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La rébellion gronde à Nidaa Tounes
Publié dans Business News le 10 - 02 - 2015

A coup de concessions, le parti de Béji Caïd Essebsi a réussi à obtenir une majorité chancelante à l'ARP. Pour apprivoiser ses rivaux et aussi ses alliés, le parti a dû distribuer quelques portefeuilles ministériels. Nidaa aurait avec cela gagné la tranquillité, mais sans en sortir totalement indemne, car le partage du gâteau ne va pas sans mal. Plusieurs de ses militants ont, ainsi, été mécontents de la répartition, de même que de l'entrée des islamistes au pouvoir. Le débat sur la composition du gouvernement s'est transformé en des appels à la démocratisation du parti et à sa structuration.
Après quelques remaniements et de longues tractations, le gouvernement Essid a réussi finalement à obtenir la confiance de l'ARP. La composition de sa deuxième version est, ainsi, approuvée avec 166 voix pour, 30 contre et 8 abstentions. Un vote réconfortant pour ce gouvernement mi-politique mi-technocrate. La majorité des formations représentées à l'ARP ont accordé, haut la main, leur soutien à la nouvelle équipe ministérielle. Un soutien qui, toutefois, n'est pas partagé par tous les députés de Nidaa Tounes. Ainsi, le détail du vote publié sur le site de l'Assemblée révèle que sept élus dudit parti n'ont pas voté oui. Quatre se sont, en effet, abstenus, deux n'ont carrément pas voté et un député, Sahbi Ben Fredj, a voté contre.
Bien que ce soit un nombre relativement petit, ce vote soulève bien des questions, surtout que figurent, parmi ces députés, deux gros bonnets du parti, à savoir Khemaïes Ksila et Abdelaziz Kotti. Pourquoi ont-ils refusé de voter la confiance au gouvernement au temps même où le parti Ennahdha, souvent présenté comme un rival traditionnel de Nidaa Tounes, l'avait largement approuvé ?
Lors d'une conférence de presse tenue mercredi 4 février, au matin de la séance consacrée au vote de confiance, les deux députés ont exposé les raisons de leur abstention. Ils estiment, en effet, que le parti n'est pas suffisamment représenté dans le nouveau gouvernement et ne pourra, par conséquent, ni exécuter son programme ni tenir les promesses faites à ses électeurs. Les deux élus désapprouvent aussi le fait que les ministères régaliens soient confiés à des cadres en dehors de Nidaa, comme c'est présentement le cas.
Lors de la conférence, M. Kotti a contesté, pour sa part, la répartition des ministères entre les partis. « Pourquoi offre-t-on trois portefeuilles à un parti qui a seulement huit sièges au parlement ?» dit-il en allusion à Afek Tounes, ajoutant, que l'UPL bénéficie, lui aussi, d'un ministère hautement sensible, celui des Domaines de l'Etat, qui devrait à son sens être attribué au parti vainqueur.
Il regrette également la non-nomination de Khadija Cherif à la tête du ministère de la femme. « C'est une dame aux qualités évidentes qui a voté pour Nidaa Tounes » indique-t-il en substance.
Le député impute la responsabilité de ces choix au comité constitutif. Il l'accuse, en effet, de narguer les décisions du bureau exécutif et d'avoir une attitude molle lors des négociations avec le chef du gouvernement.

Les deux élus sont rejoints dans leur position par d'autres camarades du parti. Khawla Ben Aïcha a, de son côté, réagi à travers une tribune publiée sur Business News. Dans son texte, la députée de France 1 expose son opposition à l'entrée des islamistes au gouvernement. « Je ne peux aujourd'hui accorder ma confiance à un gouvernement qui ne répond pas aux promesses que j'ai donné à mes électeurs […] Je leur ai promis que nous ne nous allierons pas avec ceux qui ont, pendant 3 ans, failli à leur mission et que nous '' Nidaa Tounes'', gouvernerons avec nos alliés ''naturels'' : la famille démocrate progressiste » a-t-elle écrit.
A Nidaa Tounes, la contestation ne s'arrête pas aux élus. Elle s'étend également aux autres cadres du parti. Mécontents et gagnés par l'inquiétude, plusieurs membres du bureau national se sont rassemblés, lundi 9 février, devant le siège de Nidaa au Lac pour réclamer la structuration du parti et crier leur opposition à la participation des islamistes au gouvernement.
Le parti pâtit de l'absence de structures et d'encadrement, déclare Riadh Azaiez, membre du bureau national. « Il est devenu tel un paquebot sans capitaine qui se laisse balloter par les vents » dit-il. Pour lui, il est temps d'ôter le bandeau des yeux et dire la vérité : « Notre parti n'a jamais été structuré. Il y avait un comité constitutif. Aujourd'hui, ses membres sont soit devenus élus, soit ministres ».
Le militant pointe du doigt les stratégies opportunistes de certains cadres qui, d'après ses dires, se sont servis du parti comme d'un « escabeau » pour assouvir leurs propres intérêts, « puis il l'ont largué comme si c'était un parti jetable » lâche-t-il avec indignation.
« Nidaa n'est ni une entreprise familiale ni un groupe d'intérêt. Et ça, les hauts responsables du parti doivent le comprendre » martèle Riadh Azaiez, ajoutant que la situation au sein du parti est déplorable et empreinte de flou, «bien fort celui qui peut savoir qui dirige Nidaa aujourd'hui ».
Les critiques adressées au comité constitutif fusent de partout. Après avoir essuyé les déclarations de quelques élus et celles aussi des militants dépités, c'est Hachmi Lahdhiri, membre du bureau exécutif, qui s'en prend à la prestation dudit comité lors des négociations et le tient pour responsable de la composition « décevante » du gouvernement.
Certes, Nidaa Tounes connait, en ces temps, une période des plus dures, mais cette effervescence bruyante qui le traverse est, pour beaucoup de ces sympathisants, nettement mieux appréciée que le silence écrasant des partis totalitaires.


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