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Abdelhamid Jelassi balance tout : Ce qui se passe à Ennahdha, ne reste plus à Ennahdha !
Publié dans Business News le 05 - 03 - 2020

Nouveau coup de tonnerre à Ennahdha. L'un de ses cadres, un gros calibre, claque la porte en balançant sur la cuisine interne. L'état des lieux fait par Abdelhamid Jelassi, ne peut que mettre Ennahdha dans l'embarras, tant les révélations sont édifiantes quant aux tiraillements au sein du parti. Ennahdha qui a toujours opéré comme une secte hermétique, voit depuis un moment apparaitre des lézardes dans son édifice. Celles-ci ne font d'ailleurs que s'accentuer.

Nouvelle démission. Nouvelles révélations. Le parti essuie une autre défection et pas des moindres après celle de son secrétaire général Zied Laâdheri ou encore celle de Zoubeir Chehoudi. Après plus de 40 ans au sein du mouvement islamiste - il lui a consacré toute sa vie comme il le dit, Abdelhamid Jelassi a préféré tout quitter. Ce qu'il reproche à son désormais ancien parti est du lourd.
« Les structures du mouvement appelleront notre cher frère à revenir sur sa décision. Les différences des points de vue peuvent être imputées aux circonstances que traversent le mouvement et le pays. Ennahdha assimilera ce conflit et essaiera de le contenir », c'est ainsi qu'a réagi le porte-parole du parti Imed Khemiri suite à la démission du « frère » Jelassi.
Le démissionnaire, pour sa part, est bien décidé. Il a fait le tour des plateaux en assurant qu'Ennahdha est une page qu'il a définitivement tourné. Ce cacique du mouvement islamiste qui a roulé sa bosse dans toutes ses instances et qui a été de tous les combats, dresse un bilan des plus sombre sur ce qui s'y passe réellement. Connu pour sa discipline et son culte du secret, Ennahdha perd la main. La période trouble qu'a traversé le pays depuis le décès du président Béji Caïd Essebsi, n'est pas étrangère à cette crise.

Un parti qui a dévié de ses principes
Abdelhamid Jelassi assure qu'il n'a pas été facile au mouvement de passer de la clandestinité au pouvoir puisque « la clandestinité sert toujours une certaine image surtout chez une confrérie d'idéologie religieuse ». Selon lui, le principal défi après la révolution a été d'opérer une transformation d'un groupe politique à un véritable parti structuré. Le positionnement d'Ennahdha a changé mais il a gardé sa culture et son mode de fonctionnement avant la révolution : « Nous étions face un paradoxe. Le leadership, dont le rôle historique est arrivé à expiration, a toutefois assuré la responsabilité de diriger la nouvelle étape avec des défis fondamentalement différents de ceux de la création du parti ».
Dans sa lettre de démission, Abdelhamid Jelassi pose les questions « existentielles » qu'a traversé le parti, sa place dans le nouveau paysage politique, notamment sa perte d'identité. Ennahdha faisait montre d'un islamisme décomplexé, appelant notamment à l'application de la Chariaâ. Un revirement après, le mouvement s'est attelé à vendre une image d'un parti civil et qui tend à séparer le religieux du politique. Une perte d'identité qui n'a pas été du goût de tout le monde et qui en a déboussolé plus d'un. Quelle direction prendra Ennahdha s'il devient comme les autres partis ? Dépité, Abdelhamid Jelassi estime que le mouvement a dévié de ses principes et fait aujourd'hui partie du système.

Une nomenklatura indéboulonnable
Par ailleurs, il expose les luttes intestines entre une classe dirigeante hégémonique et une jeunesse nahdhouie qui tend à un réel changement. Jelassi évoque un blocage qui dure depuis 50 ans. En effet, Rached Ghannouchi qui est jusqu'à ce jour président du mouvement, et qui manouvre à le rester, est le fondateur et chef de la Tendance islamique depuis les années 70. Ainsi, il avance l'exemple du 10ème congrès d'Ennahdha où l'entourage de Ghannouchi a tout fait pour que ses prérogatives soient élargies. C'est ce qui s'est passé au grand dam de plusieurs dirigeants. Le tournant, c'est comme cela que Jelassi le qualifie, en évoquant les dessous du 10ème congrès qui a donné lieu à de basses manigances qui ont chamboulé définitivement les structures du parti. Il avance le terme d' « épuration » au sein de l'organe exécutif sur la base du vote au cours du congrès en faveur des visées de Rached Ghannouchi. Il évoque aussi la mainmise de la famille du cheikh qu'il qualifie de sérail.
Face à ces pratiques non-démocratiques d'une « nomenklatura » indéboulonnable, Abdelhamid Jelassi rappelle les tentatives de s'y opposer et les différentes propositions pour changer les choses en interne. Toutefois, la classe dirigeante, tout en promettant de s'y pencher, s'est attelé à les brimer.

La dégringolade
« Nous avons fait perdre au pays cinq années de 2014 à 2019. Or, à ce jour, il semble que nous n'ayons pas encore tiré les leçons adéquates », s'est exclamé Abdelhamid Jelassi. Il dénonce la politique de la direction d'Ennahdha durant les derniers mois. Une politique incohérente qui a creusé encore plus la détérioration de la situation au sein du parti. En passant, il rappelle le « scandale » des listes des législatives chamboulées par Rached Ghannouchi à son avantage, celui de la campagne présidentielle de Abdelfattah Mourou « un mariage avec l'intention ouverte d'un divorce » ou encore les agissements avec Habib Jamli, le désigné malheureux d'Ennahdha pour former le gouvernement.
Le démissionnaire critique également l'approche tactique avec le gouvernement d'Elyes Fakhfakh, prédisant un dénouement qui ne diffère pas des précédents, tout assurant qu'Ennahdha se joue de l'Etat et de l'opinion publique nahdhaouie qui « fait confiance à ses chefs comme s'ils étaient les compagnons du Prophète ».
Abdelhamid Jelassi assure que les proches de Rached Ghannouchi font tout pour que le prochain congrès, prévu au mois de mai, n'ait pas lieu, que des plans sont ourdis afin de trouver la bonne formule pour que le cheikh reste en position de force à la tête du parti. « C'est comme si nous ne réalisons pas que nous sommes face à un véritable scandale ! C'est comme si nous ne sommes pas conscients de l'évolution du monde. Fini le temps du dirigeant à vie ! Je dis à mes camarades et amis que c'est le silence impuissant ou complice qui créé la vénération des idoles ! ».
Consterné, Abdelhamid Jelassi parle de dégringolade d'un parti qui a longtemps été sa famille et lui prédit le même sort que Nidaa Tounes en 2015. Une dégringolade qui finira par tout balayer sur son chemin…

Ce qui se passe à Ennahdha est finalement symptomatique de toute une classe politique qui campe sur les vieux réflexes hégémoniques. La transition que connait la Tunisie et les transformations dans le monde semblent les rattraper sans qu'ils ne se décident à opérer un réel changement. Le pouvoir est certes éreintant, Ennahdha en a fait les frais, mais la multiplication des couacs en interne l'a fragilisé tout autant si ce n'est plus. Le mouvement islamiste est face à un tourant déterminant de son histoire. Il pourrait ne pas en sortir sous la forme qu'on lui connait et ceci est également déterminant pour le paysage politique du pays dans les mois à venir.


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