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COP21 Enjeux & Perspectives
Publié dans Tunisie Numérique le 17 - 11 - 2015

Paris sera le théâtre de la plus grande conférence internationale sur le climat, du 30 novembre au 11 décembre 2015, la COP21, à savoir la 21ème Conférence des Parties à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC). Rendez-vous crucial pour l'avenir de l'humanité. Le principal enjeu de ce sommet mondial consiste à dégager un consensus sur un accord international contraignant, limitant le réchauffement climatique à 2°C à l'horizon 2100. Tout un programme ! Les 195 Etats signataires de la CCNUCC, adoptée à Rio de Janeiro, lors du sommet de la Terre, que le Brésil a accueilli en 1992, sont face à une responsabilité aussi lourde qu'historique. La COP21 est qualifiée, à juste titre, de Conférence « de la dernière chance pour sauver la planète« .
L'objectif central assigné ne serait atteint que si deux préalables étaient levés :
1- Les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), cause première des changements climatiques, seront réduites de 50% d'ici 2050 par rapport à leur niveau et à leur moyenne de 1990. Ce qui est de nature à rendre durable la réduction et à permettre à l'humanité de gérer une transformation à long terme.
2- Les mécanismes de financement et de solidarité internationale, entre les pays riches et les pays moins nantis, seront clairement définis pour financer l'adaptation au changement climatique et permettre notamment aux pays en difficulté de mieux maitriser la transition énergétique mondiale et le dérèglement climatique déjà existant.
Selon cet accord, chaque pays, qu'il soit développé ou en développement, s'engage à diminuer ses GES selon un calendrier et un taux qu'il a lui-même définis et dont il est tenu de respecter et d'exécuter les termes, à partir de l'année 2020, date de caducité du Protocole de Kyoto, ratifié en 1997, prolongé en 2012, mais dont la force reste hypothétique dans la mesure où les plus grands pays pollueurs n'en font pas partie, comme les Etats-Unis, le Canada, l'Australie, la Russie ou Chine.
Il est à préciser que cet objectif, limitant le réchauffement climatique à 2°C à l'horizon 2100, était déjà au centre de la COP15, tenue à Copenhague en 2009, ainsi que des sessions suivantes, sans qu'un compromis n'en fût dégagé sur le calendrier, le niveau de réduction, l'engagement chiffré et le dispositif de financement. La conférence a essuyé un échec, couronnant ses travaux par un texte a minima et une déclaration de principe sur l'impératif de limiter le réchauffement planétaire à 2°C et sur la constitution d'un fonds de 100 milliards de dollars pour le climat d'ici 2020.
Malgré le mécanisme de financement et le fonds vert prévus pour accompagner et appuyer le processus d'adaptation, les pays en développement se sentent lésés dans ce sens que les pollueurs sont les pays riches et, à ce titre, la responsabilité première de réduire les GES leur incombe. Le passif écologique dont tout le monde subit les effets adverses est le produit exclusif des pays industrialisés, qui durant des décennies ont nui à la biosphère, un bien commun, qu'ils ont exploitée au-delà de leur part et dans l'impunité. Il s'agit là d'une créance envers les pays faiblement émetteurs de GES qu'il faudrait s'en acquitter avant que le concept de « responsabilité partagée » soit applicable à tous. Les pays en développement rechignent, à juste titre d'ailleurs, de compromettre leur développement économique et social en réduisant leur émission de GES. Ils ont besoin d'un traitement spécial et différencié et aussi et surtout d'un véritable soutien financier et technologique. C'est un enjeu de taille dans l'agenda de la COP21.
Pour certains pays en développement émergents, à forte densité démographique, classés comme grands pollueurs, comme la Chine et l'Inde, l'idée de limiter leur émission de GES ou d'instituer un mécanisme international de contrôle n'est pas acceptable. L'argument tient vraiment la route : Pourquoi investir dans un programme de réduction alors que la moyenne par tête d'habitant de leur émission de GES reste largement inférieure au niveau observé dans les pays riches ?! Pourquoi hypothéquer leur croissance économique et leur développement humain alors que leur niveau de vie est très en dessous de celui dont bénéficient les pays riches, justement grâce, entre autres, à leur émission de GES sur plusieurs générations ?! Ils réclament de combler la fracture sociale et rattraper le net décalage en terme de niveau de vie avant de contracter des engagements fermes en la matière.
En tout état de cause, la COP 21 est redevable d'un accord à la taille de l'enjeu et d'un résultat de toute autre nature par rapport aux sessions précédentes. Le signal d'alarme a été lancé depuis belle lurette. Les scientifiques, pour qui le risque est certes lointain mais non moins certain, n'ont pas laissé trainer le mystère sur l'impact négatif du réchauffement climatique : Tempête, sécheresse, pénurie d'eau potable, guerre sur les sources d'eau, migration massive, disparition de certains pays notamment insulaire au Pacifique suite à la montée des niveaux de la mer.
En prévision de la COP21 ; chaque Etat membre de la CCNUCC est tenu de présenter, en fonction de sa situation et de sa capacité, un tableau axé sur deux types d'objectifs (objectifs de réduction et objectifs d'adaptation) et récapitulant l'effort national accompli dans le cadre de la bataille mondiale contre l'émission excessive des GES et contre le dérèglement du climat. La synthèse et l'analyse des efforts cumulés ai niveau international est de nature à offrir une vue d'ensemble mieux structurée et plus prévisible, chiffres à l'appui. Jusqu'à présent, à deux semaines de l'ouverture de la COP21, 154 pays ont présenté leur document de contribution.
Dans un document établi par le Ministère de l'Environnement et du Développement Durable, remis au Secrétariat de la CCNUCC en Août 2015, la Tunisie a promis de diminuer de 41 % son émission de GES à l'horizon de 2030 par rapport à son niveau de 2010 et a évalué à 20 Milliard de Dollars le coût global de son processus de réduction et d'adaptation, dont 85% seront consacrés au secteur de l'énergie (40% pour l'efficacité énergétique et 45% pour les énergies renouvelables), le reste sera réservé à l'agriculture, au patrimoine forestier , au traitement des déchets et à l'assainissement.


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