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Développer l'esprit critique
Approche éducative
Publié dans La Presse de Tunisie le 10 - 08 - 2015

Il y a longtemps que les mosquées ne sont plus le seul lieu d'embrigadement des jeunes tunisiens exportés vers les zones de tension dans le monde, particulièrement la Syrie. Nos écoles et nos universités le sont également. La dévastation de ces établissements scolaires et universitaires était prévisible depuis quelque temps, depuis que le fanatisme s'est faufilé à travers leurs portes entrebâillées, qu'on croyait hermétiquement fermées, pour s'installer dans ces enceintes et s'y promener en toute impunité. Mais est-ce qu'il s'agit d'un phénomène conjoncturel qui a fait irruption avec l'accession des islamistes au pouvoir ? Ou bien il est structurel, intégrant le système éducatif en vigueur depuis belle lurette? Plusieurs spécialistes penchent plutôt vers cette deuxième thèse et suggèrent de réformer l'enseignement d'une manière profonde et radicale pour pouvoir vraiment favoriser une approche éducative dans la lutte antiterroriste.
Immuniser par le savoir
La militante féministe égyptienne Nawal Saâdaoui a parlé de la nécessité de supprimer l'éducation théocratique dans les programmes d'enseignement primaire et secondaire. Elle a justifié ce choix par l'intérêt suprême des apprenants qui, à cet âge-là, sont très perméables à toutes sortes d'idées et complètement dépourvus de moyens d'autodéfense intellectuelle. A ce stade, ces enfants désarmés sont censés suivre un processus de formation et accumuler des connaissances et des informations qu'ils emmagasinent dans leur mémoire afin de se doter d'un potentiel intellectuel propre qu'ils pourraient opposer aux autres plus tard. C'est ce potentiel personnel qu'ils emploieront à leur majorité pour négocier la vie, entretenir des relations avec autrui et se positionner par rapport à toutes les questions que leur imposera la réalité. Quand les choses se passent de la sorte, on pourrait dire que les orientations idéologiques et les options politiques sont l'émanation de convictions personnelles d'individus qui se sont forgé la personnalité tout seuls sans l'immixtion de qui que ce soit. Mais lorsque c'est le contraire qui se produit, là, l'être serait manipulé et suivrait à la lettre tout ce qu'on lui tracerait sans pouvoir l'examiner par la raison, parce que, tout simplement, il en serait privé. Il serait un simple robot qui exécuterait des actes programmés et qui serait incapable de discerner le bien du mal, d'arriver à la vérité. Imprégner des enfants en bas âge et de jeunes adolescents de catéchismes religieux est de nature à leur étriquer l'esprit et les diriger tout droit vers la voie du fanatisme, selon Nawal Saâdaoui. Un apprenant ainsi formé serait amené à rejeter tous ceux qui appartiennent à l'autre bord, tous ceux qui n'ont pas la même religion que lui, voire à les considérer comme des ennemis jurés. La chose est beaucoup plus à craindre avec l'émergence de jardins d'enfants « coraniques » qui pullulent comme des champignons sur notre territoire national et la profusion du fondamentalisme alimenté par les prédicateurs de la haine qui disposent comme bon leur semble de tous ces jeunes sans défense dont ils pétrissent l'esprit à leur guise. Voilà pourquoi il faudrait immuniser nos enfants par le savoir contre toutes les dérives fanatiques, affirme la militante féministe.
Les conditions du vivre-ensemble
Il faut rappeler que la réforme de l'enseignement opérée par l'ex-ministre de l'Education Mohamed Charfi, a suscité une réaction très vive chez les Islamistes qui ont vu dans la suppression de quelques textes du programme de l'éducation religieuse un « tarissement des sources ». C'était l'expression employée par Hamadi Jebali dans une discussion portant sur ce projet de réforme au magazine « Réalités », numéro 215 du 29/9/1989, page 7. Il est, également, à souligner que le mouvement « Tendance islamique », l'actuel « Ennahdha », a, depuis le départ, insisté sur l'éducation et l'enseignement comme instruments principaux pour la propagation de la pensée islamique et son enracinement chez les nouveaux apprenants et la jeunesse émergente. A ce propos, Abdelfattah Mourou déclare, au numéro 62 du même magazine, en date du 12/4/1985, que « le ministère de l'Education, qui s'occupe de plus d'un million d'individus, est la pierre angulaire du pays ». Ces positions ne font qu'entériner la thèse de Louis Althusser : « l'école c'est l'appareil idéologique de l'Etat ». Il importe de rappeler, à ce propos, que, lors du colloque international sur « les religions dans les démocraties », qui s'est tenu à l'hôtel Africa, le jour de l'attaque barbare de la salle de cinéma Africart, par des intégristes, Bernard Feltz, professeur de philosophie à l'université catholique de Louvain, nous a fait part d'une approche très originale de l'enseignement religieux à l'école. « il est impératif qu'il y ait un cours de morale athée à côté de celui de la morale religieuse, ainsi les parents laïcs auraient la possibilité d'y inscrire leurs enfants, c'est ce qu'on appelle une société juste et c'est ce qu'on vit en Belgique. Pour vivre-ensemble, on a besoin d'un consensus social, de valeurs communes, il faut que chaque citoyen soit respecté dans ses opinions, la liberté de pensée doit être une ligne de démarcation, c'est seulement à ces conditions-là que des citoyens venant de tout bord, ayant des horizons différents et vivant sous le même ciel pourraient cohabiter» souligna Pr Feltz. Et d'ajouter qu'« en 1830, notre société était composée de 80% de religieux et 20% d'anticléricaux, mais cette majorité n'a pas imposé sa loi à la minorité, puisque l'article premier de la constitution garantissant la liberté de pensée et de culte en est suivi d'un autre assurant celle de ne pas suivre un culte. Depuis cette date lointaine, la religion chez nous a toujours respecté les règles du jeu démocratique. L'Etat moderne qui est un Etat de droit n'exclut pas, c'est un rassembleur». Comme on le voit, dans ce pays, la constitution s'intéresse en premier lieu aux libertés des citoyens et non pas à l'identité de l'Etat, comme c'est le cas chez nous. Alors avec cette manière de concevoir les choses, est-il possible d'élaborer une vraie approche éducative qui soit à même de produire l'effet escompté?


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