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Rached Ghannouchi, le retour aux sources
Publié dans Business News le 19 - 11 - 2018

L'actualité de ces deux derniers jours nous vient du côté de Monplaisir. Il s'agit du discours prononcé par le chef du mouvement islamiste à l'issue de la rencontre annuelle de son bloc parlementaire. Publiée puis retirée de la page officielle du parti, cette allocution a suscité une vive polémique, dans la mesure où on constate un retour en force du discours religieux délaissé depuis un certain moment par Ennahdha. Coup de Com ou démonstration de force ?
Depuis la tenue de son 10ème congrès, le mouvement Ennahdha a annoncé la séparation entre le politique et le religieux. Le volet communication du mouvement a suivi scrupuleusement ce choix stratégique. Un bon lifting de sa communication et un relooking extrême pour le chef du mouvement, qui a laissé tomber son titre honorifique de « Cheikh » au profit du titre moderne de « professeur ».
Ainsi, et après avoir opté pour le costard-cravate, on se retrouve, pas plus tard que ce samedi, face à un Rached Ghannouchi qui reprend son rôle de prédicateur. Le discours prononcé par le chef du parti islamiste ressuscite-t-il un style jeté aux oubliettes ?

On assiste à un retour en force du discours religieux où Rached Ghannouchi a réitéré l'attachement inconditionnel du mouvement au préceptes de l'islam et aux principes de la démocratie islamique. Selon lui, ces valeurs couplées à la Choura ont fait la réussite et la force incontestable du mouvement « Ce bloc parlementaire est l'exemple même d'un rassemblement islamique et notre Choura est l'exemple de la démocratie dans l'islam. Malgré la division qui a touché les partis politiques sur la scène nationale et les conflits entre les deux têtes du pouvoir exécutif, notre mouvement a réussi à garder son unité, maintenant sa position dans le paysage politique », dit-il.
Et mis à part la forme de ce discours ponctué de propos religieux, le chef d'Ennahdha s'est lancé dans une démonstration de force. En effet, Ghannouchi n'a pas hésité à rappeler à plusieurs reprises la force du mouvement et sa position solide sur la scène politique nationale : « Ennahdha n'est pas seulement le premier mais aussi le parti fondamental. Le mouvement a posé des vetos sur des personnes qu'il a estimées inadéquates aux postes lors du dernier remaniement. Ceux que nous estimons être des éléments corrompus ou incompétents ont été remplacés par d'autres plus compétents mais qui ne font pas forcément partie d'Ennahdha ».
Le chef du mouvement islamiste poursuit sa tirade, en lançant une pique au président de la République en lui rappelant la limite de ses prérogatives, sans épargner le parti de Nidaa Tounes: « Lorsqu'il y a eu une divergence, plus précisément au sein de Nidaa Tounes, nous avons appelé à un retour vers la Constitution. D'ailleurs, j'ai appelé le président de la République lors de notre dernière rencontre à se conformer à la Constitution. Si chaque responsable se limite à ses prérogatives, il n'y aurait aucun problème. Si quelqu'un veut évincer le chef du gouvernement, il n'a qu'à recourir au parlement, ainsi veut la Constitution. Nous avons ramené toutes les parties à respecter la Constitution ».

Tellement de messages politiques envoyés à plusieurs niveaux, bien que la vidéo soit supprimée de la page officielle du parti, quelques heures après sa publication. C'est dire que le chef d'Ennahdha bénéficie d'une position assez confortable pour s'exprimer de la sorte envers tous ses adversaires et même ses alliés. En effet, plusieurs analystes s'accordent sur le fait que cette déclaration musclée porte atteinte, également, au chef du gouvernement, qui a été réduit au rôle de simple exécutant des désirs d'Ennahdha, lui qui se taguait d'être un chef de gouvernement et non un Premier ministre.
D'ailleurs, suite à ces insinuations, la réponse de la Kasbah n'a pas tardé à venir. Et c'est le porte-parole du gouvernement, Iyed Dahmani qui a affirmé que Youssef Chahed n'a subi aucune pression concernant ses prérogatives constitutionnelles. Il a également souligné que le gouvernement ne tolérera aucune atteinte portée aux membres sortants du gouvernement. Une atteinte qui pourrait perturber le commencement de la nouvelle phase de l'action gouvernementale.
Dans ce même contexte, certains anciens ministres à l'instar de Ghazi Jeribi, Mabrouk Korchid et Majdouline Cherni ont fait part de leur décision de porter plainte contre Rached Ghannouchi. « S'il ne fournit pas la liste des anciens ministres corrompus, il sera accusé soit de complicité, soit de diffamation. En tout cas, je ne me sens pas concerné par ces propos. Cela dit, il est nécessaire de révéler la vérité autour de ces accusations », indique Ghazi Jeribi, ancien ministre de la Justice

Face à ces réactions immédiates, le mouvement Ennahdha a essayé de tempérer ses propos à travers un communiqué assurant que les propos de Ghannouchi ne constituent pas une accusation mais plutôt un critère d'évaluation des candidatures en collaboration avec le chef du gouvernement. Le mouvement islamiste a réitéré son respect des membres partants du gouvernement, tout en se disant surpris de différentes interprétations.

En tout état de cause, le discours de Rached Ghannouchi a été une véritable démonstration de force. Le retour de l'aspect purement religieux dans ces propos, à peine une année avant les échéances électorales, semble être le moyen inévitable de reconquérir les bases et les fidèles du mouvement. Une manière directe de leur faire savoir que le mouvement n'a jamais déraillé de sa trajectoire initiale. Cependant, l'autre revers du discours s'adresse à ses adversaires politiques. Une piqûre rappelant l'adage « Qui s'y frotte, s'y pique ! ». Un proverbe qui sied parfaitement à Ennahdha, rien qu'en observant le sort de tous ses anciens alliés.


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