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Habib Jamli : Pas de partis ? Pas de problème !
Publié dans Business News le 24 - 12 - 2019

L'annonce de Habib Jamli d'un gouvernement apolitique constitué de compétences nationales était inattendue, du moins pour le grand public. Après de longues semaines de concertations avec les partis politiques et les organisations nationales, le chef du gouvernement désigné a finalement "décidé" de mettre en place un gouvernement d'indépendants. Une décision qui a suscité de violentes critiques et déclenché un mécontentement chez les partis notamment ceux concernés par les négociations.
L'annonce a été faite hier lundi, tard dans l'après-midi lors d'un point de presse tenu pour annoncer la démarche de Habib Jamli suite au retrait d'Attayar, d'Echaâb et de Tahya Tounes des concertations gouvernementales. Contrairement aux prévisions répandues, Habib Jamli a décidé de tenir à l'écart toute formation politique et d'accorder, ainsi, les portefeuilles ministériels à des indépendants non-partisans.
Le deuxième critère de Habib Jamli dans le choix des membres du prochain gouvernement était de nommer des ministres intègres et expérimentés. Faire l'objet de déboires judiciaires ne diminue pas les chances des potentiels ministres, selon M. Jamli qui avait précisé que seuls les coupables et non les inculpés ne seront pas concernés par le gouvernement.

Pour Habib Jamli, trop de temps a déjà été perdu dans des négociations qui se sont avérées improductives. Ainsi, face à un paysage politique fragilisé par des tiraillements et même des divergences intrinsèques au sein des différents partis politiques et une Tunisie qui ne peut plus patienter ni se permettre ces tergiversations et ces désistements, Habib Jamli a préféré prendre les choses en main marquant ainsi la fin du dialogue interpartisan.
Néanmoins, des voix se sont élevées jugeant que la décision de cesser les négociations n'était pas celle du candidat d'Ennahdha à la primature, Habib Jamli et remettant en cause, ainsi, l'indépendance du chef du gouvernement désigné. Pour Zouhair Maghzaoui, secrétaire général du mouvement Echâab et Hichem Ajbouni, député d'Attayar, c'était le chef d'Ennahdha, Rached Ghannouchi qui a autorisé à Habib Jamli d'annoncer un gouvernement de compétences nationales.
C'était, également, Rached Ghannouchi qui a rejeté l'initiative du chef de l'Etat, kaïs Saïed de rétablir le dialogue entre Ennahdha, Attayar, Echaâb et Tahya Tounes l'informant que le temps des concertations était épuisé. Un constat qui a été appuyé davantage par le communiqué d'Ennahdha émis peu avant l'annonce de la décision de Habib Jamli et dans lequel le parti islamiste s'est engagé à présenter un gouvernement de compétences nationales ouvert à tous et sans exclusion.
Une engagement réitéré, aujourd'hui mardi, par Rached Ghannouchi qui a assuré que le gouvernement constitué par Habib Jamli bénéficiera d'un soutien plus large que ceux qui le précèdent car il sera ouvert à toutes les partis et à toutes les tendances. Cela insinue que Qalb Tounes pourrait gouverner avec Ennahdha, en concordance avec les propos du dirigeant nahdhaoui, Abdelhamid Jelassi qui estime que le gouvernement doit être formé de forces visant à servir le pays indépendamment de leurs référentiels et ce y compris Qalb Tounes.

Pour Attayar et Echâab -réunis dans un seul bloc parlementaire baptisé le Bloc démocrate- un gouvernement apolitique de compétences nationales n'est qu'un gros mensonge étant donné que le gouvernement sera soumis au Parlement pour approbation et qu'il aura, certes, besoin d'une ceinture politique pour lui accorder sa confiance.
La même position a été partagée par Afek Tounes qui avait qualifié la décision de M. Jamli de tentative de manipuler l'opinion publique au nom de l'indépendance qui dissimule des alliances. Le parti a, par ailleurs, accusé Habib Jamli de chercher à se dérober de la responsabilité découlant des répercussions de cette annonce.
Pour le Parti destourien libre (PDL), sa présidente et cheffe de son bloc parlementaire, Abir Moussi a préféré ne pas accorder trop d'importance à cette annonce. En effet, elle s'était contentée de qualifier la formation du gouvernement de feuilleton turc ou mexicain en attendant les analyses politiques qui tenteront de convaincre les Tunisiens de la crédibilité de Habib Jamli dans la démarche qu'il avait choisie.
Une crédibilité qui a été contestée de même que tout le processus de formation du gouvernement qui a été, selon Attayar et Echaâb, mis en scène. Deux partis qui s'opposaient à la méthode de gouvernance et au programme gouvernemental d'Ennahdha ainsi qu'au choix de Habib Jamli en tant que chef de gouvernement relevant son incompétence et la faiblesse de sa personnalité laisant ainsi au parti islamiste la main pour le guider comme il le souhaite.

Pour Attayar et Echaâb, le scénario initial et idéal pour Ennahdha était celui de gouverner avec Qalb Tounes surtout que Nabil Karoui avait exprimé sa disposition à reprendre les négociations avec Habib Jamli. Un scénario dont les deux partis étaient au courant même quand ils étaient en concertation autour de la constitution du gouvernement.
Bien que M. Karoui ait annoncé que Qalb Tounes, qui compte selon lui des compétences, ne présentera aucun député ni membre du bureau politique pour faire partie du prochain gouvernement dans l'objectif de faciliter la mission à Habib Jamli, il soutient la mise en place d'un gouvernement de compétences nationales indépendantes mais appuyées politiquement.

Mongi Rahoui, élu du Front populaire a jugé que cette stratégie d'Ennahdha vise à éviter le recours à un gouvernement du président qui nommerait des personnalités indépendantes et qui le priverait de gouverner à travers un chef de gouvernement.
Selon M. Rahoui, il s'agit d'une mesure anticipatoire de l'éventuel scénario du gouvernement du président lorsque Habib Jamli échouera à obtenir la confiance du Parlement. C'est dans ce sens qu'Ennahdha a opté pour un gouvernement apolitique -copie du gouvernement du président- avant que le réel gouvernement du président ne soit instauré afin de mettre toutes les parties devant le fait accompli.

Visiblement, un gouvernement de compétences indépendantes était la voie à suivre depuis le début des concertations houleuses. Ennahdha n'a pas manqué, toutefois, de rejeter la faute sur les partis concernés par les négociations notamment Attayar écarté à cause de ses tergiversations, son obstination et ses conditions exagérées selon le parti islamiste.
Même si ce gouvernement ne correspondra guère aux résultats des urnes ni à la volonté des électeurs qui ne sera pas représentée à l'exécutif, sa composition a de très fortes chances d'obtenir la confiance des députés et de passer au Parlement. Aller vers un gouvernement du président comme solution immédiate à ce blocage ne servira pas les intérêts d'Ennahdha, toujours aussi attaché à détenir le pouvoir.
Le nouveau chef du gouvernement qui sera désigné par Kaïs Saïed pourrait, également, échouer à sa mission et c'est là que le chef de l'Etat pourra dissoudre le Parlement et convoquer des élections législatives anticipées. Une mesure qui compromettra la place des élus sous l'hémicycle qui, indubitablement, ne voudront pas voir leurs prérogatives et leurs privilèges leur échapper...


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