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L'exposition «Climat : Expo à 360°» fait escale à Tunis
Publié dans Business News le 27 - 11 - 2016

L'exposition «Climat : Expo à 360°», dont la Fondation BNP Paribas est mécène, vient de faire son escale à Tunis, grâce à l'action conjuguée de l'UBCI et l'Institut Français de Tunisie (IFT).

L'UBCI, consciente de sa responsabilité environnementale, en sa qualité de banque citoyenne et engagée au service des générations futures dans la lutte contre les changements climatiques, inauguré, le vendredi 25 novembre 2016 à l'IFT, cette exposition, qui fait le tour de plusieurs capitales dans le monde.
Cette exposition s'étalera sur 3 semaines, à partir du 30 novembre jusqu'au 20 décembre2016.
Mêlant enquête scientifique et création artistique, Elle propose une approche documentaire, afin d'offrir des points de repères aux visiteurs. Elle présente les dernières actualités et flux de données sur les questions géopolitiques, économiques, énergétiques, environnementales, technologiques et scientifiques liées au changement climatique.
Son objectif est de sensibiliser les jeunes et moins jeunes aux enjeux liés aux changements climatiques, de les informer sur les dernières données scientifiques liées au réchauffement de la planète, à la fonte de la banquise, à la montée des niveaux des mers. Elle se veut surtout une occasion pour débattre sur ce sujet anxiogène.

En marge de l'exposition, l'UBCI a organisé, une conférence avec l'intervention de Guillemette Menot, professeure à l'Ecole normale supérieure de Lyon et membre de l'Institut universitaire de France, sur «Les climats passés et les prévisions pour les prochaines décennies pour le continent africain», celle de Nejib Osman, expert en énergie et changement climatique et membre auprès de l'Association tunisienne pour la maîtrise de l'énergie (ATME), sur «La contribution tunisienne en matière d'atténuation des émissions des gaz à effet de serre».
Ont également pris part à la conférence, Habiba Hadhri, directrice générale adjointe de la banque et Sylvain Taboni de la Fondation BNP Paribas, qui a fait spécialement le déplacement à Tunis pour l'inauguration de cette exposition.

Prenant la parole, Mme Hadhri a affirmé : «En modifiant durablement notre environnement et la disponibilité de certaines ressources naturelles, le phénomène du réchauffement climatique risque de mettre en cause le mode de vie et il y aura un impact sur le tissu social, économique et politique des populations à travers le monde. Par conséquent, améliorer nos connaissances sur le système climatique, sur ses dérèglements, et surtout en évaluer ses conséquences sur notre environnement, devient l'un des enjeux extrêmement importants. Ses informations permettront aux décideurs, aux industriels mais plus largement à chacun d'entre nous d'adapter nos comportements afin de limiter l'impact».
Elle a précisé que depuis 2010, la Fondation BNP Paribas développe Climate Initiative, un programme de soutien à la recherche, pour améliorer notre connaissance sur le climat, sur ses dérèglements et pour évaluer les conséquences sur l'environnement.
Dans son intervention Mme Menot a précisé que les données disponibles démontrent que depuis les années 60, l'augmentation de la température est très nette. Mais la question est de savoir si l'impact de l'homme est significatif dans ces changements.

De 1900 à 2009, le réchauffement de la Méditerranée a été plus important que le réchauffement global, explique la scientifique. Si les émissions continuent à augmenter, nous allons aller vers l'aridification de l'Afrique du Nord et de l'Afrique du Sud. Le scénario haut, prévoit une aridification de la zone entre 2071 et 2100, avec un réchauffement estival en Afrique du Nord de 4 à 5 degrés. La fin de l'automne, il y aura des précipitations, mais on ignore dans quelle mesure (modérée ou torrentielles).

Ainsi, il y a un changement avéré de l'environnement. L'histoire révèle qu'il y a eu deux crises climatiques en Afrique : la période humide africaine il y a 10.000 ans et la crise forestière il y a 3.000 ans. Mais, il n'y a aucune donnée sur les raisons de ces crises.

Le projet de la Fondation BNP Paribas, CPAtemps, a pour objectif de reconstruire les températures et précipitations passées en Afrique pour comprendre le futur. Il permet via le carottage de lacs en Afrique de déterminer leur histoire, la température à cette époque et accessoirement si l'homme a eu un impact.
Le projet est toujours en cours. Les résultats qu'il livrera seront importants pour comprendre le passé et par là le futur. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'entre temps, «l'Homme doit être très précautionneux avec un environnement très abimé et le changement climatique», comme le conclut Guillemette Menot.

Pour sa part, M. Osman a souligné, d'emblée, que l'Afrique est le continent le moins émetteur de gaz à effet de serre (GES), avec une part de seulement 4%, notant que la consommation d'énergie est 2 fois moins que la moyenne mondiale.
L'expert a indiqué que l'Accord de Paris a été une réussite puisqu'il est universel et a permis de rallier les six plus pollueurs et qui représentent à eux seuls 60% des émissions de GES (la Chine 23%, les USA 12%, l'UE 10%, l'Inde 6%, la Russie 5% et l'Indonésie 4%). Il a précisé que le secteur de l'énergie représente, à lui seul, les 2/3 des émissions mondiales de gaz.
Entre 2000 et 2010, les émissions ont augmenté de 2,2% par an. Entre 2010 et 2015, il y a eu une stagnation. Entre 2020 et 2100, il y a 4 scénarios : le plus pessimiste est de poursuivre les émissions actuelles, pour qu'à terme la température augmente de 4°C, ce qui va déboucher sur une catastrophe naturelle ; le plus optimiste est de contenir le réchauffement climatique à 2°C, en réduisant les GES de 60% d'ici 2050.
Ainsi, la nouvelle politique climatique prévoit d'agir rapidement, ensemble et différemment. L'Accord de Paris a permis de rallier, 110 pays qui l‘ont ratifié et qui représentent 75% des GES.
Les nouveautés de cet accord, outre le fait qu'il soit exhaustif et universel, il est révisé tous les 5 ans et il est ambitieux, puis qu'il vise des températures en dessous des 2 à 1,5°C. Son objectif est d'orienter l'économie mondiale vers un développement bas carbone, avec l'efficacité énergétique et le développement de l'énergie renouvelable.
Pour sa part, la COP22 vise à mettre un plan d'actions et à lancer un appel à l'urgence.

En Tunisie, les 20 dernières années, l'intensité carbone a été réduite de 2% par an en moyenne. L'objectif, fixé par les autorités, est de réduire en 2030, les GES de 41% par rapport à 2010. Ceci nous coûtera 17 milliards, dont la Tunisie ne pourra supporter que le 1/3.
La Tunisie vise à réduire sa demande d'énergie de 30% en 2030. La part des énergies renouvelables sera de 25%.
M. Osman a souligné que pour le moment il nous manque en Tunisie un portefeuille de projets et une politique publique. Des études ont montré que les villes représentent 80% de la consommation énergétique et 70% des émissions GES. Il estime que l'Etat doit miser sur le développement du secteur de transport public et sur l'interconnexion électrique de la région, citant pour exemple l'expérience réussie de l'Espagne et du Maroc.


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