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Référentiels et valeurs bousculées
SOCIETE EN MUTATION
Publié dans La Presse de Tunisie le 31 - 07 - 2015

Tant de valeurs sont aujourd'hui sur la sellette. Celle de l'argent a pris le dessus, surtout les référentiels qui ont permis à ce pays de se tailler sa petite place parmi le concert des nations. Au détriment de tout ce qui est productif et générateur de richesse, on opte pour le lucratif. C'est ainsi que des jeunes filles et garçons laissent tomber leurs études pour chercher à faire une carrière sportive ou dans le showbiz. Mais il arrive souvent qu'ils échouent et dans la déception on peut s'attendre à tous les dérapages. La faute incombe surtout à ces parents qui veulent faire de leurs enfants des fonds de commerce.
On est tous ou presque pris de vitesse devant la rapidité des changements qui s'opèrent au sein d'une société en pleine effervescence. Tout se fait à un rythme qui ne tolère le moindre répit ou la moindre distraction.
La Tunisie qui a misé depuis l'indépendance et investi dans le savoir est aujourd'hui en pleine mutation sociétale. Les mentalités évoluent et n'arrêtent pas de changer. Les repères d'hier ne le sont plus aujourd'hui surtout pour ces jeunes aux ambitions débordantes. Les valeurs et les référentiels hérités du passé ont perdu et sans doute à jamais de leur attrait.
Il y a sans doute ceux qui s'accrochent à un monde révolu et qu'ils veulent ressusciter par tous les moyens, partant d'une certaine idée rétrograde de l'existence qui exclut toute évolution. Cette catégorie présente un grand danger pour la société, dans la mesure où elle n'hésite pas à user de violence dans le dessein d'imposer ses vues. C'est le cas de ces mouvances religieuses et ces mouvements terroristes qui sévissent dans l'espace proche et moyen-oriental. Mais ces gens qui vivent en dehors de l'Histoire finiront tôt ou tard pas être balayés par le fait qu'ils se sont exclus eux-mêmes du mouvement de l'Histoire.
Il y a aussi les nostalgiques d'un certain passé qu'on jugeait meilleur que le présent. Cette catégorie fait partie d'une génération qui a trop longtemps vécu sur de beaux idéaux, résultats du savoir qu'ils ont reçu dans leurs études et d'événements qui avaient jalonné les deux derniers siècles, aux plans idéologique, technologique, inventions et créations dans tous les domaines de la vie. Cette catégorie, imbue des valeurs des philosophies des lumières, n'est pas tout à fait dans le tort et peut dans certaines situations constituer un facteur d'équilibrage pour parer aux dérapages qu'on observe chaque jour. Elle peut s'inscrire en faux par rapport à certains changements, mais elle ne présente aucun danger, au contraire elle peut être utile à bien des égards.
Cela dit et pour revenir au nœud de la question, on peut dire sans risque d'être contredit que les Tunisiens suivent dans un certain sens la tendance qui s'observe à l'échelle de la planète.
On suit la tendance !
Mais on ne peut nullement considérer que tout ce qu'elle comporte est positif. Loin s'en faut, car force est d'admettre que ses aspects négatifs ne sont pas négligeables avec cette tendance à l'individualisme de plus en plus accentuée et la matière devenue valeur première et déterminante dans les rapports entre les hommes. C'est ainsi que de nos jours les gens sont jugés d'après leurs situations matérielles et non d'après des critères qui mettent en exergue l'apport de telle ou telle personne pour son milieu, pour ses semblables proches et lointains.
Aujourd'hui, on peut vous citer les noms des hommes les plus riches vivant sur cette terre, mais peu de gens sont capables de vous donner celui du prix Nobel de la paix, de littérature ou de médecine par exemple. Et pourtant ce sont ces derniers qui donnent à l'existence humaine sa raison d'être.
Les temps ont changé, les valeurs aussi ! A ce propos, on remarque aisément que chez nous autres Tunisiens les mentalités ont évolué et embrassé presque les mêmes valeurs d'ailleurs.
Individualisme et matière
Les jeunes garçons ou filles ont de tout temps eu leurs propres idoles auxquelles ils s'identifient, soit une vedette du showbiz, soit un champion sportif. Cela cadre bien avec l'âge, tout en espérant avoir le même parcours. Mais on ne se faisait pas beaucoup d'illusions dans la mesure où l'on sait que cela appartient à un autre monde et que les valeurs, nos valeurs à nous, étaient loin de valoriser de tels métiers et par là encourager les jeunes à s'y s'inscrire. Etre chanteur ou comédien ou encore un joueur n'était pas bien vu par la société. Ce sont pour la plupart des parents des chemins que seuls les ratés suivent. On était dans le tort sans doute, mais on avait aussi raison parce que les référentiels n'étaient ou ne pouvaient plus nobles. Lesquels référentiels sont aussi partagés par les jeunes.
Juste après l'indépendance et avec la généralisation de la scolarisation l'ambition, de tout élève était de devenir instituteur. Ce dernier était presque idolâtré, notamment dans le milieu rural où tout le monde était là pour le servir. Mais avec l'avance dans les études, la découverte du lycée de la ville, on en vient à comprendre qu'il y a d'autres horizons encore plus grands, et l'on ambitionne ainsi de devenir médecin, avocat, ingénieur ou magistrat. Des professions qui donnaient accès au gratin de la société, mais sans que cela ait le moindre rapport avec ce qu'elles pourraient générer comme rémunérations ou gain matériel. C'est surtout le statut qu'on avait comme objectif. Autres temps autres mœurs !
De nos jours, les études n'ont plus l'attrait qu'ils avaient toujours exercé sur les familles et leurs enfants, surtout les garçons qui croient que c'est une perte de temps.
Ceci explique d'ailleurs le taux bas qu'ils représentent parmi les admis à l'examen du bac. Devenir joueur de football, cela rapporte mille fois plus que d'être ingénieur ou magistrat ou même médecin de la Santé publique. En effet, dans certains clubs, nous avons des joueurs qui touchent plus de 100 mille dinars par mois exempts de toutes charges. Beaucoup de parents encouragent et même poussent leurs fils à tenter leur chance pour épouser la carrière d'un footballeur ou même d'un volleyeur ou autre. On les voit chaque jour emmener leurs gosses aux différents parcs des clubs pour s'entraîner et les attendre à leur sortie. Mais n'est pas Pelé, Platini, Maradona ou même Agrebi et Temime qui veut. Beaucoup de ces jeunes échouent sur les deux tableaux, celui des études et celui de la carrière qu'ils ambitionnaient d'embrasser. La faute incombe aux parents dont beaucoup cherchent à faire de leurs enfants des fonds de commerce, telle cette mère— et elle n'est pas la seule — qui voulait coûte que coûte voir sa fille réussir la carrière d'une comédienne, mais quand cette dernière a échoué parce qu'elle n'avait pas le don, il s'en est fallu de peu pour qu'elle ne passe de vie à trépas.
On ne peut tout de même pas tous devenir comédiens, chanteurs, ou sportifs de haut niveau. Et cela, les parents surtout doivent le comprendre pour ne pas induire en erreur leurs enfants qui, à la fin, seront déçus et pourraient facilement verser dans la délinquance sous toutes ses formes, surtout celle menant sur la voie du terrorisme. Sans compter que cette tendance à faire de la matière l'objectif des objectifs au détriment des vraies valeurs, celles du travail, de la production et se faire utile dans son milieu est ce qu'il y a de plus nocif et destructif. Ces métiers vers lesquels on veut orienter ses enfants n'apportent rien de positif à la société. On en a besoin pour se distraire, pour sortir de la routine et du stress de tous les jours certes, mais de là à en faire une raison d'être pour nos jeunes, il y a un pas qu'on ne peut franchir. Dans ce pays, on a besoin des forces vives pour produire, créer les richesses, inventer pour lui permettre de sortir de son sous-développement et s'inscrire en plein dans le mouvement de l'Histoire. On a certes besoin de spectacles mais cela ne fait pas vivre une population.


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