité parallèle et avec la problématique des archives soulevée, justement, par la présidente de l'IVD, Sihem Ben Sedrine.
Ce qui est évident, est que cette affaire est appelée à connaître d'autres rebondissements. Il ne faut pas cependant qu'elle soit une sorte d'opération de diversion et qu'elle fasse de l'ombre à deux autres affaires aussi troublantes que bizarres, à savoir celle d'Abdelkrim Laâbidi, directeur de la sécurité de l'aéroport de Tunis-Carthage, et de l'usurpateur de la qualité de député Mabrouk Hrizi à l'ARP. Deux affaires sur lesquelles, toute lumière devra être faite.


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