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La Tunisie va-elle vers l'éradication de la subvention ?
Publié dans Investir En Tunisie le 04 - 03 - 2014

Depuis la prise du pouvoir par Hamadi Jebali, le 11 décembre 2011, les Tunisiens entendent parler du fardeau des dépenses compensatoires. La Tunisie doit serrer la ceinture…
On nous préparait psychologiquement à cautionner l'élimination de la subvention de l'Etat sur les produits de première nécessité. Après l'interview de Mehdi Jomâa diffusée lundi soir 03 mars 2014, il est clair que la compensation est dans le collimateur. Mais est-ce qu'un peuple qui s'est révolté contre la cherté de la vie acceptera l'éradication de la subvention et l'envolée des prix ?
1. Caisse générale de compensation : C'est quoi ?
La caisse générale de compensation est un fond spécial du trésor destiné à stabiliser les prix des produits de base. Il a vu le jour en 1945 par un décret beylical du 28 Juin 1945. Redoré à la fin de la période collectiviste (1961-1969) par Habib Bourguiba et Hédi Nouira pour palier aux désastres laissés par cette expérience douloureuse et aider la majorité écrasante des Tunisiens -pauvres qu'ils étaient- à survivre. Il est institué par la loi 26 de 1970 et confirmé par la loi de finances 66 de la même année. Ses fonds proviennent d'une affectation budgétaire annuelle. Les dépenses de compensation couvrent les produits suivants : pain, semoule, couscous, pâtes, huile de graine, papier destiné aux cahiers scolaires, lait demi écrémé, sucre, concentré de tomate, électricité, gaz naturel et carburant.
2. Attaques contre le système de compensation
Depuis le 14 Janvier 2011, ni le gouvernement Ghannouchi ni celui d'Essebsi n'a remis en cause le système de compensation. Mais un revirement dangereux voire dramatique est apparu directement après l'élection de l'Assemblée nationale constituante. Cette même assemblée qui promettait aux Tunisiens, lors de la campagne électorale, d'œuvrer à combattre farouchement la cherté de la vie et à faciliter leur vie, s'est directement attaquée, sans transition, au système de compensation avec un crescendo discret et pernicieux. Ça a commencé avec le gouvernement de « l'homme qui rit », Hamadi Jebali, qui a jeté le premier pavé dans la marre. A cette époque on disait que la compensation n'était pas affectée à ses véritables bénéficiaires et la population n'y a vu que du feu. A l'heure du gouvernement Laarayedh, les attaques contre la compensation sont devenues plus franches et directes ; on annonce au peuple que le gouvernement compte lancer une étude quant à la pertinence de la compensation et on passe à l'acte au même temps. Ilyes Fakhfakh monte au créneau, fait le tour des plateaux télé, explique et crie sur tous les toits que la compensation est un leurre, qu'il faut la redéfinir, qu'elle n'est pas juste et justifiée et dans la foulée le gouvernement fait augmenter les prix du lait demi écrémé, le concentré de tomate, l'électricité et le carburant. La progression des événements est inquiétante et pour couronner le tout, le ministre de l'Industrie, Mehdi Jomâa, et son secrétaire chargé de l'énergie, Nidhal Ouerfelli, dans le gouvernement Laarayedh décident de lever la compensation énergétique sur les cimenteries. Les dès sont jetés, on joue désormais à visage découvert. La compensation est dans le collimateur… et puis, voici le gouvernement Jomâa qui décide l'augmentation du prix du concentré de tomates à partir du 21 Février 2014. On ne se voile plus la face, ça sera comme ça, que ça vous plaise ou non…
3. Compensation, FMI et réformes
Selon Ilyes Fakhfakh, ministre des Finances dans le gouvernement Laarayedh, le déficit budgétaire a atteint 7.4%. « Une grande partie de ce déficit provient des subventions qui sont passés de 1.5 million de dinars à 5.5 millions de dinars en 2013 ».
Pour la troisième fois depuis son adhésion en 1958, la Tunisie recourt au FMI, mais ce dernier a des instructions à imposer : des réformes structurelles et drastiques pour « stabiliser l'économie tunisienne », dit-on, Traduction : une réforme de la compensation. Amin Mati, chef de mission pour la Tunisie auprès du FMI a déclaré: « … remplacer le par un système de protection sociale mieux ciblé afin de protéger les populations les plus démunies ". Traduction encore : la subvention est appelée à disparaître définitivement. L'institution financière internationale n'a que faire des couches fragiles et encore système des subventions généralisées moins des causes de la révolution 2011.
4. La Tunisie répudie la Révolution et démissionne de ses citoyens
Qu'est ce que l'Etat si ce n'est un garant d'intégrité et de dignité pour tous les citoyens, sans exceptions? Lever la compensation sur Instruction Expresse du FMI équivaut à condamner 5 millions de Tunisiens. Mehdi Jomâa et ses ministres le savent très bien. Au lieu de cibler la subvention, les autorités compétentes se précipitent à la lever d'une façon uniforme sans distinction de pouvoirs d'achat. Le gouvernement a décidé d'éradiquer la pauvreté en éliminant les pauvres. Pourtant, plusieurs idées étaient émises pour limiter l'affectation du budget de compensation aux citoyens méritants. Les nouvelles consignes portent sur l'électricité, le gaz naturel et le carburant, mais aussi sur les services publics : transport, enseignement, santé…
Mehdi Jomâa est-il conscient qu'il trahit les objectifs de la révolution et les aspirations et espoirs de la majorité des Tunisiens ? L'Etat est-il conscient qu'en laissant pour compte ses citoyens, se désavoue lui-même et se couronne d'incrédibilité et de mesquinerie ?
La mascarade tunisienne, c'est un peuple qui se révolte contre la cherté de la vie et un gouvernement se prétendant prorévolutionnaire qui cautionne la cherté de la vie et qui tourne le dos à ses responsabilités sociales.


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