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Marché immobilier en Tunisie : entre intrus et escroqueries
Publié dans Business News le 24 - 06 - 2015

Les agences immobilières agréées subissent depuis bien longtemps une concurrence déloyale de la part du marché parallèle. N'importe qui peut jouer à l'agent immobilier : de faux courtiers à l'ancienne qu'on croise souvent dans les cafés, mais aussi de riches libéraux (médecins, avocats, …) qui acquièrent des biens immobiliers dans l'intention de les vendre par la suite avec des marges conséquentes. Sans compter les sites d'annonces sur internet qui font office, aujourd'hui, d'agences immobilières.

Contrairement aux professionnels agréés, ces « intrus » ne payent ni impôts ni charges. Ils exercent clandestinement et ne disposent généralement pas d'expertise. Le pire c'est qu'ils concluent de grandes transactions sans signer le moindre papier, susceptible de protéger « le client » en cas de litige. Leur activité prospère, ainsi, au détriment des agences reconnues en leur faisant subir une concurrence inéquitable, mais également aux dépens du consommateur puisque les ventes qu'ils réalisent ne sont pas sécurisées.

Outre le secteur informel, des firmes internationales, installées depuis quelques années en Tunisie, font aussi concurrence aux agences locales. Dotées d'un réseau très large et d'un personnel hautement qualifié, ces dernières sont parvenues à conquérir de larges parts du marché. C'est dans ce contexte que la chambre nationale des agents immobiliers (CNAI) a suggéré la création d'une discipline universitaire du métier d'agent immobilier. Cela permettrait aux professionnels tunisiens de développer leur savoir-faire et d'offrir des prestations de même qualité que les entreprises étrangères. Cette suggestion a déjà été intégrée au projet de loi élaboré par la CNAI, nous indique Chokri Keskes, président de ladite chambre et gérant de trois agences immobilières.

Le projet comporte également d'autres propositions. Celles-ci sont liées, en particulier, au cahier des charges actuel qui, selon les dires de notre interlocuteur, est « archaïque ». Quelques amendements s'imposent, avance le président de la CNAI. Le premier sur la liste, est de fixer les honoraires minimums de l'agent immobilier. « En cas de litige avec un client pour n'avoir pas remboursé l'intégralité de mes honoraires, il est quasiment impossible d'obtenir gain de cause. La loi n'indique pas, en effet, un seuil tarifaire minimum que le client doit régler », a-t-il expliqué. Toutefois, il précise être pour le maintien des tarifs libéralisés en spécifiant un minimum légal.

La deuxième proposition concerne les affichages des offres immobilières. La loi oblige chaque agence immobilière à accrocher sur un tableau, généralement placé à l'extérieur, toutes les offres de location ou de vente que ses clients lui font parvenir. À défaut de quoi, l'agence encourt une pénalité. « En fait, on voulait par cette mesure protéger le consommateur. Je donne un exemple fictif : Un client non avéré sollicite une agence pour vendre un bien lui appartenant à 20 mille dinars alors que celui-ci vaut réellement 100 mille dinars. L'agence pourrait, de mauvaise foi, acquérir le bien pour son compte au prix de 20 MD, et le revendre à un prix nettement plus haut, sans que personne ne le sache puisqu'il n'y a pas eu d'affichage », a développé M. Keskes. Cette méthode est désuète, estime notre interlocuteur qui propose d'autres solutions plus modernes, comme le passage de ces annonces dans des supports médiatiques.

Par ailleurs, le président de la CNAI soulève un phénomène répandu dans nombre de villes côtières, à savoir les affiches de loyer qu'on trouve collées partout aussi bien sur les façades des maisons que dans les lieux publics. « A Hammamet, j'ai même vu des pancartes accrochées en haut des poteaux électriques » a-t-il témoigné. Et d'ajouter que d'un point de vue urbanistique, ces affichages défigurent l'esthétique de la ville.

Au sujet des prix, M. Keskes affirme que les agences immobilières n'ont aucune responsabilité dans la flambée des prix du logement. Ceux-ci dépendent essentiellement de l'offre et de la demande. « Dans plusieurs quartiers huppés tels qu'Ennaser, le loyer a baissé de 25% à cause de la demande qui est très faible, après le déménagement des ressortissants libyens vers d'autres quartiers moins chers de la capitale » a-t-il argué.

D'autres facteurs expliquent la flambée des prix de l'immobilier, qu'ils soient de vente ou de location. Les prix élevés des matériaux de construction, la cherté de la main d'œuvre en bâtiment et les prix galopants des terrains à bâtir ont fait enfler les coûts et, par ricochet, la valeur des biens immobiliers sur le marché. Aussi, il y a la croissance démographique accélérée dans les grandes villes qui a fait grimper la demande. Celle-ci est imputée à la migration intérieure comme à la présence d'une importante communauté libyenne et africaine dans notre pays.

Généralement, ce sont les ménages de classe moyenne qui font le plus les frais de ces hausses de prix. L'Etat se contente, pour l'instant, de construire quelques cités de logements sociaux insuffisants pour résorber toute la demande. En attendant, l'accès au logement décent demeure difficile et compliqué pour la majorité des Tunisiens.


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