Arab Tunisian Bank publie son premier reporting de durabilité ESG – Exercice 2024    La Tunisie au Conseil de Sécurité : Rien n'a changé dans les territoires palestiniens occupés, le cessez-le-feu reste violé par la puissance occupante (Vidéo)    Maledh Marrakchi - IA en 2026: D'après Stanford, l'heure des comptes a sonné    Tunisie-France : 19,5 M€ investis dans l'éducation et la culture    Amer Bahba met en garde : une situation climatique préoccupante et persistante jusqu'à la mi-février    Match Tunisie vs Algérie : où regarder la demi-finale de la CAN Handball 2026    Philip Morris Tunisie confirme son leadership RH : 8e certification Top Employer    Constituants sans constitutionnalisme, thème des Journées Abdelfettah Amor    En Tunisie, seules 103 000 entreprises sur 800 000 paient réellement des impôts    Alerte météo : fortes pluies et vents violents frappent plusieurs régions    Le Forum Chokri Belaid des Arts se déroule dans sa 9ème édition du 1er au 7 février 2026    Voici comment : Tunisiens, profitez de l'amnistie fiscale 2026 pour régulariser vos dettes !    Quand et où regarder en direct la demi-finale Tunisie vs Algérie ?    Rim Abdelmalek : Le virus Nipah ne représente pas un danger sanitaire global    Les experts confirment : la Tunisie peut-elle connaître des ouragans ?    La CAF frappe fort : sanctions contre le Sénégal et le Maroc après la finale    Les soldes d'hiver 2025 démarrent aujourd'hui : huit semaines de bonnes affaires    Rapport entre monde de la recherche et monde de la pratique: La recherche collaborative    L'Inde fête sa République à Tunis aux côtés de partenaires tunisiens    France : Visio, la plateforme souveraine qui remplacera Teams et Zoom d'ici 2027    QNB : Résultats Financiers Q4 2025    L'Ecole nationale d'ingénieurs de Tunis abrite la finale de la troisième édition du concours UTM Innov    Concours – Tunisie : recrutement de 726 enseignants d'éducation physique dans le secondaire    Météo en Tunisie : temps nuageux, températures en légère hausse    Le cirque Paparouni s'installe à Carthage durant les vacances scolaires et présente Jungle Book    D'où vient un trésor historique découvert à Houaria ?    Forum Chawki Gaddes pour les droits numériques - Journée d'étude sur la protection des données personnelles : Mercredi 28 janvier 2026, faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis    Les judokas Tunisiens remportent 5 médailles dont 2 en or à l'Open international seniors de judo à Casablanca    LG Electronics repense l'expérience de la laverie en résidence universitaire avec Laundry Lounge    Décès d'une star du football, Mahfoudh Benzarti : une carrière singulière    Inondations : Kaïs Saïed appelle à des mesures concrètes et à une mobilisation nationale    Vagues géantes à Nabeul : des vestiges antiques dévoilés après les tempêtes    Baker Ben Fredj revient avec l'exposition 'Le Reste' à la galerie Archivart après 20 ans d'absence    Kais Saied reçoit l'ambassadrice de Pologne à l'occasion de la fin de sa mission en Tunisie    Intempéries : fermeture temporaire du Palais Ennejma Ezzahra    Justice : trois ans et demi de prison pour Borhan Bsaies et Mourad Zeghidi    Document – Le discours-évènement du Premier ministre canadien Mark Carney à Davos : privilégier les valeurs, face à la domination    Tahar Bekri: Saule majeur    Penser le futur par le passé: Carthage antique et le boomerang colonial dans la géopolitique du Groenland    Abdellaziz Ben-Jebria – Mes périples et maisons : lieux en souvenir    Professeur Amor Toumi: Père de la pharmacie et du médicament en Tunisie    Programme Ceinture Verte en Tunisie : reboisement pour lutter contre la dégradation des sols et la désertification    Match Maroc vs Sénégal : où regarder la finale de la CAN Maroc 2025 du 18 janvier ?    Khadija Taoufik Moalla: Mourad Wahba, le philosophe qui voulait réconcilier raison, foi et humanité    USA: La suspension de la délivrance de visas affecte-t-elle un visa en cours de validité et s'applique-t-elle aux visas de tourisme ? Voici la réponse    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    L'Université de Sousse et le Centre Universitaire de Maghnia (Algérie) scellent un partenariat stratégique    Tunisie–Mali (1-1, tab. 2-3): Une élimination frustrante    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Le débat s'impose, l'urgence prime
Cour constitutionnelle
Publié dans La Presse de Tunisie le 03 - 08 - 2015

Deux textes en attente à l'ARP mais si peu d'écho sur la scène médiatique... Pourtant, la mise en place de la cour chargée de juger de la constitutionnalité des lois obéit à des échéances qui se rapprochent!
La chaleur caniculaire de ce samedi 1er août n'a pas empêché l'Association tunisienne de droit constitutionnel, ainsi que la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis d'organiser une rencontre importante autour de la future Cour constitutionnelle. Deux ministres ont d'ailleurs fait le déplacement et pris part au débat. Il s'agit de M. Farhat Horchani, ministre de la Défense, et de M. Mohamed Salah Ben Aïssa, ministre de la Justice : tous deux juristes et anciens doyens de la faculté susnommée.
La séance prévoyait deux exposés, qui devaient définir les problématiques à l'ordre du jour autour de la Cour constitutionnelle. Le premier portait sur la composition des membres et le second sur les prérogatives. Ces exposés ont été présentés respectivement par Salwa Hamrouni et Salsabil Klibi, qui sont deux constitutionnalistes.
L'opportunité de la rencontre vient du fait que, comme le rappelle la présidente de l'Association tunisienne de droit constitutionnel, Mme Neïla Chaâbane, le texte de la Constitution indique que la Cour constitutionnelle, censée remplacer l'Instance provisoire de contrôle de la constitutionnalité des lois, doit être mise en place un an après les élections législatives. Ce qui nous amène à octobre prochain, ou novembre si on considère comme référence l'annonce des résultats...
C'est demain !
Actuellement, les députés disposent non pas d'un seul «draft», mais de deux : la «proposition de loi» émanant des députés eux-mêmes, en date du 2 juin dernier, et le projet de loi, présenté par le gouvernement en début juillet et à la rédaction duquel ont pris part des membres de l'Association organisatrice, dans le cadre d'un comité de préparation. Cette situation assez particulière soulève d'ailleurs le problème de la priorité à accorder à l'un ou l'autre texte comme référence dans les travaux d'examen à l'ARP. Pour Salwa Hamrouni, la priorité dans l'ordre du temps ne confère pas une priorité absolue. L'article 62 de la Constitution, ajoute-t-elle, confère au contraire une priorité au projet de loi du gouvernement.
Tout le monde s'accorde cependant pour dire que le débat public autour de la Cour constitutionnelle est occulté. Et que cela va à l'encontre de l'importance stratégique de cette instance juridique, la plus haute qui soit, dont le doyen actuel de la faculté, M. Lotfi Chedli, rappelle à juste titre que si la Constitution de 1959 — «qui n'était pas si mal au départ» — nous a menés là où elle nous a menés, c'est parce que la mission de contrôle — qui justement lui incombe — n'a pas été respectée.
Loin du consensus
La question de la composition est de celles qui vont susciter la controverse. Le projet de loi stipule, à la différence de la proposition de loi, que les candidats n'aient pas été membres d'un parti durant les 10 dernières années. Pour certains, comme l'ancien constituant Fadhel Moussa, il s'agit d'une mesure discriminatoire. Il est relayé par d'autres, qui s'insurgent contre ce qui est considéré comme une diabolisation des politiques. Pour Mme Hamrouni, qui est énergiquement soutenue par le ministre de la Justice, il y va de la crédibilité de la cour. Si ses membres sont étiquetés selon leurs appartenances politiques, sa neutralité sera mise en doute au regard du citoyen... «La façon dont elle sera perçue» joue un rôle déterminant dans cet argument. On aura compris qu'on est loin du consensus sur ce point précis.
Les deux textes font également apparaître des divergences sur l'acception des prérogatives. Ce qui, souligne Salsabil Klibi, apparaît à travers la proposition de loi dès son premier article. Le texte des députés énonce en effet que «la Cour constitutionnelle est une instance judiciaire indépendante garantissant, dans le cadre de ses attributions, l'indépendance du pouvoir judiciaire».
La constitutionnaliste fait remarquer ici que la Cour constitutionnelle n'a pas pour vocation de garantir «l'indépendance du pouvoir judiciaire» mais la conformité des lois à la Constitution. D'autre part, on semble avec une telle formulation sous-entendre que quelque instance fixerait ses «attributions»... Ce qui est contraire à sa position supérieure. Au contraire, cette instance ferait plutôt craindre qu'on ait affaire avec elle à un «démiurge»... Et la difficulté est de lui conférer la force requise pour qu'elle assume ses prérogatives en ayant le souci qu'elle demeure dans une relation d'ouverture et d'interaction avec son environnement : la société civile en particulier.
Il manque le CSM
Le point essentiel de cet exposé relatif aux prérogatives insiste sur le fait que toutes les constitutions, à travers le monde, donnent lieu à des lectures diverses et que, par conséquent, il est nécessaire de disposer d'une instance qui permette de dépasser le flou que génère cette diversité de lectures. Cette instance a le pouvoir de «l'interprétation authentique» ! C'est elle qui dit ce que veut vraiment dire la Constitution dans ses différentes dispositions. Et il importe, comme le souligne expressément le texte du projet de loi, que ses «décisions et avis soient contraignants pour l'ensemble des pouvoirs».
On comprend donc, cette fois, que certains puissent éprouver une sorte de méfiance à l'égard de son pouvoir... D'autant qu'elle peut aussi constituer un recours du citoyen justiciable face à la justice. Puisque ce dernier peut contester la constitutionnalité des décisions prises à son encontre par les tribunaux. Un risque de blocage de l'appareil judiciaire, font observer certains dans la salle. En effet, si ce recours devenait systématique, les affaires seraient toutes retardées. Dans beaucoup de pays, on pare à cet inconvénient en conférant aux tribunaux la capacité de jouer un rôle de filtre en jugeant ce qui est recevable et ce qui ne l'est pas parmi ces recours... Le ministre de la Justice prend acte de la mise en garde sur ce point précis mais maintient sa position... «sans filtre» !
Actuellement, la mise à l'ordre du jour des deux textes dans les débats bute sur le fait que nous n'avons toujours pas de Conseil supérieur de la magistrature. Et qu'il existe, semble-t-il, un blocage autour de sa mise en place. Le Conseil supérieur de la magistrature est une des trois instances grâce auxquelles s'effectue le choix des membres de la Cour constitutionnelle, les deux autres étant l'ARP et la présidence de la République. Pourtant, il faudra bien faire avancer les choses. Comme le rappelle Farhat Horchani, la Cour constitutionnelle devra être en place dans la perspective des élections municipales... Des échéances pas si lointaines !


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.