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Amdoun Un drame de trop, des responsabilités multiples
Publié dans Business News le 02 - 12 - 2019

1er décembre 2019, un dimanche noir pour la Tunisie. 26 jeunes gens ont été fauchés à la fleur de l'âge au détour d'un virage du Nord-Ouest. L'excursion s'est soldée par un drame, ressenti par les Tunisiens comme une catastrophe nationale. Le deuil le disputait à la colère chez l'opinion publique. Un deuil pour ces vies brisées, pour ces familles décimées et une colère contre les défaillances systémiques d'un Etat qui recule pour mieux chuter.

A mesure que parvenaient les informations et que les photos des victimes inondaient la toile, l'ampleur du drame se ressentait. En état de choc, les Tunisiens suivaient les détails du triste accident jusqu'à tard dans la soirée.
43 personnes, dont l'âge variait entre 20 et 30 ans, était à bord du bus. Les jeunes, férus des réseaux sociaux, partageaient les images de leur excursion. Des sourires, de la complicité, des étoiles plein les yeux en prévision de cette journée d'escapade dans une région prisée pour sa nature et ses paysages. Vers midi, c'est la catastrophe. Au détour d'un virage, le bus fait une sortie de route. Plusieurs tonneaux, le véhicule fait une chute de 70 mètres avant de s'écraser dans un ravin. A Business News nous avons fait le choix de ne pas publier les images choquantes qui ont circulé sur Facebook et des médias de la place. Elles montrent la violence de l'impact, un bus complétement déchiqueté, des sièges éjectés et des corps jonchant le fond du ravin.

Arrivés sur place, dans cette région escarpée, les secours ont mis du temps pour extirper les corps des victimes et les transférer dans les hôpitaux. Plusieurs jeunes étaient décédés sur le coup. D'autres, dans un état critique, devaient recevoir des soins au plus vite. Sauf qu'on est au Nord-Ouest tunisien et que les hôpitaux manquent drastiquement d'équipement et de personnel médical. Certains survivants seront acheminés vers des cliniques privées de la région, d'autres seront transférés à Tunis, à des centaines de kilomètres du lieu de l'accident.
Les deux chefs de l'exécutif, Kaïs Saïed et Youssef Chahed se déplacent sur place. La mine déconfite, les bras ballants, ils constatent les dégâts.
Sur les réseaux, ça bouillonne de colère. On parle de crime d'Etat. Les premières accusations se tournent vers les autorités qui continuent à marginaliser ces régions intérieures. On cherche un coupable.

Ce n'est pas le destin qui en a voulu ainsi, le président de la République Kaïs Saïed nous avait gratifiés hier par cette dialectique religieuse. C'est un enchevêtrement de causes et de circonstances tout autant ubuesques que rageantes. Les responsabilités sont multiples, partant d'une incivilité du chauffeur (qui reste à prouver), de l'état du bus ou de l'infrastructure, en passant par l'absence de structures hospitalières dignes de ce nom.
Aujourd'hui, le gouverneur de Béja a présenté sa démission. Il ne s'est pas prononcé sur les raisons, mais quand on sait que plusieurs autres accidents mortels avaient eu lieu au même endroit et que rien n'a été fait pour y remédier, le lien est vite établi. La démission d'un responsable est-elle la solution ? L'infrastructure déficiente dans cette région n'est un secret pour personne. En 2017, pratiquement au même endroit, un bus a fait une chute pour s'écraser au fond du ravin. Une commission d'enquête avait été mise en place, aucun suivi depuis. Pourtant, les conducteurs continuent à emprunter cette route de la mort.

Le ministère de l'Equipement a publié tard dans la soirée d'hier un communiqué, où il s'est déchargé de toute responsabilité. Le département affirme qu'il a installé tout au long de cette route des barrières et des panneaux signalant le virage. Le plus, c'est une accusation explicite qu'il lance contre le conducteur du bus et l'agence de voyage propriétaire du véhicule. Photos à l'appui, le ministère de l'Equipement a bien voulu nous montrer la plaque minéralogique pour dire que le véhicule a pris de l'âge et qu'il y a eu forcément un problème de ce côté.
On comprend donc que le département de l'Equipement a bien fait son travail. Alors, pourquoi monsieur le ministre a-t-il avoué, au lendemain du drame, que certaines régions du pays étaient marginalisées, dont le Nord-Ouest ? Pourquoi a-t-il attendu une telle tragédie afin de nous annoncer qu'il a donné des instructions « pour qu'une étude soit lancée en vue de construire un pont au niveau du dangereux virage » ?

Du côté de l'agence de voyage propriétaire du bus, on pointe plusieurs manquements et on soupçonne que le véhicule loué aux jeunes était dans un état délabré. Imed Brahem, porte-parole du syndicat des agences de voyage a exprimé hier son étonnement qu'un bus ayant dépassé les 20 ans puisse encore être autorisé à circuler. Dans une déclaration à IFm, il affirme que la tragédie a été causée par un ensemble de facteurs dont le fait que l'Agence technique des transports terrestres permette à des bus touristiques de plus de 10 ans d'âges de circuler, ce qui est interdit selon lui. Le responsable de l'agence a été placé en garde à vue ce lundi sur décision du juge d'instruction du Tribunal de Béja. Le juge soupçonne un manquement qui serait à l'origine de l'accident.

D'après les estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la mortalité routière en Tunisie est l'une des plus élevée en Afrique du Nord. La Tunisie vient en seconde place après la Libye avec un taux de 24,4 décès pour 100 mille habitants, soit 2679 morts (rapport 2015). En plus des manquements de l'Etat et de la marginalisation de zones entières du pays ou encore la vétusté du parc automobile, s'ajoute le problème des incivilités sur la route. Les excès de vitesse, le non-respect généralisé des normes de la sécurité routière et du code de la route font partie du problème.

Pour toutes ces raisons et tant d'autres, une nouvelle tragédie a ébranlé la Tunisie. A chaque nouveau drame, les autorités mettent en place des commissions, des enquêtes sont menées, des directeurs sont limogés, des gouverneurs mettent le voile. Au bout d'un moment, l'opinion publique passe forcément à autre chose et les mesures tardent à être prises ou sont reléguées aux oubliettes. Jusqu'à la prochaine catastrophe, l'immobilisme et l'inaction reprendront le dessus. Aucune partie n'assumera ses responsabilités et un bouc émissaire sera désigné. Un tableau beaucoup trop noir ? Non, c'est la réalité des choses aujourd'hui en Tunisie.

Que les jeunes victimes reposent en paix. Condoléances aux familles endeuillées.


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